Metz Handball (N1M) : « La fin d’un cycle » pour l’entraîneur David Motyka

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Metz Handball (N1M) : « La fin d’un cycle » pour l’entraîneur David Motyka

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Après huit saisons sur le banc des Cerbères du Metz Handball, David Motyka s’apprête à quitter le club à l’issue de la saison. L’entraîneur messin a dirigé son dernier match à domicile ce week-end. De la montée en Nationale 1 au parcours en Coupe de France qui a mené les siens à Bercy, l’entraîneur est revenu pour Let’s Go Metz sur les moments marquants de son passage à Metz, mais aussi sur le futur défi qui l’attend à Nancy Handball.

Let’s Go Metz (LGM) : David Motyka, votre équipe s’est inclinée contre Chambéry (28-32) à l’occasion du dernier match de la saison à domicile. Déçu de finir sur une défaite malgré une bonne prestation ? 

David Motyka (DM) : C’est vrai qu’il y a un peu de déception, mais l’état d’esprit était là. Nous avons réussi à prendre du plaisir, contrairement au match de la semaine dernière contre Créteil, où on a peut-être un peu manqué de valeurs et d’envie pour remporter ce match. Sur ce match contre Chambéry, on a montré des choses sur les 30 premières minutes, avec un peu moins de cohérence sur les 15, 20 minutes suivantes et pas du tout sur la fin. Mais dans l’état d’esprit c’était plutôt plaisant, et c’est bien de terminer de la sorte, même si on aurait préféré finir sur une victoire à domicile.

LGM : Quel est votre ressenti après ce dernier match à domicile au technopôle ? C’est quand même l’aboutissement de nombreuses années.  

DM : C’est sûr que c’est la fin d’un cycle. On a vécu de belles choses sur ces dernières années. Que ce soit en championnat ou en Coupe de France, il y a eu pas mal d’émotions. Nous avons disputé notre dernier match à Metz hier et on finira la saison à Beaune dans trois semaines.

LGM : Quel est votre plus beau souvenir en tant que coach avec cette équipe ?

Crédit photo : Julien Buret / Let’s Go Metz

DM : Mon plus beau souvenir restera notre parcours en coupe de France, c’est sûr. Jouer une finale à Bercy ce n’est pas donné à tout le monde. Cela a procuré beaucoup d’émotions au club, aux joueurs et à leurs familles. Il y a eu un engouement derrière, grâce auquel on a vécu des moments assez exceptionnels. Outre cette finale il y a aussi eu le parcours, avec des victoires en demi-finale, en quart de finale et en huitième de finale. Tout au long de notre parcours on a eu des petits problèmes. On a joué avec énormément de blessés, mais cela a créé de vraies valeurs collectives sur ces rencontres importantes. Ce parcours et cette finale à Bercy resteront mémorables. On a vécu aussi de belles émotions avec la montée en Nationale 1.

David Motyka : « Metz Handball doit s’attacher à former un maximum de jeunes »

LGM : C’est vrai que pendant huit ans vous avez un peu tout connu à Metz Handball. Vous avez joué le maintien en Nationale 2, la montée en Nationale 1, ensuite le maintien en Nationale 1, et maintenant le club est au milieu de tableau. Quelle aventure !

DM : On a commencé difficilement la première saison en Nationale 2, en jouant le maintien dans les dernières journées du championnat. La saison d’après, nous montons en National 1, et depuis le club y reste en alternant de très bons résultats, en jouant le milieu de tableau. Je pense qu’à Metz Handball on atteint un peu nos limites, on joue plutôt le milieu de tableau ou le maintien. Sur cette saison, le club n’a pas les ambitions d’aller plus haut, et c’est déjà pas mal comme ça.

