89 Depuis le début de la saison, une tendance se dessine chez Metz Handball. Les Dragonnes s’appuient sur une défense compacte pour mieux se projeter, mais semblent aussi disposer de davantage de solutions lorsque leur jeu est contrarié. Face au Gloria Bistrița, les joueuses d’Emmanuel Mayonnade ont cette fois été bousculées par les Roumaines avant de reprendre le contrôle et de s’imposer largement. Metz est-il en train de devenir très difficile à arrêter ? Depuis la reprise de la saison, les Dragonnes enchaînent les démonstrations, mais ces larges victoires pouvaient laisser planer un léger doute sur le niveau de l’adversité proposée par Paris 92, Storhamar et Nice. Le Gloria Bistrița se présentait comme un adversaire d’un tout autre calibre pour Metz Handball et un véritable test pour confirmer la dynamique de ce début de saison. Les Messines ont répondu présentes en s’imposant largement (40-26), malgré plusieurs passages où les Roumaines sont parvenues à ralentir leur jeu. Une défense qui donne le ton Il n’était justement pas question pour les Roumaines de laisser les championnes d’Europe installer immédiatement leur jeu de transition. En ralentissant le rythme et en conservant davantage le ballon, Bistrița réussissait à sortir les Messines de leur confort par séquences. Mais Metz finissait par retrouver ce qui faisait sa force depuis plusieurs semaines, une défense capable de récupérer le ballon et de se projeter très vite. Dans le secteur central, Lyndie Tchapchet, Kristina Jørgensen et Laura Schneider formaient un bloc particulièrement compact, avec peu d’espaces laissés aux arrières de Bistrița. Les Roumaines devaient souvent jouer depuis la ligne des 9 mètres ou chercher des solutions dans des secteurs où Metz pouvait les attendre. Cette défense ne reposait toutefois pas seulement sur les individualités. Les joueuses coulissaient, fermaient les intervalles et se retrouvaient rapidement à plusieurs autour de la porteuse de balle. Bistrița avait ainsi du mal à créer des situations franches dans le jeu placé. Et lorsque les Roumaines réussissaient à trouver une brèche, Sabrina Novotná concluait le travail de sa défense. Avec 17 arrêts et 42 % d’efficacité, la gardienne confirme son excellent début de saison. Ce bloc défensif changeait forcément la façon dont Metz pouvait jouer devant. Une récupération suffisait pour lancer les Messines et il ne fallait parfois qu’une ou deux passes pour passer d’une défense étouffante à une situation de contre-attaque. Le jeu rapide comme véritable rapport de force Dès que les Messines récupéraient le ballon, le rapport de force changeait. Leur capacité à se projeter rapidement mettait les Roumaines sous pression avant même qu’elles aient le temps de replacer leur défense. Le champion de Roumanie possédait pourtant une nouvelle arme avec Nina Engel. Sur le côté droit, l’arrière pouvait davantage attaquer le but et ressortir le ballon pour créer des décalages. Mais cette prise d’initiative demandait aussi à Bistrița de se replier rapidement après les pertes de balle. Metz en profitait lorsque les Roumaines cherchaient à contrôler le rythme sur attaque placée. Même lorsque l’attaque messine calait en fin de première période, la défense ne cédait pas. Bistrița réussissait à ralentir le jeu et Metz ne trouvait plus les mêmes espaces, mais les Roumaines n’en profitaient pas vraiment. Le bloc central restait solide et Sabrina Novotná sortait encore les arrêts qu’il fallait. Avec seulement deux buts marqués en dix minutes, les Messines auraient pu voir leur avance fondre. Elle restait pourtant quasiment intacte. Un jeu messin qui se réinvente Le jeu messin semble aussi plus varié que durant les saisons précédentes. Face à Bistrița, 11 joueuses ont scoré, dont cinq avec au moins quatre buts. Les rotations ne faisaient d’ailleurs pas baisser le niveau de jeu. C’est un changement notable par rapport aux saisons précédentes, où l’on pouvait parfois reprocher à Metz de moins faire tourner son effectif, y compris avant le sacre en Ligue des champions. En ce début de saison, ce constat semble beaucoup moins d’actualité. Les joueuses entrées en cours de match continuaient à défendre avec la même intensité et à alimenter le jeu vers l’avant. Le ballon circulait, les montées de balle restaient rapides et le danger ne reposait pas sur une seule joueuse. Bistrița devait ainsi s’adapter en permanence, sans pouvoir profiter des changements pour trouver des failles dans le dispositif messin. Même lorsque l’effectif tournait, Metz conservait le même rythme et les mêmes exigences. Le jeu placé offrait lui aussi davantage de solutions. Metz ne cherchait pas systématiquement son pivot pour conclure ses attaques et pouvait faire vivre davantage le ballon entre ses arrières et ses ailières. Les responsabilités se répartissaient ainsi sur plusieurs secteurs et, là encore, Bistrița devait constamment ajuster sa défense. La deuxième période en était une bonne illustration puisque Metz continuait de creuser l’écart après plusieurs changements dans l’effectif. Metz garde bien évidemment son identité, mais dispose désormais de suffisamment de solutions pour ne pas dépendre d’un seul scénario. La saison est encore longue et Metz devra confirmer lorsque les matches deviendront plus accrochés. Mais ce début de saison montre déjà que les Dragonnes peuvent gagner de plusieurs façons. Le jeu messin semble se réinventer et progresser. Et si cette variété se confirmait, Metz pourrait bien être encore plus difficile à arrêter que les saisons précédentes. Crédit photo : Matthieu Henkinet/Let’s Go Metz