David Sainsbury García : « Il y a un très beau projet à Metz »

Bonjour David et merci d’avoir accepté de répondre à nos questions. Tu as intégré les Canonniers il y a quelques semaines, peux-tu nous parler de ce qui t’a amené à t’engager dans l’équipe ?

J’ai reçu un appel de Mamedy Diawara et j’avais un copain qui connaissait un dirigeant ici. Il y avait un beau projet, la ville m’attirait beaucoup. Je voulais me rapprocher du nord de la France, notamment de la Belgique et du Luxembourg. Metz est une très belle ville mais ce qui a fait la différence c’est le projet dans le club. Nous avons un très bon coach qui a travaillé avec l’équipe de France. Je suis encore jeune et j’ai encore des choses à améliorer dans mon jeu, c’était important pour moi afin de continuer à progresser. Les coéquipiers et les dirigeants m’ont donné beaucoup de confiance, on a de très belles installations avec le centre d’entrainement à Frescaty et le Palais des Sports.

 

Comment s’est passée ton arrivée à Metz au niveau de l’intégration et de l’adaptation ?

Tous les coéquipiers ont fait leur possible pour que ça se passe bien. Je suis une personne sociable et je parle français, ça aide aussi. On a une très bonne relation entre joueurs, coaching staff, dirigeants et bénévoles. Je pense que c’est indispensable pour atteindre nos objectifs.

 

Est-ce que le fait d’arriver lors d’un remaniement a aidé ton intégration ?

Oui, je connaissais déjà Michel Nsimba. J’ai eu l’occasion de jouer contre lui la saison dernière, c’est un joueur très physique avec qui je peux bien m’entendre sur le terrain. Mathieu Rigaux, est un joueur très technique, très intelligent. L’américain Matthew Lee aussi, qui est arrivé et qui était venu en test en avril. Et puis le cœur de l’équipe; Mamedy Diawara, Damien Jean-Joseph, Henok Affa, Mahamadou Doucouré ; ont vraiment été super avec moi pour m’intégrer. Le coaching staff et les dirigeants nous aident beaucoup pour faire avancer le projet.

 

Nous avons vu sur les réseaux sociaux que vous êtes allés faire du paintball pour la cohésion d’équipe, comment ça s’est passé ?

On a fait une grande marche dans la montagne pendant 3 heures avant le paintball. Je n’avais jamais fait de paintball parce que je me disais que ça faisait mal. On a fait les équipes et j’étais avec le coach Philippe Ory, vu comme il avançait sans peur je me suis dit qu’il devrait être notre poste 5 ! (Rires)
Il continuait d’avancer alors que je restais derrière pour pas me faire toucher. Bon j’ai fini par être éliminé mais au final c’était vraiment une activité sympa pour la cohésion de l’équipe.

 

Tu nous en as déjà un peu parlé mais comment trouves-tu la ville ?

J’en avais déjà entendu parlé, j’étais au Luxembourg l’été dernier parce que mon coach était là-bas. Metz, c’est vraiment une super ville et très sportive. Il y a déjà le foot et le handball, on veut que le basket grandisse parce qu’il y a des équipes compétitives ici. La cathédrale, le Centre Pompidou et le centre-ville c’est magnifique. En été c’est incroyable, j’espère qu’en hiver il ne fera pas trop froid… (Rires) 

 

Sur le plan personnel, est-ce que tu t’es fixé des objectifs particuliers pour la saison ?

Comme j’ai joué pro j’aurai peut-être un rôle important mais je suis avant tout un joueur d’équipe. Que je joue 5 ou 35 minutes, je suis content si l’équipe gagne. Même si bien sûr je préfère faire un bon match et que l’équipe gagne. Si Mahamadou, Michel ou Mamedy font un gros match sur mon poste et que je dois rester sur le banc et encourager les coéquipiers je serais très content. Il y aura des matchs où je jouerai plus car je serai plus chaud ou je n’aurai pas de problèmes de fautes. Mon objectif est avant tout de progresser chaque jour, au niveau technique, tactique, physique et d’aider l’équipe à atteindre ses objectifs.

 

Tu sors d’un bon match contre Récy en amical, doit-on s’attendre à te voir beaucoup offensivement cette saison ? Pour rappel, tu as scoré 14 points.

