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INTERVIEWS

Etienne Ory : « J’ai eu la chance de me relancer à Metz, chez moi »

Les Metz Canonniers ont enfin pu souffler ce week-end, l’occasion pour nous de nous entretenir avec Etienne Ory. Le talentueux meneur messin est revenu à notre micro sur la perspective des playoffs d’accession en Nationale 1, mais également sur sa carrière, qu’il a réussi à relancer chez lui, à Metz.

Etienne Ory, vous sortez d’une victoire à l’arrachée à la Charité. Les play-offs se rapprochent ?
Oui, les play-offs se rapprochent mais il y a des clubs qui sont proches derrière (ALL Jura Basket, Prissé-Macon, Charleville-Mézières)… On est maître de notre destin. Il suffit de gagner 2 de nos 3 derniers matchs pour être sûr de passer. On a une rencontre assez prenable contre Juvisy (13e, relégué en NM3) à domicile. Nous avons quand même 2 matchs à l’extérieur face au WOSB, et à Beaujolais. Ce ne sera pas facile. On va devoir travailler jusqu’au bout.

Vous êtes aussi diminués par les blessures. Vous vous êtes déplacés à 5 joueurs du groupe N2 ce week-end (Kaly, Macouangou, Florimont, Calhoun, Ory). Pourtant le groupe montre qu’il a des ressources et fait le travail.

On a eu la chance pendant toute l’année de ne pas avoir beaucoup de blessés. J’ai eu quelques pépins physiques, Henok s’est blessé… Hormis cela on avait été épargnés. Mais au bout d’un moment, quand on tire sur la corde toute l’année, les blessures arrivent… Malheureusement, elles arrivent au même moment. On a la chance d’avoir un bon groupe de N3 (ndlr, la réserve des Canonniers évolue en N3), avec des jeunes joueurs qui sont motivés et présents. Notre chance c’est de nous entrainer avec eux au quotidien. On les a bien intégrés à l’effectif, ils font bien leur boulot. Malgré le fait qu’on soit diminués, on a réussi à remporter des matchs.

Ce week-end de repos arrive à point nommé !
Il fait vraiment beaucoup de bien ! On n’a pas beaucoup eu de week-ends off en 2022. Il y a eu les changements de matchs avec le Covid. On est allés loin en Coupe de France (ndlr, 8ème de finale), mais pas assez pour avoir un point de bonus en championnat. On peut enfin respirer et ça va laisser plus de temps aux joueurs blessés pour revenir.

Le retour d’Etienne Ory à Metz, en famille

Etienne Ory (à gauche) à l’écoute de son père et entraîneur à son retour à Metz, Philippe Ory.

En 2019, tu fais ton retour à Metz, après avoir goûté au monde pro. Raconte-nous comment ça s’est fait.
Malheureusement, j’ai connu une grosse blessure qui m’a coûté 2 ans et demi d’arrêt. Dans mon malheur, j’ai eu la chance qu’un projet naisse à Metz, ma ville d’origine, au moment où j’avais besoin de me relancer physiquement. C’était parfait pour moi retoucher le ballon et regoûter au basket.

Ton père était d’ailleurs le coach de l’équipe à l’époque… Ça a joué dans ton choix de revenir ici ?
C’est sûr que le fait d’avoir mon père ici, ça a aidé un peu. Il voulait que je vienne mais même sans lui, je serais revenu. Quand tu sors de 2 ans et demi d’arrêt, tu n’as pas un milliard d’opportunités. C’était une chance de revenir à Metz, dans mon club.

C’est une affaire de famille le basket chez vous, n’est-ce pas ?
C’est une vraie affaire de famille ! Mon père et ma mère sont dans le basket. Mes deux frères et ma sœur sont dans le basket. J’ai toujours été sur les terrains de basket depuis tout petit. Comme on dit, j’ai été baigné dedans dès le berceau ! J’adore le foot aussi, j’en ai fait pas mal dans ma jeunesse mais jamais en club.

