Handball: Metz HB – Brest Bretagne HB

Ce week end, en manque de compétition en attendant le match entre le FC Metz et Le Havre de Lundi, j’ai jeté mon dévolu sur la ligue des champions de Handball féminin, avec un match opposant les dragonnes et leurs rivales Brestoises.

Au programme : la cousine de Grayou, le mur jaune des arènes, un half time show digne du superbowl et une équipe messine en tête de son groupe de ligue des champions dans une salle comble.

 

Dès mon arrivée dans les Arènes, le choc culturel est activé. Toutes ces personnes habillées en jaune, cette absence de pessimisme dans les tribunes, ces sourires et cette fraternité… Pas de doute, je ne suis pas venu voir du foot et l’ambiance est loin d’être celle de Saint Symphorien…

A 15h pétantes, le protocole se met en place et les Brestoises sont invitées à rejoindre le terrain, sous les applaudissements francs du public. On note notamment un beau pop pour les ex-messines Ana Gros et Allison Pineau. Le fair play est de mise. Les messines entrent quant à elles sous une véritable ovation, les 4500 personnes présentes dans la salle sont déterminées à leur donner la force nécessaire. L’enjeu cette après-midi est de sécuriser la première place du groupe de Ligue des Champions, nous sommes d’ailleurs encouragés à nous lever pour respecter l’hymne de la compétition.

Manon Houette

Les deux premières minutes font office de round d’observation pour les deux équipes, pourtant habituées à se rencontrer dans les diverses compétitions. La brestoise Alicia Toublanc lance les hostilités en inscrivant trois buts très rapidement, pourtant la joueuse en feu est bel et bien Messine, puisque Manon Houette met son équipe dans le bon sens en inscrivant à elle seule 5 des 6 buts des dix premières minutes.

 

Grace Zaadi

La Brestoise Ana Gros est la première à écoper d’une suspension de 2 minutes suite à un tirage de maillot en défense. Habitué aux longues protestations et aux intimidations sur l’arbitre, c’est avec une certaine satisfaction que je vois l’ancienne Messine rejoindre le banc de touche sans trop rouspéter, un sourire en coin sur le visage. Manon Houette profite de la supériorité numérique pour inscrire son 6ème but.

 

Peu de temps plus tard, l’illustre Grace Zaadi trouve les filets et Metz prend pour la première fois du match une avance de 5 buts. Laurent Bezezau, le coach Brestois ne se fait pas prier et prend son premier temps mort, dans l’espoir de stopper l’hémorragie. Les Pompom girls de Metz profitent de ce moment de concertation pour faire leur entrée sur le plancher, tout de paillettes vêtues, elles gardent le public attentif alors que l’heure se prête habituellement plus à la sieste pour certain de mes voisins. Nul doute que Carlo Molinari aurait apprécié cet intermède.

Laura Glauser

Cependant, il faut plus qu’un temps mort et un peu de musique pour que les Dragonnes cessent de dérouler leur partition, à la 16ème minute Grace Zaadi monte son compteur de buts à 4 avec un tir plein d’autorité. Le premier accroc pour l’équipe locale intervient une minute plus tard lorsque Astride N’Gouan est forcée de quitter ses coéquipières pour deux minutes. En conséquence, la gardienne Laura Glauser quitte ses buts à toute vitesse, tel un Alexandre Oukidja jaillissant pour une bagarre, afin de garder son équipe à flot en attaque.

 

 

Mon regard est attiré non loin de moi, sur une créature inattendue. De grands yeux bleus, une bouche rouge, un maillot jaune sur les épaule… des écailles, une queue et un pelage bleu pétant… Grayou aurait il fait une teinture ? Non. Il s’agit de sa cousine ( ? ) Dragonnette, qui s’affaire à motiver les spectateurs en tribunes et entretient l’émerveillement des plus jeunes.