Oui j’ai mis 14 points en première mi-temps, en deuxième j’avais des problèmes de fautes. On a dû jouer small ball car Mahamadou avait des problèmes de faute également. Les jeunes nous ont bien aidé. On a vraiment fait une bonne partie, c’est important pour la confiance car Récy vient de descendre de N1. Certes leur effectif a changé mais ils étaient puissants à l’intérieur et avaient quelques bons shooters.

 

C’est important d’avoir un match référence comme cela en amical ?

Oui car on avait pas fait un bon match contre une N3, ça nous a permis de voir qu’on pouvait jouer un bon basket malgré des absences. Michel Nsimba était blessé et on attend tranquillement Etienne Ory qui est un super meneur.

 

Le secteur intérieur est très dense, comment envisages-tu cette concurrence ?

On a tous des profils différents, on peut vraiment être très complémentaires et jouer tous ensemble que ce soit Michel, Mamedy, Mahamadou ou moi. Notre capitaine, Mamedy Diawara revient après avoir beaucoup bossé pendant l’été, il est bien physiquement, c’est un bon shooteur. Nous quatre, on peut très bien se compléter sur le terrain.

 

Tu es né à Madrid, tu as des origines anglaises, tu es passé par la Belgique et tu vis désormais en France. Que préfères-tu dans chacun de ces pays ?

En Espagne je me sentais plus anglais car je suis proche de mon père, on est fans de rugby. Une fois parti en Belgique par contre j’ai vraiment valorisé l’Espagne pour les gens, la qualité de vie, la gastronomie. En Belgique ce fut dur au début car c’était ma première expérience à l’étranger mais c’était une belle expérience car j’ai côtoyé des bons joueurs dans un bon championnat et j’y ai rencontré ma copine. En France j’ai eu la chance d’habiter à côté de Bordeaux, à Niort à côté de La Rochelle et maintenant à Metz.
Donc à choisir je prends :

  • En Espagne : Le soleil, la gastronomie et la qualité de vie.
  • En France : La sécurité sociale et la gastronomie qui est peut-être la meilleure du monde.
  • En Belgique : Les gens sont supers et la gastronomie avec les moules, les frites et le chocolat.
  • En Angleterre : Un peu tout sauf le temps (rires). J’ai joué en sélection U18 avec l’Angleterre, j’espère un jour être sélectionné avec les A même si le basket n’est pas au même niveau que le foot, le rugby ou le cricket là-bas.
David Sainsbury Garcia à Mons. Il porte le numéro 7, en haut à gauche.

 

Tu as disputé l’Eurocup avec Mons, est-ce le plus beau souvenir de ta jeune carrière ?

Mon plus beau souvenir c’est la médaille de bronze avec l’Angleterre à l’Euro U18 en Bosnie. On a perdu en demi-finale contre la Bosnie qui avait Jusuf Nurkic, je devais défendre sur lui. On a perdu d’un point et l’arbitrage était catastrophique, le match était à Sarajevo. (Rires)
On a battu la Finlande pour la médaille de bronze. C’était la division B mais c’était tout de même une belle expérience. Sinon il y a mes débuts en Liga ACB avec Estudiantes (NDLR : première division espagnole) et l’Eurocup bien évidemment avec Mons en Belgique. Être dans la rotation avec Estudiantes, mon club formateur et jouer avec et contre de très grands joueurs fut une expérience incroyable.

David Sainsbury Garcia avec l’équipe nationale U18 Anglaise. Il est le troisième joueur en partant de la gauche.

 

Quels sont tes modèles dans le basket ?

J’ai beaucoup aimé Felipe Reyes, c’est l’intérieur du Real Madrid et il est formé à Estudiantes. En général tous les bons joueurs de Estudiantes sont signés par le Real Madrid même si c’est la rivalité comme entre le Real et l’Atletico au foot. Felipe est un joueur qui s’améliore d’années en années. Sinon j’aime beaucoup Pau et Marc Gasol

 

Même s’ils sont catalans ?

(Rires) Oui car ils donnent tout pour l’équipe nationale, ils sont très complets. J’ai partagé le vestiaire avec Juancho Hernangomez à Estudiantes, j’ai souvent joué contre Willy Hernangomez qui était au Real. Même si les deux sont en NBA, cela va être dur d’avoir de nouveau deux frères comme les Gasol. Techniquement, physiquement, tactiquement ce sont mes modèles.
En joueurs français j’aime beaucoup Adrien Moerman car il me ressemble beaucoup. C’est un guerrier et il est très efficace à 3 points, dommage qu’il soit forfait pour le Mondial… Et Boris Diaw aussi quand il était à son meilleur niveau.

