695 Officiellement relégué en Ligue 2, le FC Metz va devoir vendre plusieurs de ses joueurs cet été. On fait le point sur les meilleures valeurs marchandes du club à la Croix de Lorraine. L’histoire n’est qu’un éternel recommencement du côté du stade Saint-Symphorien. Après une catastrophique saison de tous les records, le FC Metz retrouve une nouvelle fois la Ligue 2, un an après l’avoir héroïquement quittée. Et si les Grenats font régulièrement des aller-retours entre Ligue 1 et Ligue 2, une chose reste quant à elle immuable : la réalité économique du club mosellan. Chaque été, il doit générer entre 15 et 20 millions d’euros de transfert pour maintenir son équilibre financier. Un objectif évidemment très élevé, particulièrement après une saison marquée par une baisse indéniable de la valeur marchande de son effectif. La mission du (futur ?) directeur sportif s’annonce une nouvelle fois très compliquée, pour ne pas dire impossible, d’autant que le président Bernard Serin a d’ores et déjà annoncé l’objectif de la remontée immédiate. Des joueurs en perte de valeur ? Crédit photo : Nicolas Martino/Let’s Go Metz La liste des joueurs rentables ou « bankables », comme le veut l’expression moderne, n’est pas aussi longue qu’il n’y paraît cette année au FC Metz. Les valeurs théoriques indiquées sur des sites célèbres comme Transfermarkt ne reflètent malheureusement pas toujours la réalité du terrain. Certaines sont très surestimées et une saison comme celle que viennent de vivre les hommes de Benoît Tavenot risque de faire des ravages, et inciter le club à brader certains de ses actifs aux plus offrants pour ne pas risquer une réprimande de la DNCG. L’exemple de Jonathan Fischer, lié à Metz jusqu’en 2029 et qui cochait sur le papier toutes les cases d’un actif valorisable, est très parlant. Après avoir encaissé une avalanche de 56 buts sans avoir pu faire gagner de points à son équipe, le jeune Danois de 24 ans voit sa cote chuter drastiquement. Conclusion, soit le club va essayer de le relancer, soit il devra concéder une probable perte sèche sur l’investissement de départ. Un autre joueur risque de voir sa valeur baisser après sa saison en grande partie ratée : Sadibou Sané. Le défenseur sénégalais, qui va fêter ses 22 ans dans quelques semaines, conserve cependant un profil très intéressant pour le marché des transferts. Sous contrat jusqu’en 2028, il était d’ailleurs l’une des meilleures valeurs de l’effectif en début de saison, et à en croire certains insiders, de nombreux clubs européens étaient prêts à faire brûler la carte bleue pour s’attacher ses services. Mais maintenant ? Si son potentiel est sans doute intact, les négociations risquent d’être plus difficiles qu’il y a un an. Les dilemmes existentiels de cet été Crédit photo : Mikael Frank/Let’s Go Metz Construire un effectif de qualité, entre jeunes joueurs du centre de formation, cadres expérimentés et figures emblématiques du club, tout en équilibrant les comptes… Voilà une nouvelle fois le casse-tête pour lequel les dirigeants lorrains vont devoir trouver rapidement des solutions. Certains dilemmes vont s’avérer difficiles à résoudre. Gauthier Hein (sous contrat jusqu’en 2028) en est l’exemple parfait. Meilleur joueur de l’effectif, l’enfant du club âgé de 29 ans et ses 75k€ de salaire mensuel, arrive à l’apogée de sa carrière et sans doute à son plafond de valeur. Sa vente, autour de 4 ou 5 millions d’euros, semble d’une logique économique implacable. Mais le conserver garantirait non seulement la compétitivité du milieu de terrain, et également toute la symbolique qu’il représente depuis son retour. Reste à voir si l’intéressé est prêt à rempiler après cette saison où il s’est vu retirer le brassard de capitaine, ou aller voir