Dragonnette

La fin de la mi-temps approche et les Dragonnes baissent en régime et l’avance au score diminue. Afin de limiter les dégâts, les messines redoublent d’énergie en attaque et lors d’un assaut, la Brestoise Alison Pineau reste au sol, apparemment touchée dans la zone abdominale. Elle se relève finalement pour rejoindre son banc, sous les applaudissements du public. Nous sommes une nouvelle fois loin des « Tuez-les ! » des supporters de foot… Je vous laisse y méditer.

La mi-temps s’achève sur le score de 17 à 13 en faveur des Messines. Il était temps de souffler pour éviter à Brest de recoller au score.

On nous annonce que 4712 personnes sont présentes dans les arènes, et malgré des encouragements nourris et l’absence de fouille à l’entrée ou de CRS, je n’ai aperçu aucune trace de fumigènes ou de bagarre entre supporters… La LFP et la préfecture peuvent dormir tranquilles ce soir.

Le speaker prépare le terrain pour le show de la mi-temps, marqué par le Superbowl je cherche avec avidité l’arrivée de Lady Gaga, Beyonce ou Bruno Mars… Je suis récompensé par l’arrivée de la troupe des « Fous du Village », armés de percussions et de danses traditionnelles africaines. C’est toujours ça.

 

Béatrice Edwige

 

 

Les deux équipes reviennent enfin des vestiaires, et Brest reprend sa marche en avant mais la gardienne messine Laura Glauser retrouve son adresse et réalise deux arrêts successifs, permettant à Manon Houette et à Orlane Kanor de redonner à Metz ses 5 buts d’avance.

Côté adverse la révolte vient une nouvelle fois de Ana Gros qui réussit une passe décisive importante, pour mieux être sanctionnée pour deux minutes lors de l’action suivante. Elle rejoint Ema Hrvatin sur le banc et Brest doit à présent surmonter une double infériorité numérique.

Sur un départ de contre-attaque, Béatrice Edwige tombe au sol après un contact mais elle se relève tranquillement  en regardant Orlane Kanor marquer son 4ème but et pousser l’avance messine à sept unités. On sent que l’équipe de Metz est en train d’accélérer et à la 41ème minute, Manon Houette marque son 10ème but (goleadoooorrrr… shhhhhh) pour donner une avance de 9 buts, suivie de Xenia Smits pour le +10, puis le +11 suite à un nouvel arrêt de Glauser. Les messines maîtrisent vraiment leur sujet et face à elles il y a de moins en moins de résistance. La défense Brestoise se désorganise face aux attaques rapides et répétées. Orlane Kanor ne se fait pas prier pour marquer son 5ème but, sur une offrande de Béatrice Edwige.

Orlane Kanor

« Ici, ici, ici c’est METZ ! » retentit dans les tribunes, les supporters des Handiablées redoublent de volume en cette fin de match. Ce mur jaune, ce n’est pas Dortmund mais toute proportion gardée, ça se défend. Il y a maintenant +14 pour Metz Handball et pour la 53ème minute, le speaker lance une ola dans des Arènes surmotivées.

Pour bien clore la partie le staff messin décide de faire tourner l’effectif, notamment avec l’entrée de Manuella Dos Reis, la gardienne issue du centre de formation.

La sauce d’ Emmanuel Mayonnade a bien pris cette après-midi, et les Messines terminent le match sans grande difficulté sous les acclamations populaires

« On est les premières, on est les premières… On est, on est… »

 

Score final : 39 – 26. Les Dragonnes restent imbattables, sont premières de leur groupe et peuvent se concentrer sur une poursuite de compétition qui promet d’être exceptionnelle.

De mon côté je me dirige vers la sortie, convaincu, s’il fallait encore l’être, que cette équipe de Metz HandBall mérite d’être suivie et encouragée et que les Arènes sont une belle alternative pleine de chaleur humaine et de valeurs à un Saint Symphorien qui nous fait défaut cette saison.

 

Article: Matthieu Henkinet

Photo principale: B. Le Bars / L’Equipe

Photos de joueuses: Metz Handball