Vipers Kristiansand-Metz Handball : Toujours invaincues avec beaucoup de regrets

 

 

Quelques jours après leur rencontre du côté de Chambray, les Dragonnes de Metz se rendaient sur les terres de Vipers Kristiansand pour leur 3ème match de Ligue des Champions et leur 5ème confrontation en à peine 2 semaines. Ce dimanche, les Messines retrouvaient une équipe qui les avaient privées de podium au Final 4 de Budapest. Sentiment revanchard ? Pas vraiment. Dans les rangs messins, il était question de se concentrer sur leur jeu avec caractère pour confirmer leur nouveau statut et remporter des points très importants. Dans un choc de haute intensité, Metz Handball reste à la tête de son groupe mais repart des parquets norvégiens avec des regrets. Les 1 717 spectateurs ont assisté à une remontée magistrales des joueuses locales. Les deux formations se sont quittées sur un score paritaire (38 à 38). 

Le match précédent a confirmé les facultés d’un groupe solidaire qui s’accroche et soulève des montages malgré des faits venant ternir leurs prouesses. Une belle opération qui a inscrit une nouvelle emprunte dans l’Histoire européenne du club. La victoire en Hongrie a fini par montrer ce nouveau visage psychologique, cette force de caractère qui animent une équipe messine avide de nouveaux exploits. Mais devant elles se dressait une équipe norvégienne qui progresse au fil des années et qui voulait renouer avec la victoire après son revers contre les Croates de Podravka. Renforcée à l’intersaison, Vipers a pu compter sur la grande expérience de la multiple championne Heidi Loke. Malgré tout, l’effectif de Emmanuel Mayonnade a dominé une majeure partie de la rencontre et s’est senti capable de distancer son adversaire en accentuant sa résistance défensive pour accompagner une offensive énergétique…

Une vitesse norvégienne dominatrice mais rapide maîtrise des débats.

Dans tous les sports, vous verrez souvent revenir le vieil adage “la défense fait gagner des rencontres”. Ce match ne pourra que confirmer les multiples analyses d’après-match. Durant les 7 premières minutes du match, la défense permissive des Messines permet aux Norvégiennes de faire le break d’entrée (2-0, 00’43). Ces dernières vont rapidement s’amuser avec la spécificité principale nordique pour essouffler et entraîner Metz dans leur jeu. Devant une salle animée, les adversaires locales font le spectacle, les attaques s’enchaînent avec fluidité et Metz Handball ne parvient à ouvrir son compteur qu’à partir de la 2ème minute du match grâce à Marie-Hélène Sajka (3-1). Les Norvégiennes ne ralentissent pas leur charge et continuent de prendre leur distance en répondant très rapidement à l’arrière droite française. Les Lorraines offrent des intervalles trop avantageux sur renversement et se punissent seules face à des enclenchements qui deviennent pourtant trop prévisibles. Bien esseulée, Ivana Kapitanovic ne parvient pas à faire la différence et se fait battre à chaque tentative de Kristiansand. Les Messines négligent la défense au profit d’une attaque pourtant assez efficace pour rester à distance (7-5, 6’54) et leur retard défensif permet à Heidi Loke de provoquer des fautes évitables. Les Norvégiennes ont posé leur jeu, la salle exulte, le bloc messin reste trop friable pour renverser la partie à son avantage. Un dernier repli défensif trop lent agace le banc messin et oblige Emmanuel Mayonnade à poser son temps-mort au bout de la 7ème minute (8-5, 7’26).

Salvateur et judicieux, le temps-mort réveille les Messines qui montrent un nouveau visage. Le schéma défensif se renforce, les Messines retrouvent leur concentration habituelle, les postes 2 montent de plus en plus sur les postes arrières, les ailières peuvent récupérer des ballons en montées de balles rapides et toutes les joueuses répondent aux coups de Vipers Kristiansand. Metz Handball revient à hauteur (8-8, 11′). Très vite, la pression change de camp et, embêtées mais jamais vaincues, les Messines peuvent enchaîner leurs combinaisons collectives sous la houlette d’un quatuor offensif exceptionnel sur attaque placée (Grâce Zaadi, Olga Perederiy, Orlane Kanor et Marie-Hélène Sajka). En échec au tir sur fin de possession, Louise Burgaard apporte au jeu messin depuis son entrée et distribue de nombreuses balles décisives dans des espaces improbables. Derrière, Ivana Kapitanovic reprend son show de début de saison, les Norvégiennes ont du mal à trouver des brèches et les contre-attaques pleuvent du côté messin. Menées jusqu’à -4 à l’entame et portées par une Grâce Zaadi stratosphérique (8 buts sur… 8 tentatives !), les Messines repartent au vestiaire avec 21 buts au compteur. Pendant 23 minutes, le champion de France a retrouvé sa virtuosité (17-21,30′).

