75 En poste au TFOC depuis huit ans, Romain Pitou a fait acte de candidature pour devenir sélectionneur de l’équipe de France féminine. S’il entend poursuivre son travail à Terville Florange, l’entraîneur se montre également attentif à la réforme du calendrier international, qui pourrait bouleverser l’organisation des championnats nationaux. « Ça serait bien de passer un cap. » Quelques jours auparavant, Romain Pitou faisait une annonce surprise dans les colonnes du quotidien Le Républicain Lorrain. L’entraîneur du TFOC se portait candidat au poste de sélectionneur de l’équipe de France féminine. « Ce serait un honneur de pouvoir le devenir en tant que Français », assure le coach mosellan à Let’s Go Metz. Après huit ans à la tête de Terville Florange, il se sent prêt à relever le challenge. Il faut dire que le Bondinois d’origine a presque tout réussi : montée en première division, demi-finale des play-offs, qualification européenne et, surtout, stabilisation au plus haut niveau français. Cette décision intervient à l’ouverture d’une fenêtre d’opportunité. À la suite d’une période estivale décevante pour l’équipe de France, la Fédération française de volley-ball (FFV) a décidé de ne pas prolonger César Hernandez. « La saison s’est révélée plus compliquée que nous l’espérions, justifiait Axelle Guignet, la directrice technique nationale de la FFV dans un communiqué. Au moment de faire le bilan et dans la perspective des prochaines échéances, nous avons fait le choix de ne pas reconduire le contrat de César. » « Je pourrais apporter mon envie » L’instance nationale se met donc à la recherche d’un nouveau visage afin d’incarner la suite du projet, notamment à l’occasion de la prochaine Ligue des nations et de la Coupe du monde en 2027. Très vite, les regards se tournent vers le Portugais André Sá, entraîneur de Mulhouse, qui tiendrait visiblement la corde, selon le quotidien L’Équipe. Malgré ses faibles chances d’obtenir le poste de sélectionneur, Romain Pitou a interpellé la FFV pour « porter la candidature d’un entraîneur français de Saforelle Volstar ». Romain Pitou a déjà fait partie du staff de l’équipe de France à plusieurs reprises lors du passage d’Émile Rousseaux entre 2018 et 2024. © Julien Buret – Let’s Go Metz Et le Tervillo-Florangeois a quelques atouts à faire valoir. « Je commence à avoir l’expérience nécessaire pour assumer ce genre de fonction. Je pourrais aussi apporter mon envie. On le voit sur le terrain. » De quoi faire pencher la balance en sa faveur ? Peut-être pas, mais il se positionne tout de même comme une alternative, ce qui pourrait faire la différence dans un avenir proche. Une réforme du calendrier qui crispe Pour autant, quel que soit le choix final, le Mosellan compte rester l’entraîneur principal du TFOC. Une position qui pose la question de la réforme du calendrier international et de son impact sur la décision du prochain sélectionneur. C’est le sujet qui enflamme le monde du volley-ball depuis plusieurs semaines. Porté par la Fédération internationale de volley-ball (FIVB), le projet vise à décaler les grandes compétitions. Conséquence : l’Euro et la Coupe du monde pourraient alors se jouer au cours de la saison, et non plus durant la période estivale. Pour le volley-ball féminin, il s’agirait de disputer ces tournois en janvier, à l’image de ce qui se fait dans le handball. Les championnats nationaux seraient alors coupés en deux, avec une première phase entre août et décembre, puis une deuxième entre février et mai. L’instance internationale souhaite offrir une meilleure visibilité et, surtout, générer de meilleurs revenus. D’après les informations révélées par L’Équipe, les bénéfices récoltés pourraient passer de 53,5 millions à 93,6 millions d’euros. Ces changements interviendraient à partir de la saison 2029-2030. Or, ils suscitent de vives réactions. La puissante fédération italienne et ses clubs sont vent debout contre la réforme. De son côté, la FFV laisse la porte ouverte, tout comme la Ligue nationale de volley (LNV). « On verra à quelle sauce on sera mangé » « Il faudra forcément s’adapter, mais ça peut être intéressant, confie Romain Pitou. Pour nous, cela offrirait une période de travail supplémentaire durant l’hiver et un meilleur temps de récupération, avec un été moins chargé. » Interpellé il y a plusieurs semaines à ce sujet, le manager général du TFOC, Frédéric Chojnacki, abondait dans ce sens. « Entre le 15 octobre et le 15 mai, les joueuses sont à la disposition des clubs. Cette période cloisonne donc les clubs, mais ce projet pourrait éventuellement changer la donne. Mais on est très loin du cercle de décision. On verra à quelle sauce on sera mangé. » Pour l’heure, les contours restent plus ou moins flous. L’entraîneur de Terville Florange ne réfléchit donc pas encore aux conséquences que pourrait avoir une prise de fonction à la tête de l’équipe de France. Peut-être que cela changera s’il était l’heureux élu… Crédit photo : Mikaël Frank / Let’s Go Metz.