LGM : Metz Handball joue en effet au plus haut niveau amateur, avec des contraintes similaires à celles de joueurs professionnels…

DM : Oui, l’investissement est là, on travaille toute la semaine pour aller obtenir ces résultats. Donc ce plus haut niveau amateur récompense tout ce qui est mis en place, et tout le travail derrière. Maintenant, j’espère que le club va se donner les moyens de rester le plus longtemps possible en National 1, de poursuivre sa formation. Notamment avec les -18 qui se sont requalifiés en championnat de France. Je pense que Metz Handball doit s’attacher à former un maximum de jeunes et vivre de cette nouvelle génération pour pouvoir poursuivre ses ambitions.

LGM : Est-ce que vous portiez un regard sur les jeunes du club dans votre rôle d’entraîneur ?

DM : Difficilement. On essayait de travailler avec l’équipe sénior 2 garçon et les -18 sur un projet commun. Malheureusement, avec la distance depuis Nancy (ndlr : là où vit et travaille David Motyka), c’était compliqué pour moi de suivre. J’essayais de faire le maximum, mais je pense que le nouvel entraîneur, habitant sur Metz, pourra mieux gérer cette formation et apporter son expérience. J’essayais à distance, par communication au téléphone avec les entraîneurs, de faire le maximum, mais c’est vrai qu’entre mon travail, les allers-retours et les entraînements, ce n’était pas facile.

Crédit photo : Matthieu Henkinet / Let’s Go Metz

LGM : Qui va vous remplacer à la tête des Cerbères ?

DM : Ambrosio Dos Santos. C’est l’ancien entraîneur, il était là avant moi en Nationale 2 et c’est lui maintenant qui reprend les rênes de l’équipe. Il connait le club, la structure et les joueurs. Je pense que c’est une bonne chose pour le club.

David Motyka : « Pour moi, Nancy et Metz devraient se réunir »

LGM : Sur les dernières saisons en Nationale 1, est-ce qu’il était difficile d’aller chercher des objectifs, quand vous saviez que vous vous maintiendriez assez facilement sans avoir une chance de monter ?

DM : Ce n’est pas forcément évident de garder la motivation jusqu’aux dernières journées de championnat, de motiver les joueurs sur les dernières séances et les dernières rencontres. On peut s’apercevoir sur les derniers entraînements que la motivation n’est plus forcément la même. Pendant la saison, on a connu des pics où la motivation était extrême, les joueurs devaient se montrer, ils étaient performants, collectivement et individuellement. On a fait des séries de victoires assez impressionnantes, on a eu des résultats intéressants contre Belfort ou contre d’autres équipes qui jouent le haut de tableau. Et puis on s’est complètement relâché contre d’autres équipes, où la motivation n’était pas là. Sur cette fin de saison, ce n’est pas facile de garder les joueurs motivés, même si après l’annonce du maintien, on a essayé de jouer le top 5. Mais je n’ai pas eu l’impression que tout le monde y ait adhéré. C’est vrai que pour un entraîneur à ce niveau de jeu ce n’est pas simple.

LGM : Au bout de huit ans, peut-on dire que vous êtes autant Messin que Nancéien ?

DM : Je ne sais pas (Sourire). Je n’ai jamais eu ce sentiment de rivalité entre Nancy et Metz que certains évoquent. Pour moi, Nancy et Metz devraient se réunir sur l’avenir, sur la formation, comme le font beaucoup les Alsaciens. De leur côté ils travaillent ensemble, intelligemment, et aujourd’hui ils obtiennent de meilleurs résultats que nous. L’objectif est peut-être de voir comment nous pourrions effectuer un travail tous ensemble, pour améliorer la formation en Lorraine et avoir un club phare qui, dans les prochaines années, pourrait grandir et accueillir les futurs potentiels.

LGM : Où le vent va-t-il vous porter la saison prochaine ?

DM : Je vais prendre en charge les -18 championnat de France de Nancy Handball. Cela me permettra dans un premier temps d’éviter de faire trop de kilomètres, et puis c’est un projet intéressant qui va me permettre d’apporter mon expérience aux jeunes, de les faire grandir, afin qu’ils puissent atteindre le haut niveau.

Propos recueillis par Arthur Carmier

Crédit photo à la une : Matthieu Henkinet / Let’s Go Metz