À l’école du Graoully – La série sur la jeunesse grenat.

Let’s Go Metz vous fait aujourd’hui découvrir la série « À l’école du Graoully » qui nous emmène au cœur du centre de formation du FC Metz, un projet d’une saison entière réalisé par Michel Weiss et Alexandre Szyjan. Nous les avons rencontrés à quelques heures de la sortie du troisième épisode attendu ce mercredi à 18h00 sur ViàMirabelle.

LGM : Tout d’abord, comment est venue l’idée de cette série ?

Michel Weiss : Cela faisait longtemps que nous y pensions, en ce qui me concerne j’ai beaucoup aimé « À la Clairefontaine » et j’avais très envie de faire une série sur ce sujet-là. On a toujours cette image du footballeur « bling-bling » et on a tendance à oublier tout ce qui se passe en amont. Tout au long de leur formation, ce sont des jeunes qui doivent faire énormément de sacrifices pour tenter de devenir professionnels et c’est ce que nous avons voulu montrer.

Alexandre Szyjan : Au-delà de cela, on voulait bosser sur un projet commun. Même si nous travaillons ensemble à ViàMirabelle, on a rarement l’opportunité de travailler en binôme. À titre personnel, je fais la réalisation du Graoully Mag’, je suis fan du FC Metz depuis tout petit et je cherchais un projet de plus grande envergure autour du club. Michel m’a présenté l’idée et j’ai souhaité me greffer sur le projet.

LGM : Comment avez-vous amené l’idée au FC Metz ? L’accord a-t-il été facile à obtenir ?

M.W. : On a monté un dossier, l’accord s’est fait rapidement. Je suis allé voir Denis Schaeffer qui était le directeur du centre de formation la saison dernière, on a discuté et on a eu quelques réunions pour parler du projet.

LGM : Il a vite été convaincu ?

M.W. : Oui d’autant que le centre de formation est rarement mis en avant. Surtout sur un projet au long cours comme celui-là.

LGM : Comment s’est fait le choix du format des dix épisodes de 13 minutes ?

A.S. : Pour être diffusé sur la chaîne, il faut correspondre à des cases. Nous avions le choix avec plusieurs types de formats mais nous voulions quelque chose d’épisodique, le format 13 minutes était celui qui se prêtait le mieux.

M.W. : Sur un format de 52 minutes, tu n’as pas forcement le temps de t’attacher à des personnages ou mettre en place des ressorts qui sont propres aux séries. Il fallait donner l’envie de connaître la suite même si les fans du FC Metz savent, pour la plupart, ce qui va se passer pour certains joueurs. Le documentaire permet de voir comment se sont passés ces évènements en interne.

LGM : Vous avez dû découvrir pas mal de choses que l’on ignore en tant que supporter lambda, qu’est-ce qu’il vous a le plus marqué ?

M.W. : J’ai été frappé par l’amplitude de leurs journées, ils démarrent à 07h30 pour aller en cours jusqu’à 15h00. Ils débutent l’entrainement à 15h30 jusqu’à 17h00 voir 18h00. Ils enchaînent parfois avec des séances de musculation puis l’étude derrière, cela donne des journées qui se terminent à 20h00. Rebelote le lendemain puis vient la compétition le week-end. Ils n’ont pas beaucoup de journées de répit. Ceux qui vivent à l’internat vivent loin de leurs familles et de leurs amis. C’est assez difficile à vivre à 14-15 ans de faire ce « deuil » de l’adolescence, d’être coupé de tout ça…

LGM : Pour, peut-être, pas de contrat professionnel à l’issue de leur formation…

M.W. : Les chiffres sont justement assez faibles. Aux alentours de 8 jeunes sur 10 qui n’obtiennent pas de contrats pros. Et encore, signer un contrat pro, ne t’engage pas à durer dans le temps. Ce n’est que la première étape.

LGM : Est-ce que le club prépare ses jeunes joueurs à l’échec d’un contrat pro ?

A.S. : Oui, le double projet est au cœur de la formation, il consiste à obtenir à la fois une réussite sportive mais aussi scolaire. Sébastien Muet explique qu’ils sont là pour en faire des hommes avant d’en faire des sportifs. Il est tout aussi heureux de revoir des anciens joueurs qui ont réussi dans leurs vies autrement que dans le football. Ils ne leur font pas du tout miroiter le côté paillettes.

LGM : Comment avez-vous défini les joueurs sur lesquels vous vous êtes attardés ?

M.W. : On a ciblé des profils intéressants, le club nous a ensuite proposé quelques joueurs et nous avons donné notre aval.

