L’humeur de Fox Mulder : The Weekend Dead

 

Bon, vu que ça fait longtemps que j’ai pas écrit d’humeur, je vais te demander plusieurs choses. Déjà tu vas me faire le plaisir d’être indulgent, sinon bien sûr tu pourras toujours aller te faire [insérer mot grossier de ton choix], tu connais le principe. Ensuite, pour que ce soit plus crédible, je t’invite à mettre une musique un peu angoissante en fond.

Comme quoi ? Bin j’sais pas moi, un truc genre musique de film d’horreur ou une merde du style. T’as pas que des pubs ou du M Pokora sur Deezer et Spotify ! Bon allez, au pire ça fera l’affaire.

 

Les rues désertes, pas un son, pas une silhouette à l’horizon…

Comment en est-on arrivé là ?

Les premiers jours, nous étions trop occupés à fuir les villes, à rassembler des vivres, à retrouver nos proches. C’est là d’ailleurs que les premiers groupes se sont créés.

Les premières hordes aussi…

Le bruit courait que quelque part en Chine, un mongole avait chopé le virus en niquant une chauve-souris. Ouai je sais, c’est carrément immonde, mais l’être humain est dégueulasse, je t’apprends rien… Y a bien des nanas qui copulent avec des porcs ou des mecs avec des truies.  (Vas-y vomis). Enfin bref, visiblement ce serait pas exactement ça, en réalité, il aurait juste bouffé un pangolin trisomique qui lui-même se serait fait enculer par une chauve-souris enragée, ou un truc dans l’esprit. Alors va savoir pourquoi cette conne de chauve-souris s’en est pris à ce pauvre pangolin…

Hugolin, le pangolin trisomique.

Enfin je dis pauvre pangolin, franchement je suis désolé mais ça ressemble vraiment à rien comme bestiau, faut être complètement détraqué pour avoir envie de bouffer ça. En carpaccio en plus. Mec, t’as cru que c’était de l’artichaut ou quoi ? A la limite pour les nems aux crevettes et le porc caramel, je pouvais encore te suivre, mais là.. Putain t’es crade.

Toujours est-il que le type a chopé la gastro et il aurait pas pu s’empêcher de lâcher la purée en plein milieu d’une réunion d’autres fins gourmets locaux, et là c’est parti en couilles, vomissements, crachats, les types se sont mis à se mordre frénétiquement comme des possédés, en quelques jours y avait déjà plusieurs milliers de zombies dans toute la Chine.

Le pangolin ça se digère mal…

Evidemment, y avait aussi beaucoup d’Européens là-bas, et on laisse pas tomber les frères.

Du coup, ce qu’on a fait, c’est qu’on a envoyé des avions récupérer nos infectés, afin de propager le virus ici en France. Logique. Les ritals auraient eu la même idée. T’façon ceux-là dès qu’il s’agit de faire du sale, ils sont présents… Les pauvres, tu trouves bien plus de gel pour les cheveux que de savon dans leur pays de gominés.

Bref, c’est là qu’on a commencé à nous dire de nous laver les mains et d’arrêter de nous faire la bise.

Arrêter de nous faire la bise bordel… T’imagines ça toi ?

Pour des mecs comme moi, avec l’avènement du féminisme, c’était un des derniers privilèges masculin et surtout un des derniers moyens d’avoir un contact charnel, autorisé par la loi, avec des femmes. Faire une simple putain de bise…

Du coup bin, on s’est exécuté, on a commencé à se dire bonjour de loin, à éviter tout contact. Bon je t’avoue qu’au début dans certains cas c’était carrément bien. Plus besoin de serrer le poisson mort de son directeur, ni de faire la bise à la vieille de la compta qui sent la pisse et la soupe à l’oignon, nan vraiment y avait des bons côtés.

Pis un soir, le drame… On nous a dit que c’était terminé, les rassemblements sportifs, les compétitions, tout était suspendu, annulé.

Finis les matchs angoissants du FC Metz, terminées les envolées lyriques des handiablées dans nos arènes jaunes et bleues, exit les soirées champagne VIP après un match des Canonniers. Même le Metz Tennis de Table se voyait interdit de compétitions.

Terminé le concept de weekend.

Confinés 7 jours sur 7.

Plus de jeux.

Et bientôt plus de pain, vu qu’une poignée d’empaffés a décidé d’acheter tout les stocks de bouffe. Encore pour les petits flacons de gels hydroalcooliques, c’était discret, t’avais Evelyne 45 ans, avec ses deux mioches dans le caddie à la caisse du Lidl qui discrètement prenait tout le carton avec la complaisance de la caissière. A 99 centimes le flacon, pour 50 balles elle vidait le stock cette greluche. Mais là t’as carrément des équipes de trois ou quatre pèlerins qui vident les rayons de pâtes en quelques heures.

Oubliez pas la sauce bande d’enculés.

Je crois que le pire c’est le rayon PQ du supermarché. Je cherche encore à comprendre le concept. C’est quoi, c’est de bouffer 1kg de pâtes par jour, z’ont peur de choper la courante ?

Une chose est sûre, en temps de crise les pires aspects de l’humanité refont surface, les zones d’ombre de l’espèce humaine t’éclaboussent à la face, un peu comme pendant les fêtes de fin d’année. Un cumshot universel, sans préliminaires.

J’suis désolé pour la vulgarité, mais bon, vu que je te vois pas souvent, je me lâche un peu.

Enfin bref nous voilà, privés de matchs, privés de comptes-rendus sportifs, je me suis dit que ce serait pas mal d’écrire à nouveau quelques lignes énervées, histoire de « peut-être » te faire marrer un peu, ou au minimum en exaspérer certain.e.s !

Relativise un peu, il nous reste l’électricité, et internet. Imagine le jour du grand black-out, le vrai, quand les petits gris vont débarquer dans leurs OAWOOLEA UEWA OEMM, (ça veut dire astronef en langage Ummite, cherche pas à comprendre c’est comme ça). Là il sera plus question de pleurer pour un mois de disette sportive. On n’en est pas là encore…

Bon, et Maintenant ? On s’organise comme on peut. On survit.

On imagine la suite.

Quelle suite ?

Et bin la suite… Tu crois quand même pas que ça va durer éternellement cette saloperie d’apocalypse !

Quand on aura buté tous les zombies, et que la pandémie sera endiguée, faudra reconstruire.

Quand et comment ? Bonne question…

Je suis certain que les ligues sportives, dans leur totale honnêteté et leur transparence qu’on leur connaît, ne tarderont pas à nous pondre des mesures exceptionnelles, justes et intelligentes.

En attendant, j’aurais qu’un seul conseil à vous donner, bande de trous du cul. Restez chez vous au maximum, protégez-vous, le temps que cette putain de pandémie soit terminée. Ne jouez pas aux plus malins, on s’en branle que vous soyez rebelles et anti-consignes, et vous les angoissés, arrêtez de monopoliser les supermarchés et ne vous croyez pas seuls au monde, bande de cons.

Et rendez-vous dans quelques semaines pour fêter l’été… et la fin de la fin du monde.

Bisous de loin.