 

 

Entre efficacité et manque de lucidité.

Discipliné et rigoureux, le collectif messin revient du vestiaire avec la ferme intention de dominer son adversaire. Les 11 premières minutes voient cette force collective impressionnante aperçue depuis le début de la saison. Les coéquipières de Manon Houette se montrent conquérantes et veulent marquer une nouvelle fois les esprits. Grâce Zaadi, Orlane Kanor et Olga Perederiy poursuivent leur festival. En patron, le 1/2 finaliste de la dernière édition repousse les locales dans leurs retranchements, elles n’existent plus sur le parquet, à tel point que Ole Gjekstad pose son tout dernier temps-mort à la 37ème minute du match, quand les Messines atteignent la barre des 8 buts d’écart (20-28, 37′). A partir de là, tous les voyants sont au vert, le danger vient de partout même s’il est principalement situé dans l’axe central et d’aucuns ne pouvaient prédire cette fin de scénario qui aurait pu être punitive. Personne. Mais un match se termine au buzzer, à la 60ème minute. Les Messines se devaient d’enfoncer le clou pour ne laisser espérer aucune Norvégienne.

Trop tard, des premiers ballons buttent sur Andrea Pedersen, bien en place de chaque côté de ses poteaux, au plus grand malheur des 4 ailières messines. Très peu recherchées dans les plans d’attaques, ces dernières ne parviennent pas à battre la portière norvégienne durant leurs très rares tentatives de tirs. Vipers Kristiansand y voit une occasion pour revenir, Metz perd petit à petit son ascendant et explose de nouveau. Toutes les joueuses se concentrent sur la ligne des 6m et se font punir par les blocs internes de Heidi Loke qui libèrent sa base arrière. Plus aucune messine ne monte sur les demi-centres et les arrières pour impacter leurs tirs. Tous viennent de Emilie Hegh Arntzen, Ragnhild Valle Dahl, Marta Tomac ou encore Silje Waade qui enclenchent leurs tirs de snipers. De 8 buts, les joueuses de Emmanuel Mayonnade se retrouvent à lutter pour préserver le peu d’écart qui leur reste, à partir de la 45ème minute (28-30). C’est Louise Burgaard qui atténuera l’incendie à la 47ème minute après un 6-0 dévastateur (28-31). Le collectif fléchit, ne relève pas la tête et n’existe que par des exploits individuels sur cette fin de match. Les enchaînements fluides ne sont plus présents, la concentration s’étiole et se bat contre l’arbitrage. Ivana Kapitanovic permet à ses coéquipières de respirer à plusieurs reprises malgré ses grandes difficultés mais Vipers provoque un dernier jet de 7m litigieux pour recoller au score. Durant une dernière seconde assez incohérente, Orlane Kanor trouve le poteau alors qu’elle tenait une balle de match. Un dernier symbole frustrant de ces 15 dernières minutes bien malheureuses.

 

Metz paie son manque de réalisme et d’agressivité dans un money-time mal négocié. Séduisant en attaque, le groupe n’a jamais su se remobiliser en défense quand Vipers Kristiansand a de nouveau accéléré avec véhémence. L’efficacité redoutable de sa demi-centre capitaine (12 buts) n’a pas été suffisante pour éteindre définitivement l’adversaire. Ce match est porteur d’enseignements même s’il en ressort beaucoup de regrets, même si la déception s’affichait sur les visages… Dans un contexte difficile, il faut retenir que le groupe messin reste invaincu depuis 11 rencontres malgré un affaiblissement contraint au niveau de la charnière centrale. Malheureusement, ces absences préjudiciables imposent des rotations moins fréquentes au sein de l’équipe et peuvent provoquer un essoufflement sur le long terme.

Statistiques.

Vipers Kristiansand : Andrea Pedersen (7 arrêts sur 37 tirs), Yurou Yang0 (0/8). Emilie Hegh Arntzen (8/8), Tonje Refsnes (1/2), Malin Aune (3/3), Carolina Morais, Vilde Jonassen (0/1), Silje Waade (5/5), Linn Sulland (1/3), June Andenaes, Ragnhild Dahl (7/8), Marta Tomac (6/9), Sunniva Naes Andersen (1/1), Heidi Loke (6/9). 38/49 tirs dont 4/5 sur penalty.

Metz Handball : Ivana Kapitanovic (10/48), Laura Portes. Grâce Zaadi (12/13), Laura Flippes (3/5), Astride N’Gouan (4/5), Méline Nocandy (1/1), Manon Houette (1/1), Orlane Kanor (5/5), Ilona Di Rocco, Louise Burgaard (2/6), Marie-Hélène Sajka (4/6), Marion Maubon (1/1), Ailly Luciano, Sarah Bouktit, Olga Perederiy (5/5). 38/47 tirs dont 0/1 sp.

 

Crédit photo : EHF