Tu as d’autres passions justement en dehors du basket ?
Oui forcément, j’aime beaucoup le foot, c’est un sport que je regarde énormément. Je suis fan d’Arsenal, en ce moment c’est un peu compliqué (Rires). J’aime sortir avec mes potes, jouer aux jeux vidéos, aller au cinéma… J’aime la vie quoi (Sourire) !

Ory et Karolak, les Splash Brothers des Canonniers

Raconte-nous tes premières années basket. Tu débutes en jeunes à Metz BC puis tu es parti au SLUC Nancy où tu as côtoyé un certain Alexandre Karolak, qui est aujourd’hui ton coéquipier !
Ca fait un moment que je connais Alex (Karolak). J’étais au Pôle avec lui à Metz. Je l’affrontais souvent en poussins, en benjamins, car il jouait aux PTT Metz à l’époque et moi à Metz BC. Forcément, c’est un mec que je connais depuis toujours avec les équipes de Moselle, de Lorraine… On s’est rejoint au même moment au Centre à Nancy, c’est un bon pote. Ca m’a fait plaisir qu’il arrive à Metz.

Parle nous de ta relation avec Alexandre. Tu as joué un rôle dans son arrivée ici ?
J’ai joué un petit rôle dans le sens où il me posait des questions sur le fonctionnement du club. Je sais qu’il cherchait une stabilité, il est papa. Quand tu es pro, tu bouges un peu partout. Il avait là l’opportunité de rejoindre un beau projet, chez lui car de base, il est de Metz. Forcément, j’ai fait un peu en sorte qu’il vienne et il a fait son choix.

Qui gagne en 1 contre 1 ?
Je ne vais pas répondre, on en a fait des 1 contre 1 et la question est vite répondue ! C’est très positif pour moi, je n’ai pas trop envie d’en parler (Rires).

Une adolescence en Bleu et à l’INSEP

Tu as porté le maillot de l’Equipe de France en U16 et en U18. Ton père t’y avait coaché à l’époque ?
Je ne l’ai pas eu en Equipe de France, ni à l’INSEP d’ailleurs ! L’année où je suis arrivé à l’INSEP, c’est l’année où il en est parti…

Quels souvenirs en gardes-tu ? Il y a eu notamment cette médaille d’argent au championnat d’Europe en U16…
J’en garde des souvenirs mitigés. Il y a eu cette campagne avec les U16 où on est vice-champions d’Europe en effet. C’était extraordinaire, personne ne nous attendait à ce niveau. J’ai été élu dans le meilleur 5 de la compétition, une très belle expérience. D’autres campagnes se sont moins bien passées mais dans l’ensemble, c’est évidemment un honneur et un rêve de porter le maillot de l’Equipe de France !

Tu entres à l’INSEP à 15 ans, quel effet ça fait de quitter sa famille aussi jeune ?
Je suis parti tôt. Déjà en 3ème, à 14 ans, j’étais toute la semaine au Centre à Nancy. Dans ma tête, depuis tout petit, je savais que j’allais entrer à l’INSEP. C’était logique pour moi, ça ne m’a pas fait forcément bizarre de quitter ma famille à cette époque. A l’INSEP, tous tes copains sont dans le même cas que toi donc une bonne entente en découle.

C’est comment la vie à l’INSEP ?
Ce qui est impressionnant, quand tu arrives, c’est que tu vois beaucoup de stars. Des Teddy Riner, Tony Yoka, etc… Aussi au premier jour de cours, quand tu arrives en classe, tout le monde se présente. Tu as un champion du monde de judo, une championne d’Europe de gymnastique… Tous les cracks de leur sport, c’était marrant (Sourire) ! Les infrastructures c’est vraiment pas mal, c’était une chance d’être là-bas pour progresser.

