175 Le derby de l’Est reste encore une fois alsacien. Le FC Metz s’est incliné face au Racing Club de Strasbourg (2-1) ce dimanche 18 janvier mais le visage affiché par les joueurs a été beaucoup moins indigent que lors de la rencontre précédente. Déjà ça, mais ça ne rapporte pas de point… On attendait sans doute moins une victoire qu’une réaction après l’humiliation en Coupe de France face à Montpellier. Le FC Metz a rempli sa part de la mission mais n’a pas pu faire davantage face au Racing dans cette nouvelle rencontre entre deux rivaux historiques aux rapports de plus en plus déséquilibrés ces dernières années. Malgré une équipe strasbourgeoise loin des attentes et du talent exprimé en début de saison, le différentiel technique et physique est resté encore une fois trop important ce dimanche pour espérer revenir de la Meinau avec un résultat qui aurait pu relancer les affaires messines au classement. Des intentions intéressantes, un rendement trop faible Ce n’est pourtant pas faute d’avoir essayé de faire bouger les lignes, notamment par une approche tactique différente, tantôt 5-3-2, tantôt 4-2-3-1, avec un Jean-Philippe Gbamin positionné au milieu de terrain. D’avoir aussi tenté de profiter des espaces souvent laissés par les Alsaciens en contre ou même, sur certaines phases de jeu en seconde période, monopoliser le ballon. « Les intentions étaient là, on a vu dès l’entame de match qu’on était là pour essayer de poser des soucis à l’équipe de Strasbourg, ne pas faire que défendre », commente Stéphane Le Mignan. Mais le manque de créativité dans le jeu et la faible menace offensive des Grenats – malgré la combativité d’Ibou Sané – n’ont pu faire mouche. Et si le retour de Habib Diallo et Cheikh Sabaly – sur lesquels l’entraîneur souhaite compter pour la prochaine réception de l’OL – sera fortement bienvenu mais pas suffisant. « Il faut qu’on arrive à apporter plus de joueurs en soutien » des actions offensives, une notion « qu’on a du mal un peu à mettre en place quand on est dominateur » décrit à juste titre l’entraîneur. Le seul but messin de Gauthier Hein est venu… sur pénalty (22′). La joie des Messins après le but de Gauthier Hein. Photo : Philippe Lecoeur/FEP/Icon Sport Jonathan Fischer limite la casse Dès lors, les Messins ne pouvaient être que dans la réaction, et compter sur une solidité défensive retrouvée. Manqué : les Alsaciens trouvaient la faille sur leur première véritable occasion en se créant l’espace nécessaire pour prendre la défense messine de vitesse, puis trouver le petit filet droit de Jonathan Fischer par l’intermédiaire de Diego Moreira (11′). Si la charnière centrale souffrait, elle pouvait toutefois compter sur un gardien messin rassurant, auteur de plusieurs arrêts parfois décisifs et sauvant ses coéquipiers, comme sur cette frappe à bout portant de Julio Enciso détournée d’une main ferme (53′). Cela ne suffisait cependant pas pour garder les comptes équilibrés à la fin de la rencontre : le centre millimétré de Guéla Doué pour la tête de Martial Godo (43′) avait pu maintenir les compteurs en faveur des Strasbourgeois pour le restant de la partie et leur permettre d’obtenir une septième victoire de rang contre le FC Metz. Rageant… Jessy Deminguet à la lutte avec Diego Moreira. Photo : Philippe Lecoeur/FEP/Icon Sport Les joueurs « s’accrochent » au discours de Le Mignan Une semaine après la débâcle à domicile, les joueurs ont sans doute pu convaincre public et direction que celle-ci n’était qu’un « accident dramatique », selon les mots de Stéphane Le Mignan. « Je savais que les joueurs étaient capables de faire autre chose, je l’ai ressenti dans la semaine », assure l’entraîneur breton. Mais au-delà des mots et des bonnes intentions, c’est désormais du concret au classement qu’il faudra produire pour confirmer que les Grenats – qui comptabilisent déjà douze défaites cette saison – ont encore la tête à l’opération maintien en Ligue 1. Et de parler, déjà, d’union sacrée à l’heure où l’entraîneur est menacé ? « Nous, on s’accroche à son discours », assure Jessy Deminguet. « J’ai pas trouvé les gars ni le staff inquiétés », décrit pour sa part Jean-Philippe Gbamin, fraîchement revenu de la Coupe d’Afrique des nations. Reste donc à continuer les efforts… au stade de la Meinau à Strasbourg (Bas-Rhin), Mehdi Abirez. Racing Club de Strasbourg Alsace 2 – 1 FC Metz RCSA : Penders – Doué, Høgsberg (Ouattara,64′), Doukouré (c), Chilwell – El Mourabet, Barco – Diego Moreira (Paez, 90+’), Enciso (Amo-Ameyaw, 80′), Godo (Lemaréchal, 80′) – Panichelli. FC Metz : Fischer – S. Sané, Gbamin (Stambouli, 90′), Yegbe, Colin, Ballo-Touré (Abuashvili, 71′) – Deminguet (Touré, 71′), Hein (cap.) – Tsitaishvili, Mbaye (Bokele, 90′), I. Sané (Asoro, 80′). Buts : Moreira (11′), Hein (s.p., 23′), Godo (44′). Avertissements : Barco (25′), Høgsberg (25′), Sané (39′), Tsitaishvili (45′), Yegbe (58′). Arbitre : Jérémie Pignard.