LGM : Y a-t-il eu des difficultés sur le tournage ?

A.S. : La difficulté c’était surtout d’être seulement deux à travailler sur l’ensemble du projet. Michel était le plus souvent seul sur les tournages pour capter les images de live et réaliser les interviews. C’est une véritable prouesse. Mirabelle nous a prêté le matériel mais le projet était trop lourd pour être intégré à notre planning professionnel, nous avons donc bossé sur notre temps libre. Michel a tourné les soirs, les weekends, il a posé des jours pour réaliser des sujets.

M.W. : Le projet nous tenait vraiment à cœur, on avait une grosse envie que cela se réalise.

LGM : L’année 2017-2018 a été assez chargée pour le FC Metz, aussi bien sur les terrains qu’en coulisses. Vous n’avez pas eu peur que le club veuille stopper le projet ?

A.S. :  Non pas spécialement car nous n’étions pas vraiment axés sur les résultats sportifs, mais c’est vrai que nous nous sommes dits que nous n’étions pas tombés sur la meilleure des saisons pour parler d’un projet comme ça.

M.W. : Mais en même temps au niveau narratif c’était fort avec tous ces rebondissements.

A.S. : Et puis c’était la réalité, si nous étions là pour montrer uniquement la belle image de la formation, du joueur qui signe à la fin, cela n’aurait pas été représentatif. Nous n’étions pas là pour faire une vidéo de promotion du centre de formation. On a essayé d’être le plus neutre possible, le plus juste.

Alexandre Szyjan

LGM : Nous avons aperçu Bernard Serin, Carlo Molinari et Robert Pirès ont été teasé, doit-on s’attendre à des apparitions d’autres figures du club dans les épisodes à venir ?

M.W. : On peut juste vous dire qu’il y aura un épisode hors-série, qui sera centré sur les anciens.

A.S. : On aura aussi des anecdotes très fortes données par Sébastien Muet, j’en ai eu des frissons, notamment une sur Miralem Pjanic qui a gardé énormément de lien avec le club. On ne peut pas se l’imaginer. Je suis super content qu’il l’ait partagée avec nous car c’est sans doute une anecdote toute simple mais qui résume parfaitement la série.

LGM : Comptez-vous faire un épisode hors-série pour montrer ce que les joueurs deviennent à l’issue de la saison ?

M.W. : On reviendra dessus lors du dernier épisode. J’ai terminé les tournages il y a trois semaines. J’attends encore quelques infos concernant leurs avenirs avant d’écrire la fin de la série.

Michel Weiss

LGM : Est-ce que vous envisagez de prolonger la série, par exemple pour la saison prochaine ?

A.S. :  On en parle mais nous ferons un vrai point à la fin. L’envie elle est là, mais pas forcément sous les mêmes conditions. Notamment techniquement où il faudra proposer mieux. Il faudra aussi qu’il y ait une plus-value mais aussi une demande. Là le but c’était déjà de prouver ce dont nous étions capables de faire à deux, sans énormément de moyens avec notre petite caméra et notre petit MAC pour tout monter.

M.W : Juste pour info, des boites de production effectuent des devis entre 75.000€ et 80.000€ pour une série similaire.

A.S. : Les chiffres montent très vite. En règle générale c’est une équipe entre 8 à 10 postes, chaque poste est budgétisé et il y a des subventions avec le CNC (Centre national du cinéma et de l’image animée). Notre intérêt n’était pas de chercher du financier, c’était surtout de s’améliorer techniquement. Puis avoir par la suite les moyens de faire encore mieux.

M.W: Et puis c’est usant. Par exemple cet été j’ai passé toutes mes matinées à écrire les épisodes pendant tous mes congés. On savait que ça allait être dur même si nous avons un peu sous-estimé la difficulté du travail.

LGM : Avez-vous eu des retours du public ou des joueurs sur les premiers épisodes ?

A.S. : Oui justement on est dans la partie la plus intéressante parce qu’on a enfin les retours des gens. On se nourrit de cela. Ça fait un an qu’on attend, on se questionnait souvent. On se demandait si cela allait intéresser un public. La crainte était que les gens soient intéressés uniquement que par les pros.

Retrouvez « À l’école du Graoully » tous les mercredis à 18h00 sur ViàMirabelle ou https://www.youtube.com/channel/UCWoEjbYcH0e-ntKw7tHYgUQ.

Tenez-vous informés du projet sur https://www.facebook.com/ecoledugraoully/

Crédit photo : MHP Photo

 

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