121 Nina Kanto s’est exprimée après la victoire de son équipe face à Strasbourg ATH en Nationale 1 Féminine. Désormais leader de Nationale 1 Féminine (N1F), les jeunes Dragonnes de Metz Handball ont fait face à toutes sortes d’adversités pour s’imposer face à l’équipe de Strasbourg ATH, montrant leur capacité à prévaloir y compris dans les matchs compliqués où la beauté du handball n’est pas forcément prépondérante. La coach Nina Kanto s’est livrée sur ses impressions après la rencontre. Premier match dans la peau du leader de la poule ce dimanche, mais ce n’a pas été un match simple pour autant…Pas si simple parce que c’était un derby, face à un autre centre de formation, avec de très bons atouts. De notre côté il y avait des absences importantes : Yvana Atangana, Elea Ferdilus, Clémence Castets, Marie Eve Holler… Ca a été un match un peu compliqué à préparer, mais je savais qu’on avait les ressources pour rendre la tâche compliquée à l’adversaire. La question restait de savoir si on saurait le faire pendant 60 minutes. Force est de constater qu’elles l’ont fait et en ça, elles sont surprenantes. Non pas qu’elles ne soient pas capables, mais simplement que parfois je me prends moi même à douter. Aujourd’hui il y a des joueuses qui ont choisi le bon moment pour se montrer.Je suis contente d’Anaïs Ababsa qui a fait un vrai match de leader sur le poste de demi-centre. Nelya Goval c’est un peu le joker que j’ai pu utiliser à l’aile, sur la base arrière, elle est exceptionnelle. Ludyvine Kaakil Talaba qui a bien pris le relais et qui a été précieuse sur certaines actions. Maily Etilopy est plus sur courant alternatif mais elle met des buts à des moments importants. Blandine Gros nous apporte de la stabilité, elle apporte beaucoup défensivement et aujourd’hui ça a aussi été propre offensivement… Et puis il y a Alice Giliberto qui est souvent derrière Elea Ferdilus mais qui a encore montré à quel point c’est un soldat qui peut couper sa tête pour l’équipe. Elle l’a fait aujourd’hui et ça appelle des félicitations. Elle a assumé ce rôle dans un match important, face à sa meilleure amie dans les buts, ça compte. Le travail paie. Ce n’était peut être pas le plus beau match de handball de l’année, il était très haché et peu précis, mais c’est le genre de match qu’il faut savoir gagner.Exactement. Dans ces matchs où les équipes se valent, il faut être malin, il faut poser des problèmes, être opportuniste. Les adversaires préparent leurs matchs avec l’ambition de bloquer nos points forts, mais aujourd’hui nos points forts habituels n’étaient pas là, il a fallu revoir la stratégie. Je l’avais dit aux filles, il fallait alterner nos enclanchements qui pouvaient poser des problèmes de répartition à l’adversaire et nos enclanchements qui valorisent nos qualités de duel. On l’a bien fait et ça a empêché ATH de s’adapter. Les difficultés liées à l’effectif ont forcé à piocher en U17 ou en pré-nationale, ça donne des opportunités à de jeunes joueuses.Janelle Ludwig c’est son deuxième match avec nous. A Chambéry je n’ai pas réussi à la faire rentrer parce que le match était complexe, mais elle est agréable à entraîner, elle sait rester à sa place mais elle sait aussi faire des choses. C’est intéressant d’imaginer comment elle va évoluer au contact du collectif. J’ai l’impression que c’est une jeune qui s’intègre très bien à notre façon de travailler. Je suis juste frustrée, ça aurait été un dimanche parfait si elle avait réussi à mettre son but. Il faut persévérer. Il y a des joueuses qui toquent à la porte de la N1 et il y a des joueuses qui toquent à l’échelon supérieur. Clémence Castets et Elea Ferdilus sont entrées en jeu avec les Dragonnes à Buducnost en Champions League.C’est vraiment une satisfaction. Sur mes premières années au centre c’était beaucoup plus rare et là j’ai la sensation que depuis plus d’un an c’est plus positif pour nous. C’est une récompense pour les joueuses. Ce n’est pas facile tous les jours, on leur en demande beaucoup, entre l’école, deux entraînements par jour, les partiels et un peu de vie sociale… Alors quand le staff pro les sollicite pour venir suppléer à des blessées ou renforcer l’effectif, ça leur donne de la force. Ca nous met dans une bonne dynamique qui récompense le travail du quotidien. Le prochain match c’est un match important avec la possibilité de venger la seule défaite de la saison, subie à Yutz. Il y a quelque chose à se prouver ?Je l’attends avec beaucoup d’impatience. En face elles n’ont plus peur de nous, ce sont les seules à nous avoir battues et j’ai hâte de voir la réaction de mes joueuses. Je veux voir si c’était une erreur, un accident de parcours, ou si on a de vraies difficultés dans ce derby là. Crédit photo : Matthieu Henkinet / Let’s Go Metz