Le FC Metz peut-il viser plus qu’un maintien ?

Après la belle victoire de dimanche contre Saint-Étienne et une indéniable efficacité affichée depuis 5 matchs, le club à la croix de Lorraine semble cette année en capacité d’obtenir un maintien tranquille dans l’élite. Certains observateurs annoncent même une possibilité pour les grenats d’aller chatouiller les places européennes.

10ème de ligue 1 au bout de 8 journées et fort d’une dynamique de 5 matchs sans défaite, 3 victoires et 2 nuls, le FC Metz est en pleine forme avec ses 11 points sur 15 possibles. Après un démarrage compliqué face à des grosses cylindrées, les grenats sont rentrés dans « leur championnat » et affichent une confiance et une détermination surprenantes.

3 défaites encourageantes pour commencer.
Si Metz a démarré sa saison par 3 défaites contre Monaco, Lille et Paris (Respectivement 12ème, 2ème et 1er), ces défaites sont intervenues dans les derniers instants de la rencontre et l’issue aurait pu être bien  différente tant les messins ont montré un visage décomplexé et une vraie force collective. Si bien qu’au bout de 3 journées, et malgré un calendrier difficile annoncé depuis des semaines, des regrets ont commencé à poindre dans la maison grenat. D’autant que Metz allait ouvrir son compteur de fort belle manière à domicile contre une décevante équipe Rémoise, pourtant européenne. Des regrets qui allaient se confirmer au Vélodrome, avec le nul concédé là encore dans les derniers instants sur une nouvelle erreur d’inattention. Pour autant, les messins depuis le début de saison n’ont jamais montré de réelles faiblesses dans le jeu, bien au contraire. Une solidité défensive avec une charnière Bronn-Boye qui rassure, un milieu de terrain conquérant avec le duo Angban-Maïga qui monte en puissance, un Pajot irrésistible en électron libre devant la défense, et une belle animation offensive bien aidée par des latéraux portés vers l’avant, c’est devenu une évidence depuis 8 matchs : le bloc messin est difficile à renverser et il s’en est fallu d’un « presque » rien pour qu’il ne vienne à bout des cadors du championnat.

Unis et solidaires dans la bataille ?
Aux 3 défaites honorables, il faut ajouter un début de saison marqué par les « faits divers » et une actualité difficile que l’on aurait pu imaginer fatale au groupe messin. A commencer par la vente surprise du buteur maison Habib Diallo à l’éternel rival alsacien. La pilule est pourtant passée très vite auprès des supporters grâce à un Ibrahima Niane en feu, élu meilleur joueur du mois de septembre. Une joie de courte durée puisqu’une fois n’est pas coutume, le sort s’est acharné sur les grenats lorsque l’intéressé s’est blessé gravement à l’entraînement. Rupture des ligaments croisés et fin de saison pour le jeune attaquant de Génération Foot. Les hommes de Fred Antonetti, de retour aux manettes après « le départ forcé » de Vincent Hognon, sont pourtant sortis de cette crise avec 4 points sur 6 et une force de caractère que l’on ne connaissait plus sur les rives de Moselle. Le jeu des messins ne semble pas avoir souffert de cette actualité hollywoodienne des dernières semaines, bien au contraire. Tel un peloton de soldats prêts à mourir les uns pour les autres, la solidarité et l’unité affichées ouvrent la porte aux plus belles espérances.

Le facteur « avant-centre ».
Privé de Diallo, et maintenant de Niane, Frédéric Antonetti ne veut pas céder à la panique et a souhaité donner sa chance aux forces en présence. Des forces en présence déjà affaiblies puisque le remplaçant à Ibrahima Niane, Thierry Ambrose, s’est également blessé et n’a pu montrer sa valeur dans le onze titulaire. Encore un problème qui aurait pu avoir raison du FC Metz, seulement c’était sans compter sur le retour en grâce d’Opa N’Guette, à peine titulaire à la pointe de l’attaque et déjà buteur. Et si c’était son année ? Le retour de blessure du très attendu Dias Vagner et les promesses portées sur le jeune Lamine Gueye vont sans doute permettre à Fred Antonetti de tenir jusqu’à la trêve sans avoir à faire appel à un joker médical. Le FC Metz ne serait donc cette fois pas dépendant d’un seul homme en attaque, et ça c’est certainement l’un des meilleurs indicateurs vu les circonstances. Il faudra cependant refaire un point à la trêve et envisager un recrutement malin, ou un retour de prêt d’un certain Mikautadze qui enflamme actuellement la Belgique.

Faire mieux jusqu’à quel point ?
Le discours des joueurs et du staff est clair depuis le début de saison : faire mieux que l’an passé (15ème). L’ensemble du club et des supporters signerait de suite pour une honorable 12ème, 13ème ou 14ème place à la fin de l’exercice. Pourtant du côté des observateurs, qu’il s’agisse des journalistes locaux ou des commentateurs parisiens, les performances du FC Metz depuis le début de saison ont marqué les esprits et même s’il est encore un peu tôt pour s’enflammer, certains n’hésitent pas à prédire une lutte en première partie de tableau contre des écuries comme Bordeaux, Nice, Lyon ou Monaco. Utopique ? Pas forcément, si l’on se base sur le contenu des matchs. Compliqué ? Assurément si l’on se base sur l’effectif et la difficulté pour un club avec le budget de Metz de tenir la distance sur la longueur. Le FC Metz n’a pas la profondeur de banc nécessaire pour viser mieux qu’une 12ème place. Certains postes ne sont pas doublés qualitativement, comme par exemple celui de Fabien Centonze, irréprochable depuis son arrivée à Metz et qui, s’il venait à se blesser, à être suspendu (ou être vendu à l’OM) laisserait son côté droit bien vide même si, semble-t-il, Thomas Delaine est en mesure de jouer des 2 côtés. Tout dépendra donc de la capacité pour certains joueurs à tenir toute la saison, et bien entendu aux seconds couteaux de l’attaque de passer aux premiers plans et d’assurer l’intérim de Niane avec la même efficacité qu’à l’heure actuelle. 

Ne pas s’enflammer et “prendre chaque match l’un après l’autre”.
Cela paraît évident, surtout pour une équipe au passif chargé et à l’inclination toute particulière à la malchance et au drame. Seulement tous les voyants sont de nouveau au vert, malgré les blessures et un début de calendrier compliqué et c’est là où réside la nouveauté, car il y a encore quelques années en mêmes circonstances, la sérénité n’aurait pas été de mise. Là on sent un réel fond de jeu, une force collective pour un football attrayant. De là à s’imaginer jouer des coudes avec les habitués du haut de tableau, il n’y a qu’un pas que l’on ne franchira pas.
En tout cas pas encore…


Crédit photos : Matthieu Henkinet

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