Paris 92 – Metz Handball : Un visage inquiétant

Alors que le match aller avait montré des Messines dominatrices contre Paris 92, Metz Handball n’aura jamais existé face à une solide formation francilienne qui a bien tenté sa chance, ce mercredi. Les Dragonnes s’inclinent 23 à 19 à l’extérieur et ne profitent pas du faux pas des Brestoises également défaites à Nice. Elles restent à la 2ème place du championnat. 

Très difficiles à contrer sur leur propre terre, les adversaires de la soirée pour les Jaune et Bleu avaient une allure de piège après la première déconvenue mosellane en Ligue des Champions. Un déplacement périlleux face aux joueuses de Yacine Messaoudi qui avaient la vive intention de reprendre leur marche en avant depuis ce coup arrêt face à Dijon, le 19 janvier dernier. Des craintes qui se sont rapidement transformées en réalité tant le groupe parisien a montré un visage bien plus conquérant que le champion de France en titre.

Première mi-temps

Ivana Kapitanovic, Martine Smeets, Orlane Kanor, Grace Zaadi, Marie-Hélène Sajka, Olga Perederiy et Laura Flippes démarrent la partie en attaque. Mais très vite, le bloc défensif adverse se montre intense et rugueux. Un premier échec offensif donne alors le ton assez fébrile dans le camps messin et permet à Eun-Hee Ryu d’ouvrir la marque pour les Parisiennes. Les 8 prochaines minutes deviennent un véritable cauchemar pour les Messines qui ne parviennent à n’avoir aucune maitrise face à la gardienne Lucie Satrapová, en verve contrairement à Ivana Kapitanovic très peu aidée par des errements défensifs très préjudiciables et qui laissent s’envoler les Franciliennes devant les yeux de leurs supporters (3-0, 8′). Aucune joueuse du camp messin ne se démarque et ne réalise un bon début de partie avec ces belles combinaisons collectives qui échouent fatalement sur les portants du but, sur la gardienne ou encore sur une défense très resserrée. Le niveau présenté sur le terrain commence à interpeller et agacer Emmanuel Mayonnade. L’artillerie messine est en berne quand le binome HoracekRyu étrillent et assènent des missiles dans les cages de Kapitanovic bien malheureuse sur toutes les tentatives isséennes depuis le début du match. Oui, les Messines auront mis 15 minutes pour inscrire deux petits buts, du jamais vu dans l’Histoire récente du club. Mais l’indigence du spectacle permet à Metz de ne pas être sévèrement puni par les maladresses répétitives de l’opposition (5-2, 15′).

Aucun poste 2 et 3 ne monte sur les arrières, les parisiennes se voient offrir des brèches trop simples par des 1 contre 1 à répétition et accentuent leur avance face à des Dragonnes très démunies devant la situation. En échec, Ivana Kapitanovic laisse la place à sa compatriote Tea Pijevic. Subitement, l’ambiance s’enflamme des deux cotés du terrains, Pijevic fait des parades décisives, les Lorraines deviennent de plus en plus agressives au combat et grignotent petit à petit l’écart en profitant enfin de la trop grand précipitation offensive de Paris 92. Mais les coéquipières de Veronika Malá ne fléchissent pas face à cette nouvelle pression imposée et repartent au vestiaire avec une avance de 3 buts. (12-9, 30′).

Seconde mi-temps

Pour la première fois depuis la blessure de Laura Glauser, Ivana Kapitanovic n’entame pas une mi-temps. Au tour de Metz Handball de retrouver sa virtuosité en infligeant un 3-1 jusqu’à une égalisation rêvée depuis le premier but parisien (13-13, 36′). Malheureusement, les Mosellanes retombent dans leurs travers et ne concrétisent plus les parades importantes de Tea Pijevic. Le tableau d’affichage reste alors bloqué à cette égalité parfaite jusqu’à un jet de 7m très arbitraire sifflé contre Marion Maubon qui aurait obstrué la tentative de Melvine Deba. Tamara Horacek remet les siennes devant et Metz Handball courra après le score jusqu’au coup de sifflet final sans un quelconque signe de révolte. Le groupe ne joue plus vers le but et ne parvient pas à retrouver ce magnifique jeu collectif qui l’animait il n’y a pas si longtemps que ça. Trop altruistes, les joueuses ne prennent aucun risque et préfèrent jouer latéral mais sans réelle concentration, elles voient leurs passes atterrir le plus souvent en-dehors des limites du terrain. Les montées de balles deviennent moins rapides et tranchantes. Préférant la temporisation alors que les ailières se présentent démarquées à plusieurs reprises, Grace Zaadi ou les gardiennes permettent au bloc isséen de se remettre en place. Manque de lucidité ou gestion ? Nul ne peut le savoir à l’instant présent. 

Ne se laissant pas abattre, le technicien messin tente des nouveautés individuelles ou collectives comme ce temps d’action avec une Astride N’Gouan en demi-centre afin d’enclencher avec un second pivot et contourner la défense étagée proposée par Yacine Messaoudi. Mais les joueuses de ce dernier s’adaptent très rapidement contrairement à la base arrière lorraine trop entêtée à jouer avec les pivots, bien souvent muselées. Les pertes de balles affluent dans ce secteur malgré la volonté d’emmener les concurrentes à la faute pour obtenir des jets de 7m. Insuffisant dans une rencontre qui semblait déjà pliée dès la 38ème minute. Apathiques et désarmées les joueuses de Emmanuel Mayonnade laissent Satrapová et Horacek enfoncer le clou d’un match bien calamiteux (23-19, 60′). 

S’inclinant à deux reprises de manière consécutives pour la première fois depuis le Final 4, Metz n’a jamais su se relever de sa défaite en Roumanie. Plus que le résultat, c’est le visage affiché par les Messines qui inquiète les fins observateurs. Une absence d’envie, d’agressivité, d’intensité : la fatigue mentale semble avoir pris le pas sur l’épuisement physique.  

Statistiques

Paris 92
Lucie Satrapová (12 parades sur 28), Maryam Garba (0/2). Océane Sercien-Ugolin (1 but sur 6), Tamara Horacek (7/11), Ulrika Toft Hansen (0/1), Eun-Hee Ryu (6/9), Alice Mazens, Aminata Cissokho, Mabana Ma-Fofana, Déborah Lassource (1/4), Soralie Moore (2/4), Veronika Malá (2/3), Melvine Deba (3/4), Adja Ouattara.

Metz Handball
Ivana Kapitanovic (4 parades sur 16), Tea Pijevic (5/16). Grace Zaadi (3 buts sur 7), Laura Flippes (2/3), Astride N’Gouan (4/5), Orlane Kanor (1/3), Ilona Di Rocco, Louise Burgaard (2/6), Martine Smeets (0/1), Marie-Hélène Sajka (1/3), Marion Maubon (4/4), Ailly Luciano (0/2), Olga Perederiy (2/3).

Crédit photo : Olivier Osthyn/Handballtransfert