153 Dans un communiqué publié ce jeudi 19 mars, les joueuses de Saint-Dié ont signalé le comportement de leur entraîneur aux services de l’État. Après de telles accusations, la Ligue et la Fédération ont réagi en dénonçant « toute forme de violence » et en affirmant l’ouverture d’une enquête de la part de l’État et des instances. De son côté, le club a suspendu son entraîneur « à titre conservatoire. » C’est dans un contexte tendu que Saint-Dié s’apprête à recevoir, ce samedi, le leader du championnat Mulhouse pour le dernier match de la saison. Alors qu’il vient d’apprendre la confirmation de sa sanction pour non-respect du règlement, avec notamment un retrait de cinq points et une exclusion des play-offs, le club est empêtré dans une toute autre affaire. Les joueuses de l’équipe première ont dénoncé les insultes sexistes et à caractère sexuel de leur entraîneur Emmanuel Dumortier. « Méthodes vexatoires, sexistes et dangereuses » Les Louves ont fait, la semaine dernière, un signalement auprès de la plateforme gouvernementale antidiscrimination. « Il est ainsi encore quelques entraîneurs qui continuent d’utiliser des méthodes vexatoires, sexistes et dangereuses. Le coach de Saint-Dié fait partie de cette caste que nous combattons », dénoncent les joueuses dans un communiqué transmis par Prosmash, le syndicat des joueurs et des joueuses professionnels, à l’Agence France Presse ce jeudi 19 mars. D’après les précisions du syndicat apportées à l’AFP, l’entraîneur aurait à plusieurs reprises proféré des insultes sexistes pendant et avant la saison. « L’utilisation de termes tels que « connasse(s) », « pute(s) » et d’autres propos à caractère sexuel ne peut plus être tolérée, et doit non seulement être proscrite, mais dénoncée et condamnée pour que la honte change de camp », précise le communiqué. Deux enquêtes ouvertes Les joueuses avaient alors demandé à la Fédération française de volley-ball (FFVB) l’ouverture d’une enquête indépendante, ainsi que « toute personne ayant été signalée pour des faits de harcèlement soit suspendue à titre conservatoire immédiatement pendant l’enquête. » Une parole entendue puisque la Ligue et la Fédération indiquent le traitement d’un dossier par les services de l’État et l’ouverture d’une deuxième enquête par la cellule fédérale de lutte contre les maltraitances. Dans leur communiqué, les deux instances condamnent « avec la plus grande fermeté toute forme de violence physique ou verbale et de discrimination. » Saint-Dié suspend son entraîneur De son côté, Saint-Dié a répondu par la voix de son président Adrien Christophe ce vendredi 20 mars. Il annonce la suspension « à titre conservatoire » d’Emmanuel Dumortier, ce qui « ne constitue en aucun cas une reconnaissance des faits établis, mais vise à garantir le bon déroulement des investigations », prévient-il. L’occasion aussi de reparler l’attachement « profond aux valeurs de respect, d’intégrité et de sécurité qui doivent encadrer la pratique sportive à tous les niveaux » du club, et de lancer aussi une enquête interne. Crédit photo : Mathias Leonard – Saint-Dié-des-Vosges.