Metz Handball a regardé Györ dans les yeux

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En s’inclinant 29 à 33 face à Gyor, Metz Handball s’est malgré tout montré à la hauteur de cette affiche de gala. Après la réception de Mérignac, c’était un adversaire d’un tout autre calibre qui croisait la route du vice-champion de France, en Ligue des Champions.

Ce samedi 23 octobre 2021, il ne fallait pas rater ce rendez-vous au sommet, face aux quintuples championnes d’Europe. Et le public était bien présent en nombre avec, également, la sortie de valeureux supporters hongrois. C’était une ambiance comme on n’en avait plus vu depuis plus d’un an. Thierry Weizman en profitait aussi pour rendre hommage à Laura Glauser qui n’avait pu quitter Metz Handball, dans les meilleures conditions, en 2020.

Malheureusement, bien au contact pendant 55 minutes, les Dragonnes n’ont pas su résister à une ultime charge de leurs adversaires et le sort du match s’est décidé dans le money-time.

Metz Handball : Entre imprécisions et manque de percussion

Comme à Ljubljana, les deux équipes mettaient du rythme et l’intensité nécessaire dans la construction de leur jeu. Les cinq premières minutes de la partie étaient très actives des deux cotés du terrain. Le bloc défensif messin se montrait réactif et permettait de rompre les transmissions hongroises. Ce qui permettait aux Messines de mener rapidement au score grâce à Louise Burgaard. (4-3, 5’31).

Malheureusement, un problème de justesse offensive commençait à survenir dans le camps lorrain. Ces imprécisions les empêchaient de faire le break alors que plusieurs situations leur étaient favorables. En gâchant 3 occasions franches, les Dragonnes offraient à Gyor la possibilité de repasser devant par l’indomptable bras gauche de Ryu. (4-5, 10′)

Sous l’impulsion de plusieurs individualités, la dynamique du jeu restait dans le camp de Metz. La circulation de balle devenait plus fluide et Bruna de Paula ne se ratait pas, en fin de possession avec bras levé. Pour la première fois du match, les coéquipières de l’internationale Brésilienne menaient de 2 buts. Dans ces conditions, les Hongroises commettaient des erreurs et Ambros Martin en profitait pour poser son temps-mort afin de remettre ses troupes en état de marche (9-7, 16′).

Un Gyor en toute puissance

Pour les visiteuses, ce fut un rappel à l’ordre salvateur. Et, c’est à ce moment-là que Györ décidait de montrer toute sa valeur, sur grand espace. Les Françaises étaient véritablement déstabilisées par la vitesse de Estelle Nze Minko qui arrivait à trouver sa pivot, Linn Blohm, toujours très clinique devant les buts. Trois minutes après ce temps-mort, le groupe de Emmanuel Mayonnade perdait son avance, pénalisé par des pertes de balles et des replis défensifs moins efficaces, moins percutants. De fait, le club hongrois reprenait les commandes en atteignant même un écart de 3 buts, dès lors qu’il mettait en place une défense haute et très mobile.

Toutefois, et ce malgré ses quelques fautes offensives, Bruna de Paula se montrait très décisive en cette fin de première mi-temps. Metz s’accrochait mais courait toujours derrière le score à cause d’une Silje Solberg, bien en place sur les tirs aux 6m des Dragonnes. Finalement, Debbie Bont eut la main heureuse pour emmener les siennes à une petite longueur, avant de rejoindre le vestiaire.

Mi temps. Metz Handball – Györ : 15-16

Un morceau de bravoure insuffisant pour gagner

Assez rare pour le souligner, Ambros Martin changeait de gardienne pour débuter la seconde période. Dans un poste à forte concurrence, Laura Glauser obtenait ses premières vraies minutes de jeu, en Ligue des Champions, version 2021/2022. Un symbole fort pour l’ancienne messine qui revenait jouer devant son ancien public.

Bien plus qu’une faveur à sa sa joueuse, il s’agissait là d’un choix tactique judicieux de la part du technicien ibérique. Les Messines buttaient à plusieurs reprises sur la gardienne française mais ces dernières démarraient plus intensément des deux côtés du terrain. Tant et si bien que Györ ne trouvait plus le chemin du filet pendant près de 10 minutes. De plus, malgré un véritable duel de gardiennes entre anciennes coéquipières (Glauser/Kapitanovic), l’équipe locale infligeait un 3-0 à son adversaire pour reprendre la tête de la course, 10 minutes après le retour des vestiaires. (18-16, 40′).

A cet instant, tous les rêves étaient permis. Néanmoins, une avance de deux buts n’est jamais suffisante face à l’équipe la plus complète d’Europe. A quinze minutes de la fin, les joueuses de Emmanuel Mayonnade retombaient dans leurs travers.