Kevin Kaly : “Le coach Philippe Ory a pris une décision que je respecte”

Après avoir porté le maillot des Canonniers de 2012 à 2019, Kevin Kaly va faire son retour à Metz ce samedi, mais sous les couleurs des visiteurs. En effet, l’arrière de 28 ans a quitté la Lorraine cet été pour rejoindre Maubeuge dans le Nord. Entre joies et regrets, il revient sur son parcours à Metz, sa saison avec l’US Maubeuge et sur son départ du club.

 

Tu vas faire ton retour au Palais des Sports après avoir passé 7 ans à Metz sous les couleurs des Canonniers, j’imagine que ce match va être très spécial pour toi ?
Sept ans… C’est beaucoup hein ! Oui, c’est un peu particulier de revenir samedi au Palais des Sports après autant d’années à Metz, ça va me faire un peu bizarre quand je vais franchir la porte voir les gens à l’accueil. Il ne faut pas que je me trompe de vestiaire ! (Rires)
Après, ça va me faire plaisir de retrouver ce terrain, de revoir tout le monde : les présidents, le staff, les bénévoles, les gens du clubs et j’en passe… Donc forcément ça va être particulier . Mais une fois que le ballon sera lancé, pendant 40 min ou plus, il n’y aura plus de sentiments, plus d’amis. On sera là pour gagner et rien d’autre !


Un sentiment de revanche t’habite avant d’aborder cette rencontre ?
Un sentiment de revanche ? Non pas du tout, ça reste un match de championnat avec une victoire ou une défaite à la fin. Je pense plutôt qu’il s’agira d’une revanche pour les Canonniers après leur défaite chez nous au match aller (NDLR : Défaite 87-69 lors de la 2ème journée). Pour nous, ça sera l’occasion d’enchaîner une deuxième victoire de suite et bien commencer 2020. Et pour moi une occasion de chambrer mes anciens coéquipiers si on gagne encore !


Tu as gardé des contacts avec tes anciens coéquipiers justement ?
Oui j’ai gardé contact, j’ai très souvent Mamedy Diawara au téléphone qui est comme un grand frère pour moi. Je parle beaucoup avec Michel Nsimba aussi. De temps en temps, je parle avec Mahamadou Doucouré ou Damien Jean-Joseph. Et après, il y a bien sûr Henok Affa, c’est un de mes meilleurs amis. On nous appelait Tic et Tac au club ! (Rires)
Je l’ai au téléphone une fois par semaine même si des fois c’est pour me dire des conneries. J’étais encore avec lui pour passer le nouvel an à Budapest chez notre amie handballeuse Claudine Mendy (NDLR : Passée par Metz Handball de 2010 à 2012 puis de 2014 à 2015) et on part encore ensemble en vacances cet été. Alors oui, je suis encore souvent en contact avec des gars du club.

Metz Canonniers - Tremblay 07092019 - Affa (2)


Parlons de ta saison à Maubeuge. Malgré 3 victoires pour démarrer le championnat, vous pointez à la 10ème place de la Poule avec un bilan de 6 victoires pour 8 défaites. Qu’est-ce qui ne fonctionne pas ?
C’est vrai qu’on avait bien commencé avec 3 victoires. Après il y a eu cette défaite à Dijon qui fait mal, dans des circonstances un peu bizarres (NDLR : L’équipe était frappée par une épidémie de gastro-entérite). Je pense qu’on s’est vu peut-être un peu trop beaux, qu’on a arrête de faire les efforts les uns pour les autres et dans une poule aussi dense, ça pardonne pas. On a fait une série de 3 ou 4 défaites et voilà, cela explique un peu notre classement. Après, si on fait une série victoire on remonte au classement… Je pense vraiment qu’on est pas à notre place parce qu’on a un bon groupe, un bon staff et il manque juste ce petit truc, un petit déclic pour qu’on enchaîne les victoires. Cependant, je ne suis pas inquiet pour notre deuxième partie de saison, elle va être meilleure. Hormis face à Recy (NDLR : Défaite 96-75), on ne perd pas de beaucoup à chaque fois… Simplement, on partait dans des matchs fous à haut scoring à plus de 90 points, ça devient difficile de gagner… Mais ça va de mieux en mieux sur cet aspect là, c’est encourageant pour la suite.

Nous avons entendu dire que tu n’es pas vraiment parti en bons termes avec le management. Tu confirmes ?
Je ne suis pas parti en mauvais termes du tout. En tout cas de mon coté, je pense être toujours en bon termes avec les présidents, le coach et le staff. Si de leur coté c’est pas le cas, on aura l’occasion d’en parler samedi après le match mais je pense pas que ce soit le cas. Après j’ai été surpris qu’on ne me conserve pas. Je ne vais pas te mentir, je ne m’attendais pas à cette décision au vu des retours que j’avais pendant la saison. Je pensais continuer et voir ce que ça allait donner cette année avec un groupe largement remanié. Maintenant, le coach Philippe Ory a pris une décision que je respecte. On a eu une discussion franche, qui s’est bien passée et qui restera entre nous. Mais voilà c’est comme ça, on est pas en mauvais termes.

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Aujourd’hui avec le recul, tu regrettes la façon dont ça s’est terminé à Metz ?
Avec le recul, non, juste sur certaines choses dans la façon dont ça c’est fait . Je n’ai pas de regrets car il ne faut pas en avoir dans la vie, sinon tu n’avances pas et tu ressasses. Si je devais avoir des regrets sur mes sept années, j’en aurais deux :

Mon premier, la saison 2015-2016 sous les ordres d’Eric Deschamps où on était deuxième à la trêve à Noël. On avait vraiment une grosse équipe et je pense que cette année on aurait dû jouer les playoffs s’il n’y avait pas eu des problèmes financiers dans le club.
Et mon deuxième, peut-être l’année dernière où on avait aussi une grosse équipe avec de forts joueurs, mais ça n’a pas pris… Je pense que la blessure de Mamedy a eu un impact sur le groupe, au-delà du joueur qu’il est et que certains problèmes ont fait qu’on a pas atteint les résultats espérés.

Est-ce qu’un jour tu aimerais revenir ici ?
Tu sais, je suis parisien mais aussi messin. J’ai passé 7 années de ma vie là-bas de mes 21 à mes 28 ans. La ville de Metz et le club resteront toujours particuliers pour moi. Pour le moment, je suis concentré sur la deuxième partie de saison avec Maubeuge, on veut gagner le plus de matchs possible et obtenir le meilleur classement. Après, on verra ou la suite m’emmènera, j’ai des ambitions personnelles et je ne sais pas ou je serai, mon contrat avec Maubeuge s’achève à la fin de la saison.
Mais tu sais, il ne faut jamais dire jamais dans la vie…

Crédit photo : Matthieu Henkinet