David Sainsbury Garcia avec Estudiantes. Il porte le numéro 17, en haut à droite.

 

Un mot sur les Championnats du Monde de basket qui vont se dérouler en Chine prochainement ? Un favori, un pronostic ?

Mon favori est l’Espagne bien sûr, je suis espagnol ! Malheureusement l’Angleterre n’est pas qualifiée… Cela va être très difficile car sur un match tout peut se passer au Mondial. J’espère juste que les USA ne gagneront pas (Rires). Même si c’est peut-être la 5ème équipe américaine ils restent très forts mais comme les stars ne viennent pas ce serait bien de voir une autre nation gagner. Je vais soutenir l’Espagne en 1 donc bien sûr, en 2 la France car j’y joue et j’ai beaucoup d’amis français.

 

Ton pronostic ?

Je vois bien la Serbie gagner en finale contre les États-Unis et la médaille de bronze pour l’Espagne.

 

On sait que tu es un grand fan de football, est-ce que tu suis les résultats du FC Metz en ce début de saison ?

Oui bien sûr ! J’aime bien Metz car ils me font penser à Osasuna, mon club de cœur en Espagne. C’est une équipe historique qui vient de remonter en Liga et qui a gagné la D2 espagnole la saison dernière, ils ont bien commencé le championnat avec 4 points, comme Metz. Je pense aller voir beaucoup de matchs cette saison, il y a une belle ambiance et c’est une chance d’avoir un club de Ligue 1.
En Angleterre mon père est supporter de Plymouth mais ils viennent de descendre en 4ème division… Sinon il adore Manchester City car il étudié à Manchester. Il était fan de City avant qu’il soit bon, quand on a souffert dans toutes les défaites contre United. J’adore les ambiances en Angleterre, même en 3ème division les stades sont pleins, un peu comme en Allemagne.

 

Au-delà du basket tu poursuis des études, tu peux nous en parler ?

Oui, j’ai terminé mon université. J’ai mon diplôme de Business Administration Management. J’ai terminé il y a 2 ans mais j’avais mon projet final à rendre cet été. De part sa proximité avec le Luxembourg, Metz m’attirait beaucoup pour mon futur professionnel. Je pense aussi à poursuivre un Master à distance la saison prochaine ou alors à plein temps quand je ne jouerai plus au basket.

 

David Sainsbury Garcia à Mons

Tu parles très bien français tout de même, c’est impressionnant.

Merci ! J’ai étudié le français à l’école mais c’est vraiment en Belgique avec mes coéquipiers wallons et ma copine que j’ai amélioré mon français. D’ailleurs arrivant là-bas, un coéquipier international belge me demande « David tu es né en quelle année ? ». Je lui réponds quatre-vingt-quatorze. Il me dit « Quoi ? On dit nonante-quatre ici ! » (Rires)
Je dis les numéros français mais c’est vrai que c’est plus facile en Belgique car ça ressemble à l’espagnol « noventa y cuatro ».

 

Tu te vois où dans 5 ans ? Et les Canonniers ?

En bonne santé encore, être un meilleur joueur et dans un endroit où je serai heureux. J’espère avec Metz car je suis venu ici pour faire une bonne carrière, le club a un beau projet. Je ne vais pas dire en Pro A car 5 ans c’est court mais en N1 c’est sûr si on fait bien les choses et pourquoi pas en Pro B. En 5 ans c’est possible car nous avons de bonnes installations avec Frescaty et le centre de formation. J’aimerais donc me voir à Metz en Pro B.

 

 

Que peut-on vous souhaiter à toi et aux Canonniers cette saison ?

Beaucoup de santé, il n’y avait pas ça la saison dernière… C’est le plus important dans le sport, d’être au complet et heureux. Pour être réalistes nous visons le top 4-5, pourquoi pas plus haut mais on va partir sur un top 4-5 dans un premier temps.

 

Un grand merci pour sa disponibilité à David à qui nous souhaitons une belle saison.

Crédits photo : Matthieu Henkinet  / Photos d’archives fournies par le joueur, droits réservés.
Propos recueillis par Matthieu Henkinet, Kévin Bignossi et Arthur Carmier