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Metz Handball – Brest Bretagne Handball : Un duel fratricide devenu Classique

Ce dimanche, Metz Handball a entamé un marathon face au Brest Bretagne Handball, son tout récent plus grand rival sur la scène nationale. Du championnat à la Ligue des Champions, les deux locomotives du Handball Français n’ont pas fini de se disputer les titres. Si la Lorraine a un temps d’avance sur la Bretagne, l’écart entre les deux équipes se resserre au fil des saisons et cette affiche est en train de devenir un grand classique au sein de l’hexagone.

Cet article est à l’origine d’une chronique dans une émission spéciale Dragonnes sur France Bleu Lorraine ! Le replay est disponible en suivant ce lien (émission du 1er avril).

Avant l’arrivée du Brest Bretagne Handball, aucune véritable émulation n’était présente. Maintenant, le club breton essaie d’inscrire son nom et son identité dans l’Histoire du Handball français. Une nouvelle rivalité s’installe… jusque dans les rangs des supporters. Ces confrontations font parler d’Est en Ouest, stimulent les passions et s’inscrivent comme les locomotives du Handball tricolore. Au bout du 18ème affrontement en moins de 5 ans, l’historique opposition avec Besançon voit bel et bien la naissance de sa digne héritière.

L’Arvor 29 ou le préambule d’une rivalité véhémente

© Patricia Mérer

Au début des années 2000 et ce jusqu’en 2008/2009, la Bretagne n’avait aucun porte étendard. Le Finistère était pourtant une véritable terre de Handball avec la présence d’une forte densité de clubs et de licenciées. Il y a eu quelques vagues apparitions au sein de l’élite française dans les années 60 et 70 mais rien de vraiment concluant pendant près d’une trentaine d’année. De l’autre coté de la France, Metz était déjà bien en avance avec ses infrastructures, ses titres, ses deux 1/2 finales en Coupe d’Europe des vainqueurs de coupes… Mais l’Ouest ne manquait pas d’ambition pour noircir cette page vierge du sport breton en atteste la présence de l’équipe bretonne en 1ère division, à peine 4 ans après sa création. Il fallait très vite monter pour attirer car l’élite était plus attractive que la D2 comme le soulignait Georges Martin, président de la structure, dans les colonnes du Télégramme, en 2005. Alors, le recrutement fut rapidement à la hauteur des prétentions finistériennes. Pour exister au 2ème division, Marie-Joëlle Essomba (Ex-Messine par ailleurs), Viorica Pavel et Andreea Pavel ont participé à cette ascension fulgurante qui s’annonçait pourtant déjà difficile.


A une époque où les écosystèmes des clubs féminins étaient encore très fragiles, quelques appétences semblaient déjà limitées et très risquées pour la survie du haut niveau sur certains territoires. En 2008, sportivement promu, le club connaissait ses premières difficultés financières qui aura bien failli coûter la montée en Ligue Féminine de Handball. Malgré un élan populaire incontestable, il manquait 50 000€ pour boucler le budget minimum requis. Bon gré mal gré, la LFH, qui connaissait sa première saison d’existence, a autorisé les Brestoise à se frotter à ce qui se fait de mieux dans le Handball, à commencer par l’ogre messin et ses 15 titres de champion de France dont 5 consécutifs, sur la même période.

Les 2 premières saisons (2008/2010), l’Arvor 29 – Pays de Brest subit les obstacles sportifs du promu et nul ne pensait qu’il pouvait soudainement faire trembler les convictions d’une hiérarchie bien établie par Metz puis ses ex et jeunes internationales présentes ou passées (Isabelle Wendling, Delphine Guehl, Amandine Leynaud, Allison Pineau, Camille Ayglon-Saurina, Vesna Horaček, Nina Kanto, Svetlana Ognjenović, Katty Piejos,…). Celles aussi d’une structure qui accueille chaque année les meilleures jeunes comme Laura Glauser et Grâce Zaadi à partir de 2010.

Pourtant, un projet de Coupe d’Europe commençait à mûrir dans la tête du président Philippe Manach. Et c’est dans ce sens que la pointe bretonne ne lésine pas sur les moyens pour son recrutement et sa formation. Si Metz parvient à préserver l’ossature des équipes de France A ou jeunes, de par sa réputation incontestable, l’Arvor 29 – Pays de Brest tente de gravir les échelons en se construisant autour d’un amalgame entre internationales étrangères (Julija Nikolić, Biljana Filipović, Mayssa Pessoa,…) et un noyau de joueuses locales. Cette stratégie est d’ailleurs souvent mise en avant par des supporters fiers de leur identité pour l’opposer à celle de Metz Handball qui s’appuie plutôt sur une détection inter-régionale. Mais la forte concurrence entre les deux équipes débute surtout avec les arrivées d’Alexandra Lacrabère en 2010 et de Cléopatre Darleux en 2011. La venue des deux internationales françaises confère à l’Arvor 29 une toute autre dimension et un statut d’outsider. Ces derniers lui ont permis de grandir de manière décomplexée jusqu’à ce titre de champion de France, remporté en 2012 après une très grande domination sur le champion en titre qu’était… Metz Handball, en 1/2 finale aller des play-offs (32 à 18). Un traumatisme encore présent.

Hélas, cette rivalité naissante a été vite rattrapée par la réalité économique qui bride très souvent les championnats féminins. Bloqué par des dettes colossales, le club s’est vu contraint de repartir à 0 et n’a jamais eu la possibilité de bouleverser l’équilibre de Metz Handball. Mais tel un phénix qui renaît de ses cendres, l’Arvor 29 est réapparu sur le devant de la scène sous le nom du… Brest Bretagne Handball.

