283 Dans un stade Bollaert-Delelis à guichets fermés pour la 81e fois de suite ce dimanche 8 mars 2026, le FC Metz a laissé le RC Lens dérouler tranquillement jusqu’à ce que les joueurs de Pierre Sage ne trouvent la faille… puis se mettent à l’abri, sans forcer (0-3). Pendant un temps, on a bien cru qu’ils allaient refaire le coup ce dimanche. Ce coup de ce soir de septembre 2023 où les Messins repartaient miraculeusement du Bassin minier avec les trois points, une victoire 0-1 acquise avec deux uniques tirs, quand les Lensois en avaient tentés trente et un. Les Sang et Or avaient pourtant tout fait pour se rendre la tâche facile dans cette semaine à trois matchs : la composition alignée ce dimanche était la même que celle qui est allée s’imposer, au bout d’un match marathon, à Lyon en Coupe de France. Avec la volonté, sans doute, de plier l’affaire au plus vite. Or, c’est peu dire si ils ont dû faire preuve de patience. À chaque tentative, les Nordistes tombaient sur une patte messine qui traînait par là où un Jonathan Fischer prompt à faire des arrêts décisifs. Les occasions lensoises avaient beau se multiplier, la faille ne s’ouvrait pas et d’aucuns pouvaient se rappeler à leur mémoire le traquenard de ce soir de septembre… Matthieu Udol a bien failli marquer contre son club formateur, mais il a buté à deux reprises sur Jonathan Fischer. Photo : Johnny Fidelin/Icon Sport Quart d’heure d’enfer Jusqu’à cette fatale 44e minute. Quand Florian Thauvin se défaisait de Sadibou Sané et Bouna Sarr, avant de servir Adrien Thomasson dans la profondeur. Le centre puissant qui s’ensuivait trouvait la malheureuse cuisse d’Alpha Touré qui contrait… et remettait le ballon dans le jeu lensois, laissant à Saud Abdelhamid tout le loisir de fusiller le pauvre Jonathan Fischer au bout du compte (44′, 1-0). Le bruyant public de Bollaert pouvait exulter et– surtout – respirer. La mi-temps n’y changeait rien, la machine était déjà lancée. Dix-neuf secondes seulement après le retour des vestiaires, Florian Thauvin concluait avec classe une action où les Messins n’ont pu que constater les dégâts, impuissant face à la maestria d’une équipe de ce standing, regardant simplement les passes arriver et repartir sans pouvoir répondre (46′, 2-0). « Ce soir, on n’a pas répondu athlétiquement dans le duel », constate amèrement Benoît Tavenot, qui est apparu la mine fatiguée en conférence de presse. Florian Thauvin et Bouna Sarr au duel. Photo : Johnny Fidelin/Icon Sport Le troisième but de Amadou Haidara, fruit d’un une-deux bien senti avec l’ex (et regretté) Grenat Matthieu Udol quelques minutes plus tard (52′, 3-0), relevait déjà presque de l’anecdote pour les quelques dizaines de supporters messins ayant fait le déplacement jusque dans le Pas-de-Calais, le nez dans leurs téléphones ou le regard ailleurs. Après ce quart d’heure en enfer, les Messins tentaient bien de réagir par l’intermédiaire d’Alpha Touré ou du jeune Nathan Mbala, qu’on aimerait désormais voir plus souvent fouler la pelouse sous le maillot du FC Metz. Bien trop peu toutefois, dans l’ensemble, pour inquiéter le gardien lensois Robin Risser. « Fraîcheur mentale » « Moi, je ne retrouve pas l’énergie qu’avait mis l’équipe sur mes premiers matchs avec elle. Je ne la retrouve pas », persifle le technicien corse. « Aujourd’hui, ce qu’on fait, c’est très largement insuffisant. J’en suis le premier responsable », assume-t-il, toujours à la recherche d’une victoire après sept matchs passés sur le banc messin. Mais Benoît Tavenot, on le sent, ne sait plus vraiment quoi faire non plus avec un groupe qui manque cruellement de « fraîcheur mentale ». « Aujourd’hui, j’ai des joueurs qui sont bouillis, assure-t-il. C’est la réalité. » « Est-ce que c’est constitutionnel [de leur état] ou est-ce que c’est notre état athlétique ? Aujourd’hui, je n’ai pas la réponse. Est-ce qu’il faut que je calme les entraînements pour avoir plus de joueurs le week-end? Ou au contraire, faut-il que je les augmente pour avoir plus de joueurs le week-end ? Ce sont des choses à régler », s’interroge le coach messin, sans pouvoir apporter ne serait-ce qu’un début de réponse. Face au temps qui presse, c’est dans l’indifférence presque générale qu’évolue désormais un effectif déjà enterré par « tout le monde », dixit Jessy Deminguet, soit « toute la Ligue 1 et tous les journalistes » et sans doute une bonne partie des supporters messins. Dans les travées de Bollaert, on ne s’y trompait pas : une fois l’affaire bien emballée, les différents groupes ultras se sont laissés aller à faire la chenille dans le stade… Que dire, alors, quand le tableau est à ce point noirci ? « Qu’il reste neuf matchs, neuf finales, qu’on va tout donner », essaie Jessy Deminguet. « Treize matchs sans victoire, ça fait beaucoup, ça fait mal à la tête. Mais comme je l’ai dit juste avant, je vais continuer à y croire tant qu’on peut le faire. » au stade Bollaert-Delelis de Lens (Pas-de-Calais), Mehdi Abirez. RC Lens 3 – 0 FC Metz Lens : Risser – Celik (Haidara, 45′), Ganiou, Sarr – Abdulhamid, Thomasson (c), Sangaré (Bulatovic, 73′), Udol – Thauvin (Sotoca, 63′), Edouard (Fofana, 63′), Sima (Bermont, 83′). Metz : Fischer – Ballo-Touré (Mboula, 72′), Sané, Gbamin, Colin – Munongo (Mbala, 54′), Touré – Sarr (Tsitaishvili, 72′), Traoré (Deminguet, 45′), Kvilitaia (Hein, 54′) – Diallo (c). Buts : Abdulhamid (43′), Thauvin (46′), Haidara (52′), Avertissements : Gbamin (14′), Touré (45′), Mboula (90′). Arbitre : Mathieu Vernice. Affluence : 37 381 personnes, guichets fermés.