Alexandre Karolak : “J’ai envie de faire partie de ce projet dans ma ville natale”

Le recrutement des Canonniers a connu une drôle de période avec l’annonce puis la marche arrière de l’Espagnol Suka Umu. Mais le club Messin est bien vite retombé sur ses pattes avec le recrutement d’un enfant du pays, tout aussi qualifié, en la personne d’Alexandre Karolak. Avec nous il est revenu sur son parcours de joueur, ce retour à Metz, ainsi que ses ambitions avec l’équipe et sa vision du jeu.

Let’s Go Metz : On pourrait facilement titrer que Metz a signé un ex joueur de Pro A et ne parler que de ça, mais ce serait oublier qu’il s’agit aussi d’un retour aux sources puisque c’est à Metz que ce parcours a commencé.
Alexandre Karolak : Oui, c’est ça. Je suis né à Metz et j’y ai vécu 15 ans. J’ai commencé à l’âge de 5 ans à l’ASPTT Metz Basket, en grandissant j’ai fait toutes les sélections départementales, avec l’équipe de Moselle, l’équipe de Lorraine… Ensuite j’ai intégré le pôle espoir qui était également à Metz, au collège Arsenal, jusqu’au jour ou j’ai intégré le centre de formation à Nancy, à 15 ans.

LGM: Effectivement, il y a eu un début de formation au SLUC Nancy avant de terminer du côté de Chalons Reims, est-ce que c’était un défi personnel que d’évoluer dans toutes les grandes villes du secteur ?
A.K : Non non, le centre de formation de Nancy est l’un des meilleurs de France, quand on m’a fait la proposition d’y aller j’ai immédiatement accepté. Par la suite quand je suis allé à Chalons Reims, j’ai pu m’entraîner avec l’équipe professionnelle, chose que je ne pouvais pas faire à Nancy et c’était une bonne opportunité pour moi.

LGM : C’est justement en Champagne qu’il y a eu les premières minutes en tant que professionnel, qu’est ce qu’on en retient de ces moments ?
A.K : C’était top, c’est l’objectif de tout jeune basketteur que de pouvoir jouer professionnellement. C’est une super expérience, j’ai beaucoup appris là-bas puisque j’y ai fait deux années en espoir et deux années en pro. Suite à ça, j’étais un peu en manque de temps de jeu et je suis descendu en Nationale 1.

LGM : Être indéboulonnable en espoir et de devoir courir après les minutes en pro cela change la perspective, c’est vraiment cette situation qui a motivé le passage en Nationale 1 ?
A.K : Oui, entre ma première saison à Chalons Reims et la seconde il y a eu un changement d’entraîneur et je jouais un peu moins. J’étais dans le groupe mais je ne jouais pas beaucoup et au bout d’un moment on a forcément envie de jouer, je voulais vraiment lancer ma carrière. J’ai eu l’opportunité d’aller en Nationale 1 à Aubenas, je l’ai saisie et ça s’est plutôt bien passé. Ensuite, je suis parti à Saint Vallier.

LGM : Ces expériences avec Aubenas et Saint Vallier n’ont duré qu’une saison chacune, pourquoi est-ce que le ciment n’a pas plus pris ?
A.K : Avec Aubenas la saison était vraiment compliquée, on avait un bon groupe avec de bons joueurs individuellement mais la mayonnaise n’a pas pris, il y a eu un changement d’entraîneur en Décembre et malheureusement on a pas pu se maintenir. Je souhaitais rester en Nationale 1 et j’ai eu l’opportunité d’aller à Saint Vallier qui est une grosse équipe qui a joué longtemps en Pro B et qui jouait la montée, j’ai saisi l’occasion. La saison s’est super bien passée puisqu’on finit troisièmes au classement général, mais malheureusement la saison s’est arrêtée à cause du virus. Je pense qu’on avait de bonnes chances d’aller loin pendant les playoffs.

