100 Carlo Molinari était l’image du FC Metz. Une figure appréciée et reconnue de tous. C’est une immense part du club à la Croix de Lorraine qui s’en va avec le décès de son emblématique président. Il était l’âme du FC Metz. Carlo Molinari s’est éteint ce mercredi 4 novembre à l’âge de 93 ans. L’emblématique président (1967-1978, 1983-2009) se pose comme la figure incontournable de l’histoire du club à la Croix de Lorraine, lui qui passait encore presque tous les jours à son bureau au siège. Lui qui a géré le FC Metz comme une famille. Supporters, joueurs, staff, salariés… Beaucoup retrouvent chez Monsieur Molinari l’image d’un père, ou même d’un grand-père pour les jeunes. C’est dire à quel point il a traversé les époques. Un papa, un papy que nous pleurons aujourd’hui. Un président à l’ancienne comme il n’en existe plus dans un football français qui lui rend unanimement hommage. Un homme affable qui n’avait pas hésité à se confier très longuement dans nos colonnes en 2018 alors que Let’s Go Metz n’était qu’un tout jeune média numérique, tant il aimait mettre en avant son bébé, le Football Club de Metz. Carlo Molinari suivait bien évidemment toujours les performances de ses Grenats, mais aussi celles des féminines ou encore des équipes jeunes du club. Le fils d’immigrés italiens se démarquait par sa grande bienveillance, sans doute forgée par son éducation. Des valeurs qui correspondent bien à l’histoire industrielle de la Lorraine. « Quand on me demande où je suis né, je réponds que je suis né en Italie. Les gens veulent savoir à quel endroit précisément et je réponds : Villerupt ! », plaisantait le président.Carlo Molinari incarnait un territoire, une ville qui a rayonné dans toute la France grâce aux prouesses du FC Metz. Les succès du club à la Croix de Lorraine en Coupe de France en 1984 et 1988 représentent sans doute les plus belles émotions de l’emblématique dirigeant en grenat, dramaturgie des finales oblige. Le FC Metz de Carlo Molinari, c’est le FC Metz d’avant qui est resté trente-cinq années consécutives en première division. Un rêve pour n’importe quel amoureux du club, à commencer par son successeur Bernard Serin, bouleversé par la disparition de son ami. Tout le monde se souviendra évidemment de l’exploit de Barcelone en 1984 ou de ce titre laissé au RC Lens en 1998 pour une poignée de buts.Même dans l’échec, Carlo Molinari était toujours grand. Les plus anciens enragent encore de ce match retour joué contre les Sang et Or en 1998, sans Frédéric Meyrieu. Le président Molinari avait préféré rester fair-play, pour le plus grand bonheur de son ami Gervais Martel. On pardonne tout à un homme de valeurs, avec le sang grenat, y compris « une erreur d’appréciation et, en même temps, une erreur médicale » sur le Jovicien Michel Platini, qui aurait pu signer pour un FC Metz très soutenu dans le Pays Haut. Une histoire bien connue parmi toutes celles que l’on pourrait conter pendant des heures sur ce monstre sacré. Qu’importe, la classe de Carlo Molinari a guidé les Grenats pendant des décennies. Sa disparation laisse un club orphelin. Adieu président. Crédit photo : Matthieu Henkinet/Let’s Go Metz