Benoît Tavenot est-il l’homme de la situation pour le FC Metz ?

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Benoît Tavenot est-il l’homme de la situation pour le FC Metz ?

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Nommé le 20 janvier dernier à la tête de l’équipe première du FC Metz, Benoît Tavenot est un visage connu des supporters messins. En succédant à Stéphane Le Mignan, l’ancien entraîneur du SC Bastia devra lever les doutes le concernant.

Qui aurait pu prédire un retour de Benoît Tavenot au FC Metz, et surtout en tant qu’entraîneur principal ? Pas grand monde. Et pourtant, c’est le choix qu’a fait Bernard Serin à la suite de la défaite des Grenats concédée à Strasbourg. Entraîneur adjoint de Frédéric Antonetti de juillet 2019 à juin 2022 en Moselle, Tavenot revient à Metz avec un contrat de six mois, avec pour mission d’accrocher un maintien qui s’annonce très compliqué. Ce retour n’est pas forcément bien vu par les supporters, pessimistes quant au succès futur du nouvel entraîneur. Ils se demandent certainement comment Benoît Tavenot pourra contribuer au maintien de Metz en Ligue 1.

Un connaisseur de la maison grenat

Les présentations sont pour ainsi dire déjà faites, puisque Benoît Tavenot est de retour dans un club qu’il connaît bien. En tant qu’adjoint de Frédéric Antonetti, il a participé à la très bonne saison 2020-2021 en Ligue 1, où Metz termina à la 10ᵉ place. La saison suivante s’est moins bien passée. Finissant à la 19ᵉ place, le FC Metz a de nouveau connu la descente. Une issue qui a entraîné le départ d’Antonetti, et la fin de l’aventure pour Benoît Tavenot. Après trois années en tant qu’adjoint dans le staff de Frédéric Antonetti, Tavenot obtient cette fois-ci le premier rôle.

Crédit photo : Philippe Lecoeur / FEP / Icon Sport

D’ailleurs, ce ne sera pas la première fois qu’il occupera le rôle d’entraîneur numéro un sur le banc messin. En effet, en février 2022, Antonetti avait reçu dix matchs dont trois avec sursis, à la suite d’une altercation avec Sylvain Armand lors d’un déplacement des Grenats à Lille. Une sanction qui avait propulsé Benoît Tavenot comme entraîneur principal – avec les consignes de son mentor corse – en Ligue 1. Une courte expérience durant laquelle il n’avait pas pu engranger la moindre victoire. Espérons tout de même que ce dernier puisse enfin goûter à la victoire dans ce rôle. En tout cas, il est certain que son intégration ne posera pas de problème, au vu de son passif avec le club. Un élément qui peut jouer un rôle dans la mission maintien.

Un coach avec du caractère

Vue de l’extérieur, Benoît Tavenot ne fait pas partie de cette catégorie d’entraîneurs que l’on pourrait qualifier de lisses. Avec son caractère bien trempé, l’ancien coach du SC Bastia dispose d’une arme intéressante. Les supporters pouvaient parfois déplorer le manque de révolte des Grenats lors de leurs rencontres. Entre Le Mignan et Tavenot, les joueurs seraient peut-être plus enclins à partir en guerre avec le second qu’avec le premier. D’ailleurs, cette idée d’aller au combat, Tavenot l’a très bien exprimée à sa conférence de presse d’arrivée : « Il faut mettre un gros casque et foncer sur les seize matchs qui restent pour maintenir ce club en Ligue 1, car il le mérite».

Crédit photo : Romain Perrocheau / FEP / Icon Sport

Alors bien sûr, cette énergie ne doit pas aller dans l’excès. A l’instar de son mentor Antonetti, Benoît Tavenot a lui aussi goûté à une suspension longue durée. Lors de la réception de Pau à Furiani en janvier 2025, l’ancien coach du SC Bastia avait agrippé un joueur palois. Une violence qui lui avait valu huit matchs de suspension ferme. Heureusement, Bastia avait quand même réussi, en son absence, à obtenir quatre victoires et deux nuls sur cette période. Des conséquences sur les résultats de l’équipe limitées, donc, mais des excès dont les Grenats se passeraient bien.

