Athlétisme. Le javeliste messin Lukas Moutarde à l’attaque des Jeux méditerranéens

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Athlétisme. Le javeliste messin Lukas Moutarde à l’attaque des Jeux méditerranéens

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Le lanceur de javelot Lukas Moutarde a été sélectionné avec l’équipe de France pour participer aux Jeux méditerranéens le 30 août à Tarente, en Italie. Il représentera son club, l’Athlétisme Metz Métropole (A2M), et profitera de cette occasion en or pour marquer des points en vue des Jeux olympiques de 2028 à Los Angeles.

Cap vers Tarente, en Italie, pour Lukas Moutarde ! Le javeliste de l’Athlétisme Metz Métropole fait son retour en équipe de France après trois ans sans sélection. « Trois ans, ça fait long », confie le natif de Villers-Semeuse (Ardennes). Une si longue absence expliquée par un programme extrasportif important. « Il a fallu que je gère ma dernière année d’école, puis, l’année dernière, ma première année de travail en cabinet, un diplôme universitaire… De la fatigue au niveau extrasportif qui a impacté mes perfs’« , explique Lukas Moutarde, qui « ne vit pas du tout » de son sport et qui cumule, à côté, un métier de kinésithérapeute et de préparateur physique. Aujourd’hui en meilleure forme, l’athlète messin retrouvera les Bleus lors des Jeux méditerranéens pour lesquels il a récemment été sélectionné. « Je suis très content de revenir à mon top niveau aussi tôt », sourit le lanceur qui a « vraiment hâte » d’y être.

Lukas Moutarde : « J’arrive toujours à renverser la vapeur »

Cette sélection récompense une belle saison où Lukas Moutarde a enchaîné les performances sur les différents championnats. Sa réussite au meeting de Grenoble, en mai dernier, a notamment pesé dans la balance. « J’ai fait un lancer à 77 mètres lors de ce meeting. C’est un résultat qui donne, presque à chaque fois, un podium aux Jeux méditerranéens », indique le kiné de 28 ans. La compétition approche à grands pas et Lukas Moutarde arrive en confiance en Italie. Il a décroché une médaille de bronze aux championnats de France, il y a quelques semaines, pour son 24ème podium (jeunes et élites) de la compétition. « Je suis fier d’avoir fait 24 podiums en 26 participations. J’arrive toujours à renverser la vapeur, même les années où on ne me voit pas forcément faire un bon résultat », se réjouit l’athlète ardennais.

Lukas Moutarde : « Marquer des points pour les Jeux olympiques »

Lukas Moutarde ne vient pas à Tarente pour seulement faire de la visite. Les Jeux méditerranéens sont vus comme une occasion en or pour lui de marquer des points pour les Jeux olympiques de Los Angeles 2028. « La compétition est placée assez tard dans le calendrier, ce qui nous permet alors de marquer des points pour le classement mondial de l’annnée prochaine », révèle le javeliste. « Si je suis bien en termes de points pour l’année 2027, ça me permettra également de me mettre bien pour l’année 2028, celle des Jeux », ajoute-t-il. Le lanceur de l’A2M compte bien prendre sa revanche sur les JO, lui qui a manqué de peu la qualification à ceux de Paris 2024.

Les objectifs aux Jeux méditerranéens sont clairs : « J’y vais pour faire un podium, mais à partir d’un top 5, la compétition sera réussie », confie Lukas Moutarde, qui « se sent bien plus en forme qu’aux championnats de France », ce qui est de très bon augure. Rendez-vous donc le dimanche 30 août prochain pour l’épreuve du lancer de javelot prévue à 19h05. « On sera une quinzaine de lanceurs. Chaque personne aura trois essais, puis les huit meilleurs en referont trois », précise l’Ardennais.

Lukas Moutarde sous les couleurs de l’A2M lors des championnats de France 2025.
Crédit photo : Loic Cousin/Icon Sport

L’athlète messin sera accompagné d’autres Mosellans sur ces Jeux méditerranéens. Caroline Lopez et Lisa Barbelin (tir à l’arc), Khamzat Arsamerzouev, Rassoul Galbouraev, Yanis Guendez, Adlan Vishkanov et Kendra Dacher (lutte), et enfin Lola Guille (nage avec palmes) seront également de la partie en Italie.

Le lancer de javelot, c’est quoi ?

Le lancer de javelot est une épreuve d’athlétisme qui consiste à jeter le plus loin possible un javelot, une sorte de lance. « Les deux paramètres importants sont la vitesse d’envol du javelot et les angulations. Un javelot, c’est léger, ça fait 800 grammes, mais le problème n’est pas le poids, c’est la forme », indique Lukas Moutarde. Un sport technique dans lequel l’athlète est constamment à la recherche du lancer le plus efficace possible, et ce n’est pas toujours simple avec une lance d’une longueur de 2 mètres 60. « On est en quasi-sprint sur 25-30 m, il faut réussir à traduire cette vitesse d’appui en étirement de l’épaule pour que la vitesse d’éjection soit la plus forte possible », révèle le lanceur messin qui, en compétition, projette son javelot entre 100 et 110 km/h.

Un mélange de puissance, de précision et d’explosivité pour les lanceurs qui cherchent à jeter toujours plus loin leur javelot. « Ce qui est intéressant, c’est que le mouvement du lancer est le plus rapide que le corps humain peut produire. On tourne au maximum autour de 7 500 degrés par seconde. C’est une des choses qui nous différencient des animaux, en plus du pouce opposable. Les premières évolutions anatomiques retrouvées sur des humains datent d’il y a à peu près 2 millions d’années, avec une évolution pour s’adapter à la chasse », raconte Lukas Moutarde. À l’origine, le javelot était une arme en bois et à pointe dure utilisée pour survivre, se défendre mais aussi pour chasser.

Lukas Moutarde en action lors des championnats de France 2026 à Albi.
Crédit photo : Loic Cousin/Icon Sport

Le javelot est histoire de famille

L’idée de pratiquer le lancer de javelot est venue tout naturellement pour Lukas Moutarde. Une passion familiale qu’il a hérité de son père Frédéric, qui l’accompagne aujourd’hui en qualité d’entraîneur. « Il a fait les championnats d’Europe junior en 1985 du côté de l’Allemagne de l’Est ». De par la pratique de son père, l’athlète de 28 ans a toujours baigné dans le monde du lancer de javelot mais c’est qu’au lycée qu’il a commencé à s’entrainer avec sérieux. « J’ai toujours fait du javelot mais aussi du Handball. Au début j’avais des meilleurs résultats au Hand et c’est finalement au lycée que j’ai commencé à exploser au javelot », révèle l’Ardennais.

Titulaire d’un diplôme universitaire en préparation physique, Lukas Moutarde est également coach de son frère Mathys, lui aussi tombé dans la marmite du lancer de javelot et aujourd’hui licencié à l’A2M. « Il a fait les championnats du monde junior en Colombie il y a quatre ans », glisse Lukas Moutarde qui n’est pas le seul de la fratrie à participer à des compétitions internationales. « C’est une passion qu’on partage avec toute la famille, c’est très agréable et on est tous investis dans ce projet-là », conclut le javeliste.

Image à la une : Loic Cousin/Icon Sport