L’Arvor 29 est mort, vive le Brest Bretagne Handball

Photo : Matthieu Henkinet


Tout commence en 2012 quand Gérard Le Saint et Denis Le Saint arrivent avec leur statut de chefs d’entreprise pour redresser un club en faillite. Avec toute l’expertise d’entrepreneur que possèdent les deux frères, un nouvel élan marketing va donner un nouveau souffle à une structure qui avait souffert par une trop mauvaise gestion. Ainsi, l’une des particularités du BBH se situe dans la part de financements privés, un budget monté grâce à la présence de 500 partenaires privés et une Brest Arena indépendante de la billetterie, du spectacle sportif pour les VIP. Et cette rivalité économique apparaît présomptueuse pour beaucoup. Cette compétition est même entretenue via des joutes verbales par presse interposée et en agace plus d’un.

Sur le plan sportif, qui gagne dans tout ça ? Les passionnés ne se privent pas de rappeler que seul le terrain compte. Pour beaucoup, une équipe aura beau être composée des meilleures joueuses du monde, si l’attachement au club est inexistant, les résultats ne peuvent se situer à la hauteur des ambitions réelles. Et à ce niveau-là, Metz Handball reste encore bien devant avec ses 10 victoires, son Final 4 de Ligue des Champions et ses titres, dont 3 remportés face à son concurrent. Pourtant, la structure affichait des ambitions fortes sur le plan sportif et compte s’installer durablement sur la scène nationale tout en devenant un candidat sérieux en Europe. Quoi de mieux que d’éliminer Metz en 1/2 finale de Coupe de France 2016 et de gagner une qualification en EHFCup dès sa remontée en LFH la saison d’après ? La rivalité a ainsi pu reprendre une grande ampleur puisque, fraîchement promue, l’équipe finistérienne fait de nouveau tomber le champion en titre, aux Arènes de Metz. Rien que ça… La saison 2016-2017 a donné de l’espoir à un effectif breton renforcé par le retour de Cléopâtre Darleux et l’arrivée de Allison Pineau puis un bilan assez honorable avec un titre honorifique de vice-champion de France et ce premier quart de finale en Coupe d’Europe. Cette opposition atteint même les fins de saison puisque les deux équipes se disputent deux titres consécutifs en 2017 et 2018 dans des finales toutes aussi intenses les unes que les autres avec, en plus, une nouvelle élimination de Metz en 1/2 finale de Coupe de France, entre temps.

Mais cette magnifique rivalité naissante est une nouvelle fois instable. La saison 2018/2019 voit un essoufflement et une crise interne qui empêchent Brest d’atteindre des objectifs à la hauteur du prestige du club malgré le message fort envoyé sur la scène européenne en recrutant coup sur coup Sladjana Pop-Lazic (2017), Ana Gros et Isabelle Gullden (2018), des joueuses qui font partie des meilleures à leur poste. Le spectre de l’Arvor 29 plane sur toutes les têtes et Metz Handball continue d’asseoir sa supériorité avec son collectif soudé autour d’une ossature présente depuis 8/9 ans pour certaines.

Après une 3ème place décevante et plusieurs défaites, et pas des moindres, face à Metz, le Brest Bretagne Handball est cependant reparti à la reconquête du Championnat et de la Ligue des Champions grâce à un nouveau souffle ainsi qu’un recrutement qui compte sur l’avenir par la signature de jeunes joueuses prometteuses (Coralie Lassource, Monika Kobylinska, Shenia Minevskaja (en 2019), Laurène Catani et Djurdjina Jaukovic (en 2020) ) et la présence de joueuses plus expérimentées comme la gardienne danoise Sandra Toft avec sa centaine de sélections. Un visage plus conquérant lui permet de se montrer plus dangereux et plus collectif que par le passé. Durant la saison 2019/2020, les deux formations feront de nouveau arme égale jusqu’à ce que la pandémie du Covid-19 ne viennent s’interposer.

Cette année, Brest semble avoir franchi un nouveau cap alors que Metz n’est plus la machine impressionnante du passé. En effet, le club mosellan entame un nouveau cycle avec un changement d’effectif à 40% au plus mauvais moment, quand le collectif breton arrive à maturité. Preuve en sont les deux lourds revers subits de manière consécutives par les joueuses d’Emmanuel Mayonnade. Une première depuis… 2012.

L’équipe brestoise commence à faire de l’ombre et devient la grande bête noire de son homologue messin, même si l’inverse reste encore tout aussi vrai car Metz Handball reste Metz Handball justement. “Combattue souvent, battue parfois, abattue jamais” pourrait être la devise de ce club qui a soulevé plusieurs montagnes. C’est ce qui fait la richesse d’une rivalité faite pour s’installer. Le championnat qui semblait condamné à n’avoir qu’une vitrine opaque dissimulant toute sa fragilité se densifie. Tout oppose les deux fleurons du Handball féminin français mais cette opposition stimule car le premier faux pas peut s’avérer dramatique. Marketing, média, public, tous attendent ce choc des nouveaux frères ennemis. Cette mise en lumière attire quelques meilleurs éléments qui permettent de hausser le niveau de la Ligue Butagaz Energie et, ainsi propulser ses meilleures équipes dans les tops 8 de leur compétition européenne respective. Grâce à ce duel fratricide, nous pourrions connaître l’apogée du Handball français, lui qui a été très longtemps derrière les pays de l’Est et scandinaves. Si la crise sanitaire rebat les cartes et ne permet d’entrevoir aucune perspective, le débat a le mérite d’être évoqué. Affaire à suivre…

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