Priorité donnée à l’efficacité défensive

S’il y a bien une chose que l’on pouvait reprocher à Stéphane Le Mignan, c’était la fragilité défensive de son équipe. L’actuelle pire défense de Ligue 1 avec quarante buts encaissés n’a jamais trouvé de stabilité durable. Certes, les supporters appréciaient cette volonté collective dans la construction du jeu offensif. Il n’empêche que cela n’a pas permis de compenser les déboires défensifs.

Crédit photo : Anthony Bibard / FEP / Icon Sport

Alors forcément, ceux et celles qui se souviennent de Frédéric Antonetti, et de son jeu porté sur la défense, peuvent s’attendre à ce que Tavenot règle le problème de la même manière. En tout cas, c’est ce que ce dernier a appliqué lors de sa première saison à Bastia. Au cours de la saison 2024-2025, Tavenot et ses joueurs ont misé sur leur solidité défensive pour décrocher des résultats. Les Corses n’avaient alors encaissé que trente-sept buts. Une performance qui les plaçait à la quatrième place des meilleures défenses de Ligue 2. Bastia avait quand même payé un certain prix avec cette stratégie. Avec quinze matchs nuls concédés, Bastia fut le numéro dans l’exercice parmi les équipes du championnat. Malheureusement pour les Corses, cette invincibilité relative a pesé dans la course à la montée, où Bastia a fini 8ᵉ.

Ce qui est sûr, c’est que les Grenats auront besoin au cours des prochains mois de gagner. D’autant qu’à domicile, ils affronteront cinq adversaires de la deuxième partie de tableau. Si le nouvel entraîneur messin réussit à stopper l’hémorragie défensive, alors les Grenats auront déjà fait un pas en avant. Mais est-ce que cela sera suffisant si le minimum offensif n’est pas au rendez-vous ? Pas sûr. Un équilibre sera à trouver entre l’attaque et la défense.

Une ombre au tableau : son échec récent à Bastia

C’est peut-être le point qui suscite le plus de doutes quant à la capacité de Tavenot à obtenir le maintien de Metz. Si la saison 2024-2025 du SC Bastia s’est terminée avec une honorable 8ᵉ place, les trois premiers mois de la saison 2025-2026 ont tourné à la catastrophe pour Tavenot. Sur les onze premiers matchs joués, Bastia avait concédé sept défaites et quatre nuls. Une situation qui avait placé les Corses à la dernière place de Ligue 2. À la veille de la 13ᵉ journée de championnat, Benoît Tavenot avait alors été remercié par la direction bastiaise. Dès lors, il est normal que la nomination de Tavenot puisse générer des interrogations chez certains supporters grenats. Miser sur un entraîneur qui vient d’échouer peut être vu comme déraisonnable.

Crédit photo : Sandra Ruhaut / Icon Sport

Cet échec, après une saison plutôt satisfaisante, peut être à double tranchant pour un entraîneur dans sa situation. Cela oblige à une remise en question, en essayant de comprendre ce qui n’a pas fonctionné. Il y aura donc une sorte de motivation chez Tavenot pour ne pas répéter les mêmes erreurs. Cependant, si les résultats qui suivent la prise en main d’un nouveau poste sont tout aussi négatifs que lors du précédent, il sera très dur mentalement de gérer cela. Il faut espérer pour le FC Metz et son coach que les résultats aillent dans le bon sens. Une continuité dans les contre-performances pourrait déboucher sur une situation difficile à vivre pour les joueurs, mais aussi pour Tavenot lui-même.

Bien que le choix de Bernard Serin de nommer Benoît Tavenot génère de l’incompréhension chez les supporters grenats, l’ancien entraîneur du SC Bastia a des arguments à faire valoir. Tavenot sait que son caractère et sa rigueur défensive sont des atouts potentiels pour des Grenats absents sur le sujet. Bien sûr, il ne faut pas négliger son caractère parfois impulsif, qui pourrait être préjudiciable pour le FC Metz. Les supporters ont le droit de penser qu’il n’est pas l’homme de la situation. Mais ils vont devoir faire avec et attendre de voir le résultat sur le terrain. En tout cas, un premier élément de vérité interviendra ce dimanche 25 janvier 2026, avec la réception de l’Olympique Lyonnais.

Crédit photos à la une : Let’s Go Metz