LGM : C’est malheureusement le lot de beaucoup d’équipes ambitieuses cette saison, qui ont vu leurs espoirs coupés court par la fin des compétitions…
A.K : C’est exactement ça, surtout que je commençais à monter en puissance à l’approche de la deuxième phase et j’aurais voulu goûter aux playoffs à Saint Vallier parce qu’il y a une grosse ambiance, mais la santé c’est la priorité.

LGM : C’est ce qui nous ammène à la signature aux Canonniers, une destination inattendue puisque les choses se sont faites rapidement suite au micmac avec l’Epagnol Suka Umu. Qu’est ce qui a permis un engagement si rapide avec Metz ?
A.K : Effectivement, ça a été rapide. J’avais déjà parlé à Stéphane (Frentzel, ndlr) avant que l’Espagnol ne signe. On a d’ailleurs toujours gardé contact depuis qu’il m’a entraîné en tant qu’assistant à Chalons Reims, où je l’ai connu pendant 4 ans. Et quand le joueur n’est pas venu, on a de nouveau parlé… J’ai pesé le pour et le contre et il faut reconnaître que le projet est super intéressant. Je connais l’entraîneur, Etienne Ory est l’un de mes meilleurs amis et j’avais envie de rejouer avec lui, je pense qu’on peut faire de bonnes choses… Mais c’est vraiment le projet qui m’a convaincu et puis le fait de signer deux années, plus une en option en cas de montée. J’ai envie de faire partie de ce projet dans ma ville natale, ça rend les choses encore plus belles.

LGM : Les garanties étaient nombreuses en effet, entre la présence de Stéphane Frentzel, Etienne Ory et les projets du club…
A.K : C’est ça… Et puis j’ai vu qu’il y avait un super centre d’entrainement à Frescaty. Ça montre que le club est ambitieux. Je pense que le recrutement est en adéquation avec l’objectif de montée en Nationale 1, même si ce n’est pas une chose facile étant donné le nombre de clubs qui prétendent le faire, mais on laissera ça à la réalité du terrain.

LGM : Aux Canonniers la saison passée, le public s’était pris de passion pour l’Américain Matthew Lee, gros scoreur avec un côté showman. On peut imaginer que le registre va être différent, à quoi doit-on s’attendre ?
A.K : Je suis moins scoreur que lui, c’est sûr. Mais mon but premier c’est de gagner des matchs, je prône un beau jeu collectif. Il faut qu’on prenne du plaisir sur le terrain mais que le public en profite aussi. Stéphane Frentzel m’a parlé de la façon dont il voit les choses et c’est ce que j’aime, partager le ballon. Après personnellement, je suis un joueur agressif vers le cercle et j’ai un bon shoot à trois points. J’aime aussi mettre en valeur les autres…

LGM : Sportivement la N2 est présentée comme ayant un style de jeu moins tactique, plus imprévisible. Est ce que c’est quelque chose qu’on appréhende quand on vient d’un milieu plus organisé ?
A.K : Non, je n’appréhende pas ça puisque j’ai connu le niveau professionnel mais je me suis aussi adapté quand je suis descendu en Nationale 1, où c’était déjà différent. La Nationale 2 c’est un championnat qui se professionnalise de plus en plus, avec beaucoup de très bons joueurs, il ne faut pas l’oublier, j’arrive en toute humilité.
J’ai regardé quelques matchs de Metz la saison passée, j’ai pu me faire une idée et ça reste un très bon niveau.

LGM : Enfin, au-delà du sportif j’ai pu lire qu’il y avait eu un heureux évènement le 17 Mars, ce retour à Metz c’est aussi une nouvelle aventure familiale ?
A.K : Eh oui, je serai à 45 minutes de chez mes parents, ça me fait plaisir qu’ils puissent voir grandir mon fils qui est né le 17 Mars, le jour du confinement. Le tout en faisant partie d’un projet au sein duquel, j’espère, on ira loin.

Interview téléphonique retranscrite par nos soins.
Crédit photo : Droits Réservés (fournies par le joueur)