113 Les locomotives existent, mais les difficultés se multiplient, le handball féminin français est-il si mal en point ? Metz Handball a remporté la Champions League, le Brest Bretagne Handball est vainqueur du championnat de France, la JDA Dijon a décroché la première place d’European League, l’équipe de France cumule les médailles en A comme dans les catégories jeunes… Les locomotives ne manquent pas mais pourtant, à l’heure d’organiser la saison 2026/2027 dans l’hexagone, les inquiétudes sont nombreuses. Les certitudes manquent en LBE La Ligue Féminine de Handball a rendu publiques les décisions de la Commission Nationale de Contrôle de Gestion (CNCG) et ni la première division, ni la deuxième ne sont en ordre pour amorcer un nouvel exercice. À l’heure d’une réforme de la Ligue Butagaz Energie visant à passer de 14 à 12 clubs dans l’élite, seuls 11 clubs sont pour l’heure en règle et inscrits formellement pour 2026/2027.Le club de Plan-de-Cuques, septième de la saison écoulée, manque à l’appel car recalé par le « gendarme financier ». Selon un article de La Provence, le problème serait en passe d’être réglé lors d’un appel et lié à l’absence d’une note administrative lors du contrôle.Dans le même temps on peut aisément imaginer l’appétit du club de Clermont, recalé sur le fil en barrage d’accession et titulaire du statut VAP (Voie d’Accès au Professionnalisme) guettant une opportunité de montée administrative. À moins que Le Havre, relégué de LBE, ne guette aussi cette opportunité ? Le flou persistera encore quelques jours tandis que l’emballement sur les réseaux suite à l’annonce témoigne d’une crainte récurrente dans le monde du handball féminin français : la disparition ou la relégation administrative de clubs, chaque été, mettant à mal des années d’efforts et souvent dictée par un manque de trésorerie.En effet, la professionnalisation d’une des disciplines les plus prolifiques en terme de trophées du territoire peine à se concrétiser et rares sont les équipes à suivre le rythme sans enregistrer de faux pas ou des difficultés plus ou moins sérieuses au fil des saisons. La D2F en sous effectif L’alarme est d’autant plus criante quand on observe la liste des clubs dont la présence en D2F a été validée pour la saison prochaine : seulement cinq équipes ont reçu le feu vert dans une compétition sensée en compter au moins dix, qui en comptait encore quatorze il y a deux saisons et qui peut réglementairement en compter jusqu’à seize.Parmi les deux équipes reléguées de l’élite, qui devraient servir de locomotive à l’échelon inférieur, on ne retrouve que Le Havre, à priori prêt à défendre ses chances de remontée, tandis que Sambre Avesnois avance à petit pas.L’équipe des Hauts-de-France est décrite par La Voix du Nord comme contrainte par un budget serré et n’évoluera qu’avec 10 joueuses en s’appuyant sur son centre de formation, mais elle doit encore offrir les garanties à la DNCG.Du côté de Noisy-le-Grand, qui a validé sportivement son retour en deuxième division, pas de feu vert définitif non plus, d’autant plus que la formation avait été déjà sanctionnée d’un discret retrait de points en cours de saison 2025/2026. Il en va de même pour le club de Saint-Junien Rochechouart, ambitieux et confiant, mais pas encore installé. Ou encore pour le HBC Celles-sur-Belle, habitué aux rebondissements administratifs.Une situation qui a un effet domino, comme par exemple sur le club Chambéry qui n’a pas validé sportivement sa montée depuis la Nationale 1 mais qui se tient malgré tout dans les starting blocks en cas d’opportunité. Les cas particuliers ne manquent pas. Quelle organisation pour 2026/2027 ? Dans ce contexte particulièrement instable et alors que le mois de juillet et la reprise des entraînements se profilent, il est impossible pour la Ligue Féminine de Handball d’établir des calendriers de compétition clairs. Une situation qui semble se répéter ces dernières années et ne renforce pas vraiment l’aspect « professionnel » des compétitions.En fin de saison se posera également la question de la légitimité des playdowns, quand les forfaits et repêchages deviennent norme. Idem pour les playoffs de D2F, si les équipes restent finalement bloquées au deuxième étage faute de garanties financières.Consciente des problématiques, la LFH a annoncé renforcer son accompagnement auprès des clubs de N1 et de D2F pour garantir une continuité vers le monde professionnel mais le chemin de structuration semble encore très long alors que le travail de professionnalisation de la D2F a été entamé en 2020. Une chose est sûre pour l’heure : si les contours généraux existent, il faudra encore être patients avant de découvrir l’organisation de la saison 2026/2027 en LBE comme en D2F. La saison passée, c’est le 24 juillet que le calendrier définitif avait été dévoilé dans un communiqué, après une première mouture communiquée quelques jours plus tôt qui s’était avérée incorrecte. La première journée de compétition est programmée pour les deux divisions lors du week-end des 29 et 30 août 2026. Crédit photo : Julien Buret / Let’s Go Metz (archives)