PAROLE ADVERSE : RC Strasbourg – FC Metz

Place à un nouveau concept sur Let’s Go Metz, Parole Adverse. Chaque semaine, la parole sera donnée à un supporter de l’équipe affrontée par la maison grenat. Pour la première de la saison, rien de mieux qu’un bon vieux Derby du Grand Est pour rentrer dans le championnat de la meilleure des manières… Aujourd’hui, Laurent nous livre son point de vue sur la saison  à venir pour le RC Strasbourg et nous donne son avis sur le match de demain …

 

Salut Laurent ! Je te laisse te presenter en quelques mots pour la première de « parole adverse ».

Bonjour à l’équipe de LGM. Je préfère rester anonyme car voyez vous, je vis et travaille en terre ennemie depuis quelques années. Je ne préfère pas en dire trop. Mais bon, l’Alsace, Eldorado des Lorrains, terre de richesse, n’avait visiblement pas envie de me donner un CDI. Donc, l’Alsacien que je suis se voit obligé d’accepter l’aumône des Messois. Bon ça aurait pu être pire, ça aurait pu être l’argent des Nançois. D’ailleurs j’étais à Nancy récemment et je me suis cru en France. Dingue.

Complètement fou … Alors, pour commencer depuis quand tu supportes le RCSA ?

Je ne reconnais pas le RCSA. Ou alors juste le RCS « Ah ! » ?   Le A a été accolé après la liquidation judiciaire par Philippe Richert, alors président de ce beau pays du soleil rougeoyant et de la terre verdoyante du bassin rhénan, en échange de subventions pour faire repartir le club. Quand le grand Truc est arrivé, l’Alsace est resté accolée au nom du club pour maintenir la flamme des régionalistes. L’Alsace n’existe plus d’ailleurs … (pour le moment)

Sinon je supporte évidement le Racing depuis tout petit. La légende veut que j’ai appris à lire dans les pages sports des Dernières Nouvelles d’Alsace et notamment les articles consacrés au Racing. Et j’ai eu mon BEPC malgré tout.

Et tu penses quoi du FC Metz ?

Pour moi, c’est bien sûr l’ennemi habituel du Racing mais on s’était un peu oublié l’un l’autre ces dernières années. Auparavant, je me souviens que l’on montait et que l’on descendait souvent ensemble, alors ces deux clubs étaient liés d’une certaine manière. Je dirais qu’il s’agit de deux frères qui se jaugent et s’affrontent régulièrement, avec le côté « ascenseur » qui était un point commun dans les années 2000 (surtout de 2005 à 2009). On s’est quand même retrouvé plusieurs fois dans la même charrette. Ca créé des liens.

Les deux clubs avaient aussi des périodes de révolution permanente. Mais il me semble que Metz et Strasbourg sont sur la voie de la stabilité (jusqu’au prochain cataclysme en tout cas). J’aime bien le développement de Metz sur sa tribune et son centre d’entraînement. Le Racing a le même avec deux ou trois ans de décalage (Marc Keller est un copiteur).

J’ai un peu plus de mal avec le stade St Symphorien que je n’aime vraiment pas. Ca changera peut-être quand il sera entièrement fermé dans les coins. D’un point de vue extérieur, je ne comprends pas pourquoi il y a plusieurs kops. Peut-être faudrait-il vous fédérer sur le modèle strasbourgeois ?

Comment tu imagines la saison à venir pour Strasbourg ?

La préparation estivale a été courte pour ne pas se planter en qualifications de l’Europa League. Physiquement, ça ne devrait pas si mal se passer au début de la saison. L’équipe n’a pas beaucoup changé, uniquement Bellegarde et Djiku nous ont rejoint. Par contre, au niveau de la concentration lors des matchs de coupe d’Europe, le Racing a montré des faiblesses dignes de la seconde partie de saison 2018/2019 (deux victoires seulement de février à mai). Des joueurs sont prêts (Ajorque, Martin…), d’autres moins (Lala).
La 10ème place en fin de saison serait honnête, mais nous aurions pu accrocher la 5ème ou 6ème place en gardant le niveau de jeu de janvier 2019.

Et quel serait pour toi ton meilleur souvenir d’une confrontation entre nos deux équipes ?

Pour moi, c’est le Strasbourg-Metz de 2007, en Ligue 2 (2-1). Cela ne nous rajeunit pas mais Renaud Cohade marque d’un tir de loin et le match valide la montée en Ligue 1 de Strasbourg. A l’époque nous avions d’anciens et futurs messins : Strasser, Tum, Johansen, Cohade donc…


On peut aussi citer des confrontations en Intertoto ou en coupe de France dans les années 90.

Et ton pire souvenir ?

Le dernier passage à Saint-Symphorien. Déjà les prix étaient exorbitants. Ensuite, le 3-0 et enfin l’ode à la zoophilie qui retentissait dans le stade.

Il y en a eu d’autres, notamment la fois où Miralem Pjanic a fait l’amour sans préliminaires à la défense strasbourgeoise.

Tu trouves que ce match peut être considéré comme un derby et qu’il doit être joué et célébré comme tel ?

Je suis fan d’une partie du folklore entre supporters, notamment les chambrages avec les collègues de boulot. Moins de la violence qui peut s’exprimer de temps en temps lors des Strasbourg Metz.
Les supporters strasbourgeois ont souvent des souvenirs, même très anciens, à raconter de confrontations avec Metz donc oui, ce match a toujours quelque chose de spécial. Pour moi il a une saveur particulière du fait de ma double présence dans les deux villes. Pour les messins, Nancy est évidemment plus un derby où la suprématie régionale est en jeu.

Pour toi, quel est le joueur auquel  nous devrions faire attention chez vous et, qui est le joueur que vous “redoutez” chez nous ?

De notre côté, Ludovic Ajorquovic dans les bons jours peut faire de grandes choses. L’équipe de Metz paraît assez homogène donc ça dépendra de la qualité du jeu collectif.

Et alors, ton pronostic pour le match ? 

Un petit 2-1 pour Strasbourg avec des buts moches pour bien débuter la saison !