291 Au terme d’un combat entre les deux meilleurs clubs français, Brest domine Metz Handball (27-23) et prend un ascendant au classement. Une fois de plus, à chaud, Sarah Bouktit trouvait les mots justes pour débriefer le revers concédé en terres brestoises par Metz Handball ce mercredi (27-23). Elle le résume en indiquant que les Dragonnes s’étaient montrées « trop approximatives et offensivement pas assez collectives et tranchantes dans les duels.». La pivot invite également le groupe à « retourner travailler et analyser ce qui n’a pas marché ». Il a manqué bon nombre d’ingrédients pour espérer contrarier un adversaire d’une telle qualité et qui avait à cœur de prendre enfin le dessus sur son rival après les cinq défaites subies la saison passée. Au-delà du fait que Brest prend désormais seul la tête de la Ligue Butagaz Energie, c’est le niveau de jeu des Jaune et Bleu qui pose question. La partition jouée ce mercredi soir ressemblait à s’y méprendre à celle présentée samedi face à Györ. Tant par le score (27-24 face aux Hongroises) que dans la manière, les filles d’Emmanuel Mayonnade ont montré des signes inquiétants de fébrilité et d’impuissance qu’il conviendra de vite analyser. Le jeu proposé par les Mosellanes n’a jamais été fluide et linéaire et les temps faibles se sont trouvé être plus nombreux que les temps forts. Si Lucie Granier permettait aux siennes de compter deux buts d’avance aux deux tiers du premier acte (7-9, 19e), ce n’était finalement qu’une éclaircie dans la grisaille comme ce fut déjà le cas la semaine passée face aux Magyares (Metz Handball a mené 20-19 à vingt minutes du terme). Mais le reste du temps, les championnes de France n’ont jamais semblé capables de prendre la mesure du groupe coaché par Raphaëlle Tervel. Brest-Metz ou un duel homérique de gardiennes Dès les premières minutes, le Brest Bretagne Handball voulait montrer sa force sous l’impulsion de la joueuse de classe mondiale qu’est Ana Vyakhireva qui gratifiait d’ores et déjà le public d’un but et d’une passe décisive pour permettre à ses coéquipières de prendre un avantage de trois unités (3-0, 3e) avant de se voir exclue deux minutes pour une faute sur Tyra Axnér. Mais le jet de sept mètres qui suivait préfigurait de la suite de la partie. A savoir qu’en stoppant le tir de Sarah Bouktit, Camille Depuiset débutait son festival de parades qui ne s’interrompra pas. Celle qui fut placardisée par le staff messin tout au long de la saison dernière allait montrer qu’elle pouvait aussi se montrer impactante dans les matchs qui comptent. Elle réalisait rien de moins que 22 parades au cours de l’heure de jeu. Johanna Bundsen et Petra Vamos sauvaient les apparences Heureusement pour Metz Handball, et comme c’est souvent le cas depuis le début de l’exercice, Johanna Bundsen ne s’en laissait pas compter. C’est grâce à la gardienne suédoise (13 arrêts, à 50% à la pause) et à Petra Vamos (5/5) que les Jaune et Bleu retrouvaient les vestiaires avec seulement un but de retard (13-12, 30e). Les deux joueuses cachaient le manque de variété du jeu d’attaque messin. Symptomatique des difficultés, cette obstination à rechercher Sarah Bouktit au pivot plutôt que de tenter des tirs à neuf mètres ou d’écarter le jeu. Jouer sur les ailes aurait peut-être pu être une piste mais, comme ç’avait été le cas au match aller à Györ, Lucie Granier s’est trouvée être en difficulté. Circonstance atténuante pour l’ailière internationale, elle était seule sur le poste en l’absence de rotation. Mais ce n’est pas la seule à avoir été en dessous de ses standards. D’ordinaire très performant offensivement, Metz Handball peinait à trouver la clé de la défense bretonne, notamment durant le dernier quart d’heure. Les temps morts et les réajustements du technicien messin n’y changeaient rien alors que les locales pouvaient toujours compter sur l’insaisissable Ana Vyakhireva. L’arrière droite russe terminait ce choc avec pas moins de dix réalisations. L’Allemande Annika Lott a également été un poison dont la défense n’a pas trouvé l’antidote (5/6). Des Dragonnes sans solutions qui concédaient ainsi leur seconde défaite de suite (27-24). Chloé Valentini et ses partenaires se verront dans l’obligation de montrer un tout autre visage au match retour le 2 mai prochain si elles veulent conserver leur titre de championnes. Mais avant, il conviendra de bien négocier la réception de Storhamar ce samedi en Ligue des champions. Statistiques de la rencontre Brest Bretagne Handball Camille Depuiset (22 parades sur 45 tirs, 0 but sur 1 tir), Floriane André, Mélina Cantin. Méline Nocandy (1/4), Clarisse Mairot (1/7), Kiara Tshimanga (3/6) Oriane Ondono (2/3), Anna Vyakhireva (10/12), Enola Borg, Juliette Faure (0/1), Laura Kanor, Pauletta Foppa (3/6), Annika Lott (5/6), Pauline Coatanea (2/4).Exclusions: Vyakhireva (3e), Ondono (20e), Foppa (45e), Tshimanga (58e) Metz HandballJohanna Bundsen (18 parades sur 43 tirs 0 but sur 1 tir), Sabrina Novotna (1/2)Chloé Valentini (2/3, capitaine), Tyra Axnér (2/7), Suzanne Wajoka (3/4), Anna Albek (1/1), Anne-Emmanuelle Augustine, Xenia Smits (0/1), Betchaïdelle Ngombele, Sarah Bouktit (3/6), Lucie Granier (3/9), Lena Grandveau (2/7), Petra Vamos (6/9), Lylou Borg (1/2).Exclusions: Vamos (8e), Axnér (13e, 29e), Valentini (40e), Smits (46e), Granier (51e) Crédit photos: Matthieu Henkinet / Let’s Go Metz