L’ascension au Paris-Levallois

Tu signes ensuite comme espoir au Paris Levallois, en 2016. Tu remportes le Trophée du Futur (Champion Pro A Espoir) à 20 ans. Raconte-nous cette expérience.
C’est un titre de champion de France, c’est quand même pas mal ! On avait un très bon groupe, qui s’entendait très bien. On avait perdu en finale l’année précédente contre Gravelines, avant de l’emporter contre Pau. C’était à la maison en plus, à Levallois. Ce n’était que du bonheur !

Il y a ensuite ce prêt à Vichy en PRO B, où tu fais de belles choses, mais tu vas connaître des blessures, qui t’ont éloigné très longtemps des parquets… Comment tu t’es relevé de ça ?
C’est compliqué… Déjà à l’INSEP, j’étais blessé au dos et j’ai fait une saison blanche, alors que j’étais sur une bonne lancée. Ma blessure à Vichy était un coup de massue. Le truc c’est qu’on ne m’a pas dit « tu vas être absent pendant 2 ans ». Tu es absent 6 mois, puis encore 6 mois parce que tu rechutes, et ainsi de suite… Mentalement ça a été très très compliqué… Quand tu te blesses aussi longtemps, tu remets un peu tout en question, tu te demandes si tu veux continuer… Comme je l’ai dit, j’ai eu la chance de me relancer ici à Metz, chez moi.

Tu es moins embêté par les pépins physiques depuis ton arrivée ici. Tu connais mieux ton corps désormais ?
Clairement ! Tu te connais beaucoup mieux quand tu as eu des blessures. Tu sais comment ton corps réagit. Lors de ma première année ici, j’avais encore beaucoup de douleurs. Depuis 1 an et demi, je n’ai plus beaucoup de douleurs par contre. Je suis en pleine forme !

Objectif montée pour Etienne Ory et les Canonniers !

Etienne Ory face à Joeuf, aux Arènes de Metz.

Globalement, quels sont tes meilleurs souvenirs depuis ton retour ici ? Le derby remporté aux Arènes contre Joeuf ?
Je pense que c’est le meilleur souvenir, le derby contre Joeuf. Quand tu vois autant de personnes qui viennent te voir, dans ta ville, avec autant d’ambiance pour un match de Nationale 2… C’est un sacré souvenir, assurément mon plus beau depuis mon retour ici. (…) Le match aller de cette saison, avec un Palais des Sports rempli, c’était pas mal non plus ! Mais les Arènes, c’est les Arènes quoi.

Tu as 25 ans mais tu as un déjà un sacré bagage basket, tu te vois rester ici sur le long terme ?
Bien sûr, je me sens bien à Metz et j’ai envie de monter avec le club. On veut aller le plus loin possible. Je ne me dis pas « je vais rester 1 ou 2 ans et partir », même s’il y a plein d’aléas dans une carrière. Si je peux rester longtemps à Metz, dans ma ville, avec ma famille, mes amis, un beau projet… Je me sens bien ici !

On imagine que tu as envie de jouer en Nationale 1 l’an prochain, avec Metz…
C’est l’objectif ! On a notre destin entre nos mains pour se qualifier en playoffs. Si on parvient à se qualifier, c’est Hyères-Toulon qui se profilera à nous. Il faudra faire le taf pour finir dans les deux premiers avant de penser à eux.

Hyères-Toulon, entraîné par Laurent Sciarra, c’est tout de même un sacré morceau… Ce serait un gros quart de finale si vous les retrouvez !
Oui c’est un sacré morceau. Mais ils doivent se dire la même chose de nous vu notre effectif ! Même si on n’a pas fait la saison parfaite, on a quand même des arguments. En playoffs, tout peut se passer.

Que peut-on te souhaiter pour la suite, Etienne Ory ?
Nous qualifier en playoffs, nous qualifier en quarts de finale et monter en Nationale 1 ! C’est l’objectif numéro 1. Je n’ai jamais vécu de montée, ce serait une belle expérience.

Propos recueillis par Arthur Carmier et Gauthier Carboni
Crédit photo : Matthieu Henkinet/LGM

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