97 La semaine passée, le FC Metz frappait un grand coup en présentant sa nouvelle recrue, Téji Savanier, aux médias. Après le départ de Gauthier Hein, le milieu de terrain de 34 ans saura-t-il relever le défi de sa succession ? Il y a un peu moins de deux semaines, le FC Metz officialisait la perte de son leader technique, Gauthier Hein. Un départ « prévu » par la direction messine, mais dont le timing n’a pas manqué de faire parler, puisque l’annonce intervenait à seulement quatre jours du premier match des Grenats face à Guingamp. Pour pallier le départ du Thionvillois, les dirigeants avaient pourtant affiché leur volonté de ne pas céder à la précipitation. Frédéric Arpinon l’assurait encore le 5 août dernier, en marge de la présentation de Cristian Devenish et d’Idriss Mohammed : « Aujourd’hui, nous ne sommes pas pressés. » Pourtant, cinq jours plus tard, le décor était tout autre. Sans que rien ne l’ait laissé présager, l’expérimenté milieu de terrain Téji Savanier débarquait en Moselle. Un joli coup pour le club à la Croix de Lorraine qui prenait tout le monde de court. Si le transfert a surpris, les conditions de la rencontre entre les deux parties ont largement facilité les choses. « On a pu se rencontrer facilement car Téji était à Palavas-les-Flots et moi à Canet, donc c’est tout près », expliquait le président Bernard Serin lors de la présentation du joueur. Une prise de contact également rendue possible, au détour de parties de pétanque, par des liens qui unissent certains proches de Bernard Serin et Téji Savanier. L’Héraultais apparaît désormais comme le successeur désigné de Gauthier Hein. Interrogé sur le sujet, Bernard Serin s’est montré pour le moins évocateur. Sans jamais prononcer le nom de son ancien capitaine, parti du côté de l’OGC Nice, le président messin a préféré jouer sur l’implicite. « Hasard incroyable, Téji m’a demandé les numéros qui étaient libres. Il n’y a qu’un seul numéro qui est libre, c’est le 10. », confiait Bernard Serin. Une expérience précieuse au service d’un groupe jeune Le nouveau maître à jouer des Grenats débarque avec un statut, celui d’un joueur aux 200 matchs disputés dans l’élite. Passé par Montpellier, Nîmes ou Arles-Avignon, Savanier le sait, il arrive avec la lourde tâche d’encadrer un vestiaire particulièrement jeune. « C’est un groupe avec beaucoup de talents, il y a des anciens pour accompagner les jeunes. Il faudra compter sur tout le groupe. Chez les jeunes, il y a beaucoup de talents et j’espère qu’ils vont le montrer tout au long de la saison. », rappelait le nouveau milieu de terrain des Grenats. Accompagner la jeunesse et transmettre son expérience, il faut bien admettre que Téji Savanier sait faire. Pour rappel, en 2021, l’ancien capitaine de Montpellier avait participé aux Jeux olympiques de Tokyo avec l’équipe de France. Une compétition particulière, puisque seuls trois joueurs de plus de 23 ans peuvent être convoqués. Le sélectionneur des Bleus, Sylvain Ripoll, avait alors choisi le néo-grenat, aux côtés d’André-Pierre Gignac et de Florian Thauvin, pour encadrer une génération prometteuse. La venue de Téji Savanier pourrait également permettre à la jeune garde messine de grandir sans avoir à porter le poids de la succession de Gauthier Hein. Très en vue durant la préparation, Jahyann Pandore figurait parmi les candidats désignés par Frédéric Arpinon pour prendre cette place. Mais avec Téji Savanier désormais devant lui dans la hiérarchie, le jeune milieu de terrain de 18 ans n’aura à priori pas à endosser ce lourd costume. Une pression en moins, qui devrait lui permettre de prendre le temps nécessaire pour poursuivre son ascension dans le monde professionnel. Un joueur capable de pallier un manque de dynamisme offensif ? Après le match nul des Messins à Grenoble (0-0), un constat s’impose, les Grenats peinent à créer du danger. Orphelin de meneur de jeu, Luc Holtz a dû chercher des solutions, et notamment revoir ses plans tactiques. Après avoir travaillé en 4/2/3/1 durant la préparation, le technicien luxembourgeois a finalement opté pour un 4/3/3 lors des deux premières journées. Un choix qui offre des garanties sur le plan défensif, notamment avec Idriss Mohammed positionné devant la charnière, mais il expose aussi les limites messines dans l’animation offensive. L’arrivée de Téji Savanier représente donc une véritable aubaine pour Luc Holtz. Capable d’évoluer derrière l’attaquant ou plus bas dans un milieu à trois, le joueur de 34 ans peut s’adapter aux choix de son technicien, mais aussi aux besoins d’une rencontre. Sa vista, sa qualité technique et sa capacité à casser les lignes pourraient pourraient permettre de créer des espaces pour ses attaquants. L’idole de la Paillade pourrait ainsi être ce joueur capable d’apporter cette dose de créativité qui manque cruellement aux Grenats depuis le début de la saison. Un sniper sur coups de pied arrêtés Si Téji Savanier est réputé pour son adresse à la pétanque, l’ancien Nîmois l’est tout autant lorsqu’il s’agit de coups de pied arrêtés. Le FC Metz en sait quelque chose. Pour s’en convaincre, il faut remonter à un soir de décembre 2021 lorsque le FC Metz recevait Montpellier pour le compte de la 16e journée de Ligue 1. Un stade Saint-Symphorien qui sonne creux, une équipe qui enchaîne les mauvais résultats, et pour clou du spectacle, un Téji Savanier qui, d’un superbe coup franc, vient enfoncer les Grenats dans la crise. Une inspiration que n’est pas prêt d’oublier Bernard Serin : « C’est un des meilleurs souvenirs de Téji et un des pires pour moi. (…) C’est un but du bord de la touche, à hauteur des 18 mètres, qui est allé dans la lucarne opposée. » Une patte qui ne se limite pas à l’impression visuelle. Les chiffres sont là pour le confirmer. La saison dernière, cinq des six buts inscrits par Téji Savanier sont venus sur des phases arrêtées. Des statistiques qui font forcément écho à celles de son prédécesseur. Sous le maillot messin, Gauthier Hein avait lui aussi fait de cet exercice une véritable arme. Six de ses huit réalisations lors du dernier exercice avaient été inscrites sur coups de pied arrêtés. Avec Téji Savanier, les Grenats récupèrent ainsi un joueur capable de prendre ses responsabilités pour débloquer bien des situations. Un détail en apparence, mais qui pourrait peser lourd au fil d’une saison. Si ses débuts sont particulièrement attendus, Téji Savanier doit d’abord retrouver sa condition physique. Pour rappel, le nouveau milieu messin n’a pas effectué de préparation collective et manque encore de rythme. Jugé trop juste par le staff messin pour intégrer le groupe lors du déplacement à Grenoble, il pourrait toutefois postuler à une place pour la réception de Laval, samedi 22 août à 14h. Crédit photo : Gérald Russello (Une) / Let’s Go Metz – Ewen Gavety (Corps) / Icon Sport