310 Détrôné en France mais couronné en Europe, Metz Handball repart au combat avec les mêmes ambitions en LBE. Face à lui, Brest doit défendre son titre, tandis que la nouvelle formule des phases finales pourrait permettre à Dijon et aux autres équipes de jouer leur carte jusqu’au bout. À quelques jours de la reprise de la Ligue Butagaz Énergie (le 29 août), la traditionnelle conférence de rentrée de la LFH a été l’occasion de présenter les principaux enjeux et de faire le point sur les ambitions des clubs avant le début de l’exercice 2026-2027. Les regards se tournent déjà vers le duel entre les deux locomotives du championnat de France que sont Brest et Metz puisque les deux clubs ont partagé les principaux titres la saison dernière entre le championnat de France pour les Bretonnes et la Ligue des champions pour les Mosellanes. Le champion de France va désormais tenter de conserver sa couronne, tandis que l’équipe d’Emmanuel Mayonnade veut récupérer un titre qu’elle avait remporté quatre années consécutives. Ce nouvel exercice a cependant pour ambition de ne plus être un simple duel entre le BBH et Metz puisque que la LBE évolue avec le retour des play-offs, absents depuis plusieurs saisons. Cependant, la formule diffère par rapport à ce qui existait jusqu’en 2019. Les douze équipes disputeront d’abord 22 journées de saison régulière avant de se répartir en trois groupes. Les quatre premières joueront le titre entre elles, les équipes classées de la cinquième à la huitième place se disputeront les places européennes et les quatre dernières lutteront pour le maintien. Cette organisation pourrait ainsi modifier la course au titre tout en maintenant les enjeux à tous les étages jusqu’au printemps. La Ligue Butagaz Energie veut se réinventer Le duel entre Brest et Metz a contribué à installer la Ligue Butagaz Energie parmi les meilleurs championnats d’Europe. Mais à force de voir les deux mêmes équipes lutter pour le titre, le championnat a aussi pu donner un sentiment de lassitude. Metz a remporté huit titres sur les dix dernières saisons, Brest les deux autres. La rivalité fait vendre, attire les médias et remplit les tribunes, mais elle ne résume pas entièrement la LBE. Derrière les deux locomotives, la course à l’Europe et le maintien restent ouverts. Le nouveau format entend justement donner davantage de poids à ces batailles. Dijon, vainqueur de l’European League la saison dernière, peut regarder plus haut et tenter de se rapprocher du duo de tête. Chambray, Nice ou Plan-de-Cuques peuvent également espérer jouer les trouble-fêtes. Brest et Metz devront, eux, composer avec leur calendrier européen et la densité des matches. Thierry Weizman voit dans les play-offs la possibilité de créer un véritable temps fort pour le handball féminin en fin de saison. Emmanuel Mayonnade rappelle toutefois que la première place de la saison régulière conservera son importance puisqu’elle permettra de recevoir le match retour des demi-finales et, en cas de qualification, celui de la finale. La mise en place des play-offs ne fera pas disparaître la rivalité bresto-messine mais peut donner en revanche plus de place à ceux qui veulent les rejoindre. Metz et Brest, deux favoris en reconstruction Pour les deux favoris, l’été a été mouvementé. Le départ d’Anna Vyakhireva constitue l’un des principaux changements de l’intersaison. Le BBH a également vu Tomáš Hlavatý succéder à Raphaëlle Tervel sur le banc et le club accueille Tamara Horacek pour renforcer son effectif. Avec deux joueuses importantes en moins et un nouveau staff, Brest doit rapidement reconstruire certains automatismes pour défendre son titre. Le calendrier laissera peu de temps aux réglages. Le BBH se déplacera à Dijon dès la deuxième journée, avant de se rendre à Metz, un mois plus tard. Les deux équipes se retrouveront ensuite en Bretagne au mois de février. Metz doit lui aussi repartir sur de nouvelles bases après plusieurs départs dont ceux de Sarah Bouktit et de Johanna Bundsen qui ont grandement contribué au titre européen. Le club a anticipé ces mouvements avec l’arrivée de deux pivots et de Kristina Jørgensen mais cherche encore une gardienne après la blessure de Gabriela Moreschi. Emmanuel Mayonnade appelle toutefois à la patience. Le technicien messin refuse notamment de comparer les deux nouvelles pivots avec Sarah Bouktit. « On ne peut pas comparer Sarah Bouktit de juin en finale de Ligue des Champions avec les deux joueuses qui viennent de rentrer. Il faut laisser le temps », rappelle-t-il. Ce discours s’inscrit d’ailleurs dans une ligne directrice plus large : « On considère que le chemin à Metz est très important. Nous n’avons pas envie de faire évoluer notre état d’esprit au gré de nos résultats du mercredi ou du week-end. On a un chemin, on a une route. On sait où on veut être [au printemps]. » Metz continue de se construire autour d’une nouvelle organisation offensive en ce début de saison. Qui pour bousculer les deux locomotives ? Si Brest et Metz restent les deux favoris, leurs poursuivants ont désormais une nouvelle fenêtre de tir. Dijon apparaît comme le premier candidat capable de perturber la hiérarchie. La JDA a remporté l’European League la saison dernière et aborde désormais le championnat avec l’ambition de faire mieux que les années précédentes. Cette victoire ne garantit évidemment pas une place dans le dernier carré français, mais elle a changé le statut du club. Dijon doit maintenant confirmer cette progression sur la durée et se mêler régulièrement à la lutte pour les premières places. Le calendrier offrira rapidement une première occasion de mesurer ses ambitions avec la réception de Brest dès la deuxième journée. Derrière les Dijonnaises, plusieurs équipes peuvent également espérer en profiter. Chambray, Nice ou Plan de Cuques tenteront de jouer les trouble-fêtes et de s’inviter dans la course européenne. Plus loin, l’ATH poursuit notamment son développement avec l’ambition de s’installer durablement en Ligue Butagaz Énergie. Le club alsacien délocalisera de nouveau quatre de ses affiches au Rhénus cette saison, avec l’objectif de donner davantage d’ampleur à ses rencontres et de poursuivre sa structuration au plus haut niveau. Pour les autres, il faudra surtout rester au contact afin d’optimiser pleinement la deuxième phase. Cette nouvelle organisation peut surtout apporter davantage de suspense à une LBE dominée par Brest et Metz. Dijon doit confirmer, l’ATH veut s’installer, Plan-de-Cuques veut viser l’Europe et les autres auront aussi leur mot à dire. Brest et Metz restent les deux équipes à battre, mais la bataille derrière elles pourrait être bien plus ouverte cette saison. L’autre enjeu sera désormais de séduire davantage le public et de donner un nouvel élan au championnat. Crédit photo : Baptiste Fernandez/Icon Sport