ailleurs si l’herbe est plus… verte ! En revanche, son coéquipier du milieu de terrain, Jessy Deminguet, semble être l’archétype du joueur expérimenté sur lequel il faut compter pour encadrer les jeunes. À 28 ans, avec un salaire très raisonnable pour son rendement (autour de 50k€), il s’avère être plus un cadre d’effectif qu’un actif de trading. Sa vente n’aurait qu’un intérêt financier limité malgré les deux ans de contrat qu’il lui reste à Metz. Et lui-même a indiqué, le week-end dernier, qu’il souhaitait continuer l’aventure sur les bords de la Moselle. Pour Habib Diallo, la réflexion risque d’être un peu différente. À 30 ans et après une saison très compliquée, sa valeur estimée à 5 millions a dû fortement chuter. Sous contrat avec le club jusqu’en 2028, la direction pourrait être tentée de s’en séparer. Mais les potentiels acheteurs se bousculeront-ils au portillon ? Une saison supplémentaire pour aider le FC Metz à remonter paraît être la meilleure solution pour les deux parties. Les meilleures options de vente Crédit photo : Mikael Frank/Let’s Go Metz. L’un des profils les plus attractifs pour le marché des transferts, n’est autre qu’Alpha Touré (lié au club jusqu’en 2028). N’en déplaise aux amoureux du beau jeu, le jeune milieu de terrain sénégalais, adepte des passes latérales sécurisées, est également l’un des joueurs aux statistiques physiques les plus hautes de sa génération en Ligue 1. Si sa marge de progression a pris un coup dans l’aile après certaines de ses prestations, Alpha Touré devrait selon toute vraisemblance être l’une des ventes majeures du FC Metz lors du prochain mercato. Dans un registre un peu similaire, Nathan Mbala est un pari pour l’avenir. Le jeune attaquant qui vient de parapher son premier contrat professionnel chez les Grenats bénéficie d’un facteur clé : le marché valorise énormément les profils offensifs précoces. Le passage éclair de Brian Madjo chez les pros en est la preuve vivante. Mais le club aurait tout intérêt à ne pas se laisser séduire par une offre à 3M, valeur actuelle estimée, et de le conserver pour maximiser celle-ci après une saison en Ligue 2 où il pourrait exploser. Dans le registre des ventes possibles, Morgan Bokele et Pape Moussa Fall pourraient également entrer dans les actifs secondaires avec des ventes autour d’un million d’euros chacun. À moins que le club ne compte sur eux pour reconstruire la saison prochaine. Quid de la vente d’Idrissa Gueye ? Crédit photo : Mikael Frank/Let’s Go Metz Le dossier d’Idrissa Gueye pourrait à lui seul rééquilibrer grandement les comptes. Prêté avec option d’achat obligatoire au club italien de l’Udinese Calcio, l’attaquant sénégalais, qui aura 20 ans en septembre, était lié au FC Metz jusqu’en 2029 avant son prêt. Les sommes évoquées par plusieurs médias variaient entre 10 et 15 millions d’euros, selon les bonus. Seulement, le transfuge de Génération Foot n’a inscrit jusqu’ici aucun but lors de ses seize apparitions avec Udinese. Si le club à la Croix de Lorraine a bel et bien négocié une somme supérieure à 4M d’euros, valeur actuelle supposée, alors il s’agira de l’une des plus belles affaires conclues après celle de Brian Madjo. Cet été, le FC Metz va encore devoir vendre pour équilibrer ses comptes. Et cette fois, aucun besoin d‘une conférence de presse pour rappeler la dure réalité des finances du club. Le message est bien passé l’an dernier, et nul doute que pour négocier les meilleurs prix, les acheteurs joueront cette fois encore sur la détresse financière messine et sur la baisse irrémédiable de valeurs des acteurs d’une saison tristement mauvaise. Objectif 15-20 M€ : les scénarios crédibles– Idrissa Gueye : 4 à 10 M€– Gauthier Hein : 4 à 5 M€– Alpha Touré et/ou Sadibou Sané : 5 à 8 M€