FC Metz – FC Nantes : les derniers s’affrontent pour espérer

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FC Metz – FC Nantes : les derniers s’affrontent pour espérer

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Le FC Metz, lanterne rouge de Ligue 1, reçoit le FC Nantes (17e) ce dimanche 5 avril à 17h15. Une victoire donnerait l’occasion aux Grenats de recoller à leur adversaire, avec en tête un infime espoir d’accrocher la place de barragiste.

Entre Metz et Nantes, qui est le plus croyant des deux ? C’est une question qui trouvera certainement sa réponse à l’issue de cette rencontre de la 28e journée de Ligue 1 entre les deux dernières équipes du classement. Après avoir stoppé son hémorragie défensive accumulée depuis plusieurs matchs en décrochant un nul (0-0) à Rennes, les Grenats retrouvent Saint-Symphorien. Les calculs sont simples à faire. En cas de victoire, les Grenats rejoindraient au classement les Canaris, à cinq points du barragiste auxerrois. Pour Jessy Deminguet, présent en conférence de presse d’avant-match, il n’y a pas le choix : « On va devoir faire un gros match pour espérer une fin de saison de folie. » En revanche, une défaite réduirait le peu d’espoir d’accrocher le barrage pour les Messins.

Les forces à disposition contre le FC Nantes

Présent également en conférence de presse, Benoît Tavenot, le coach des Grenats, doit s’occuper de la disponibilité de ses joueurs. D’abord, les internationaux n’ont regagné Metz qu’entre mercredi soir et le jeudi matin. Ensuite certains joueurs sont indisponibles comme Joseph Mangondo (réathlétisation), Benjamin Stambouli (cheville), Ismaël Guerti (blessé), Alpha Touré (suspendu), Cléo Mélières (reprise). D’autres sont incertains comme Giorgi Kvilitaia et Boubacar Traoré, qui se sont en partie entraînés. Nathan Mbala, l’une des révélations de cette fin de saison, a été malade toute la semaine. Enfin, Pape Sy ne semble pas encore totalement opérationnel avec sa blessure au coude après le nul face à Rennes.

Crédit photo : Nicolas Martino / Icon Sport

D’ailleurs, cette incertitude au poste de gardien devrait pousser Benoît Tavenot à relancer Jonathan Fischer dans le onze de départ. Le gardien danois, critiqué pour son manque d’efficacité en tant que dernier rempart, a l’attention du coach grenat : « Il est très impacté par la saison. Quand il y a eu cette coupure de quinze jours, je lui ai demandé de rebondir et de corriger certains aspects en lui qui ne lui permettent pas d’exprimer totalement ses qualités […] J’ai eu dès le départ des discussions avec lui, en lui demandant des choses en matière de leadership. Mais ce n’est pas sa nature. Tout de même, c’est un grand professionnel et il met tout pour réussir, des fois trop. Il a besoin de fraîcheur (mentale). »

Le FC Nantes, un adversaire aussi dans le dur

Avec ce déplacement à Saint-Symphorien, les Nantais espèrent eux aussi se relancer dans la course au barrage. Avec huit défaites sur leurs neuf derniers matchs de Ligue 1, les Canaris sont également dans une situation très difficile. Mi-mars 2025, la direction nantaise a pris la décision de se séparer de son entraîneur Ahmed Kantari, pour nommer Vahid Halilhodžić. Pour sa première sur le banc face à Strasbourg, le coach bosnien et son équipe ont cédé dans les quinze dernières minutes de la rencontre après avoir mené au score à deux reprises. Ce résultat a laissé les Jaunes et Verts à la 17e place avec trois unités d’avance sur les Grenats.

Benoît Tavenot a conscience que l’adversaire de ce week-end offre un peu plus de garanties que son équipe à l’heure actuelle : « Ils sont un petit peu mieux que nous. Ils ont fait un match plein contre Strasbourg, avec plus de détermination que sur leurs matchs précédents. » L’analyse tactique de l’adversaire est d’ailleurs un peu plus compliquée avec un seul match du nouvel entraîneur adverse à analyser. Selon Benoît Tavenot, la rencontre de ce dimanche se jouera davantage sur le plan mental que sur le plan tactique.

Tout est dans la tête

Gagner la rencontre de ce dimanche relève d’une nécessité absolue pour Benoît Tavenot : « Il faut battre Nantes, peu importe comment, pour se donner de l’espérance. » Mais l’entraîneur messin doit composer avec un effectif au mental très instable : « C’est un groupe étrange. Dans les moments très difficiles, il a été en réaction et a su s’accrocher. À la mi-temps contre Lyon, on aurait pu déjà exploser. On a l’après-match contre Toulouse qui était très compliqué. Et derrière, on va jouer à Rennes où on a montré des valeurs. C’était l’inverse d’Auxerre où on a été tétanisés. C’est sûr que le match de demain va se gagner sur le mental. Tout se joue dans l’énergie et dans l’état d’esprit. »

Crédit photo : Johnny Fidelin / Icon Sport

Pour Benoît Tavenot, la difficulté mentale de son équipe n’est pas qu’un épiphénomène. C’est un mal profond qui traîne depuis pas mal de temps au sein de l’équipe. D’ailleurs, Benoît Tavenot regrette de ne pas réussir à inverser cette situation : « Le regret que j’ai est que je n’ai pas totalement convaincu sur le fait d’y croire. C’est inscrit dans le cerveau de trop de personnes que c’était mort, et ce dès le mois de juillet 2025. Et pourtant, j’ai dépensé beaucoup d’énergie. Alors oui, on me dit oui en face, mais au fond, il y a tellement de ressenti négatif. Quand on n’y croit pas, c’est trop compliqué. Je le vis mal, et j’ai les nerfs. Et je l’ai dit à certains joueurs, que je ne peux pas faire plus. »

Si la qualité technique et tactique sont des clés de la réussite d’une équipe, la situation au FC Metz montre actuellement en quoi la gestion du mental compte énormément. Et si le discours de Benoît Tavenot laisse peu d’espoir quant à un renversement sur ce point, les joueurs doivent faire preuve de fierté sur le terrain. Ce dimanche à 17h15, les Grenats n’ont que deux routes à choisir : le chemin de l’espoir ou le chemin de croix.

Crédit Photos : Nicolas Martino / Let’s Go Metz