205 Accrochée pendant une mi-temps par Podravka, l’équipe de Metz Handball a attendu le retour des vestiaires pour prendre réellement le contrôle de la rencontre, en s’adaptant différemment à son adversaire pour l’épuiser. Il a fallu s’employer comme rarement vu cette saison pour les Messines. Pour son deuxième déplacement de la saison, Metz Handball a longtemps été en difficulté dans la salle de Podravka avant de faire la différence après la pause. Les Croates avaient déjà montré leur capacité à gêner les favorites en tenant tête à Györ. Face aux championnes d’Europe, elles ont encore réussi à poser des problèmes pendant 30 minutes avant de céder lorsque les Messines ont trouvé les ajustements pour reprendre le contrôle du match. Podravka a coupé le jeu de transition Depuis plusieurs saisons, le projet d’Emmanuel Mayonnade repose beaucoup sur la défense pour mieux courir et Podravka a justement réussi à perturber ce mécanisme. En attaquant régulièrement les Messines dans les duels, les Croates ont limité les récupérations et empêché Metz de trouver ses espaces habituels. Katarina Pandža a particulièrement pesé dans ce registre. Ses prises d’intervalle en un-contre-un ont régulièrement mis les défenseuses messines sous pression. Metz a aussi manqué plusieurs occasions face à Lucija Bešen, ce qui a renforcé cette impression de match fermé et empêché les Lorraines de prendre rapidement leurs distances. Mais Emmanuel Mayonnade s’est rapidement ajusté en lançant Betchaïdelle Ngombele qui a apporté davantage de densité dans le secteur central. Sans rendre la défense parfaite, son entrée a donné à Metz un point d’appui supplémentaire pour mieux contenir les attaques croates et récupérer des ballons. Dans le même temps, Laura Schneider, entrée dès la première période avec ses fixations qui ont ouvert des espaces pour ses coéquipières en obligeant la défense de Podravka à se resserrer. Metz est donc parvenu à déplacer progressivement les blocs adverses. Ainsi, le rapport de force entre les deux équipes a commencé à évoluer dès que les Messines mettaient un peu plus d’intensité dans leur jeu. Les rotations savent entretenir le rythme La différence s’est aussi jouée dans la capacité de Metz à maintenir son intensité. Le banc messin apporte beaucoup depuis le début de la saison et cette rencontre l’a encore montré. Manon Errard a notamment été très efficace, avec huit buts sur neuf tirs, tout en apportant du mouvement sur les extérieurs. Petra Vámos a pu prendre le relais de Laura Schneider, tandis que Betchaïdelle Ngombele a conservé son influence dans le secteur défensif lorsque Kristina Jørgensen a eu davantage de difficultés. Lilou Pintat, de son côté, a multiplié les courses pour donner du rythme aux attaques messines. Les rotations ont su maintenir la pression sur Podravka et offert à Metz plusieurs solutions sans véritable baisse d’intensité. Cette fraîcheur a fini par se ressentir dans le rapport de force. En défendant plus haut et avec davantage d’agressivité dans les duels, les Messines ont progressivement gêné les transmissions croates. Podravka a perdu 22 ballons, souvent sous la pression de cette défense capable de repartir immédiatement vers l’avant. Ces récupérations ont remis Metz dans son registre préféré en attaquant les espaces avant que la défense adverse ne puisse se replacer. À l’inverse, les Croates ont dû multiplier les replis et défendre de plus en plus souvent dans l’urgence. Le score final, 35-24, ne raconte finalement pas toute la difficulté de cette rencontre. Podravka a réussi à empêcher Metz de développer son jeu habituel mais les Messines ont trouvé des réponses en densifiant leur défense, en variant leurs solutions offensives et surtout en s’appuyant sur un banc capable de maintenir le rythme. Le plan croate a fonctionné tant qu’il a permis de couper le jeu de transition messin et de mettre Metz en difficulté dans les duels. Mais à mesure que les Messines ont trouvé d’autres points d’appui, Podravka a perdu le contrôle du rapport de force. Gêner Metz est une chose, le faire pendant 60 minutes en est une autre. Face à la profondeur de l’effectif messin et à sa capacité à maintenir l’intensité, Podravka a fini par céder. Si les Messines continuent à trouver des réponses lorsque leur jeu est mis en difficulté, cela pourrait devenir l’un des vrais points forts de cette équipe. Crédit photo : RK Podravka/Marko Horvat