Et si les Bleues séchaient les qualifications à l’Euro 2020 ?

Le casse tête continue pour les différentes activités sportives, cette fois c’est la Fédération Française de Handball qui se signale. Aux prises avec les problématiques de reprise (ou non) des championnats, les reports en tout genre et… les qualifications à l’Euro 2020 que souhaite imposer l’European Handball Federation.

La compétition Européenne organisée par l’EHF doit se tenir du 3 au 20 Décembre 2020 au Danemark et en Norvège. En attendant, devaient se tenir des matchs de qualification pour désigner les nations participantes mais une fois encore, la crise du Covid-19 est venue bouleverser les plans.
La France, nichée dans le groupe 6 du second tour des qualifications, en compagnie de la Croatie, l’Islande et la Turquie a déjà disputé deux rencontres en Septembre 2019 : une victoire contre la Turquie (38-17) et une autre contre l’Islande (17-23).
Le Metz Handball se souvient particulièrement bien de ces deux rencontre, puisque huit de ses joueuses avaient été sélectionnées et trois d’entre elles avaient décelé une blessure en court de route.

Pour la poursuite des qualifications qui aurait dû se jouer entre le 16 et le 29 Mars, les Dragonnes étaient une fois de plus dans la partie avec un contingent remarquable de sept joueuses convoquées : six en équipe A et une en équipe A’. Les matchs aller et retour face à la Croatie ont évidement été annulés, les deux autres rencontres face à l’Islande et la Turquie en Mai sont elles aussi menacées et la sphère handball attend depuis de recevoir des informations quant à la poursuite des événements.

Orlane Kanor et ses coéquipières ne savent pas pour le moment comment se déroulera la poursuite de leurs aventures en bleu…

Le marathon de l’EHF et le refus Français

Suite à cela, la rumeur qui fait le plus de bruit pour le moment en provenance de l’EHF, verrait les 4 journées de qualification restantes être disputées sur 5 jours, entre le 3 et le 7 Juin.
Un rythme qui semble intenable alors qu’il n’est pas garanti que les joueuses aient pu reprendre une préparation physique correcte et des oppositions en groupe avant ces échéances. Les risques de blessures seraient alors extrêmement élevés alors que l’enjeu parait aujourd’hui minime.
Cette proposition n’a d’ailleurs pas plu aux dirigeants de la FFHB qui, bien que rien ne soit encore officiel, ont déjà annoncé qu’en cas d’organisation de ce type les Bleues ne feraient tout bonnement pas le déplacement. Une décision forte venant de la nation championne en titre, qui fait donc peser sa médaille dans la balance. D’autres nations ont fait également valoir leur défiance et auraient proposé une qualification sur la base des deux seuls matchs déjà disputés.

Depuis le début de la crise l’EHF s’est signalée par sa farouche volonté de voir les compétitions aller à leur terme quoi qu’il arrive et parfois en dépit du bon sens. On leur doit également la possibilité farfelue d’un Final Four de Champions League en Septembre, malgré les transferts réalisés entre temps et les dynamiques perdues de longue date.
Il est évident que pour une telle organisation les enjeux financiers sont énormes et que l’émergence du sport féminin aux yeux du monde ne peut pas se permettre de trêve. Malgré tout il convient de se demander si une simple annulation d’une partie des compétitions dans une situation comme celle que nous vivons ne vaut pas mieux que l’obstination aveugle.
Affaire à suivre…


Source : L’Équipe
Crédit photo : France 24 (image en une) / Matthieu Henkinet (O.Kanor)